FRACTIONNEMENT DU TRAVAIL
ressort et leur énergie, il y a surmenage du cœur, et on voit s’établir les accidents de V üsystolie^ dont la mort est le dénouement inévitable.
C’est ainsi que, dans les muscles de la vie de relation, l’augmentation d'énergie ou la succession plus rapide des mouvements tend à faire passer l’exercice de fond dans la catégorie des exercices de vitesse ou de force.
Dans l’exercice de force il y a accumulütion du travail, puisque chaque effort musculaire est très intense. Dans 1 exercice de vitesse il y a multiplication du travail, car les mouvements sont peu énergiques, mais la succession rapide d’efforts peu intenses linit par amener l’accumulation du travail. Dans 1 exercice de fond, au contraire, les efforts étant sutlisamment espacés, il y 'àfractionnement du travail, parce qu’à aucun moment la dose d’exercice subie par l’organisme ne dépasse la mesure de sa résistance.
Quels sont, parmi les exercices usités, ceux qu’on peut appider exercices de fond? — Cette question soulève une première diflicullé, car le même exercice peut représenter tour à tour un travail de vitesse , un travail de force ou un travail do fond, suivant les conditions dans lesquelles il s’exécute.
L’exercice du canotage , par exemple , exige un travail de vitesse dans une course de régates et un travail de fond dans une longue promenade. La marche, qui est le type dos exercices de fond, peut présenter les caractères de l’exercice de force quand elle s’exécute sur une pente extrêmement escarpée. C’est ainsi que, dans certaines ascensions où il faut gravir des pentes à pic, chaque pas représente un grand déploiement de force musculaire, et le touriste est obligé d’interrompre sou travail aussi fréquemment que s’il marchait dans la plaine avec un lourd fardeau sur les épaules.
Los conditions dans lesquelles se trouve le sujet qui exécute un exercice n’ont pas moins d’importance que l’exercice luimême pour caractériser l’exercice de fond.
L’exercice de fond est caractérisé par la nécessité d'un é([uilibre parlait entre l’intensité do l’effort musculaire et la n^sistance do 1 organisme. Or, rien n’est variable comme la résistance individuelle de cbaijiie sujet. Aussi ce (pii est pour l’un exercice de force ou de vitesse devient-il, pour un autre plus lurt ou mieux préparé, un simple exercice de fond. Le petit galop est un exercice de vitesse pour un cheval de limon habitué à tirer au
LES EXERCICES DE FOND
pas ; c’esl un exercice de fond pour le cheval arabe , qui peut soutenir cette allure pendant des journées entières sans s’arrêter. Manier l’aviron semble un exercice de force à celui qui, pour la première fois, apprend à ramer ; au bout d’un quart d’heure il s’arrête essoufflé. Pour un batelier de profession, c’est un exercice qui peut être continué une journée entière sans amener aucune fatigue.
Il y a donc deux conditions nécessaires pour constituer un exercice de fond: 1“ une certaine modération dans la violence de l’exercice, et 2“ une certaine résistance de la part de l’organisme qui le subit.
Voilà pourquoi le mot de fond^ qui représente l’idée de « durée », s’applique aussi bien aux qualités de l’homme ou de l’animal qu’à la nature du travail qu’ils exécutent. Le travail de fond est celui dont le mode d’exécution se prête à ce qu’il soit soutenu longtemps; et l’homme ou l’animal qui ont « du fond » sont ceux dont l’organisme est apte à supporter longtemps le travail.
Certains sujets ne peuvent supporter l’exercice le plus modéré sans donner, au bout d’un temps très court, des signes de fatigue extrême. 11 en est d’autres qui soutiennent avec une résistance surprenante les exercices les plus violents et pour lesquels les travaux de force et de vitesse deviennent des exercices de fond.
La plupart du temps, ces diflérences dans la résistance, dans les qualités de fond des sujets viennent de l’inégalité qu’ils présentent dans la puissance de la respiration.
On peut dire que l’aptitude respiratoire du sujet est le véritable régulateur du travail de fond.
Pour qu’un exercice puisse être longtemps continué, la première condition est qu’il n’amène pas l’essoufflement. On peut coutinuer à marcher malgré la fatigue des jambes et 1 endolorissement des pieds : on ne peut pas continuer à courir quand on est essoufflé. Nous avons vu, au chapitre de VEssoiifflonent, que cette fojme de la fatigue est due à une intoxication du saug par un excès d’acide carbonique. Pour échapper à cette intoxication qui rend la continuation du travail impossible, il faut que le sujet élimine son excès d’acide carbonique à mesure qu il se lorme, et, la formation de l’acide carbonique étant proportionnelle à la quantité du travail efléctué dans un temps donné, on peut conclure en définitive que, dans l’exercice de lond, le travail dos muscles doit être subordonné à celui que peut faire le poumon. Ainsi, toutes les conditions qui augmentent la puissance respii’a-