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EXERCICES QUI DÉVELOPPENT LA POITRINE

Importance de l’oxygène dans la nutrition. — Avantages d’un grand développement de la poitrine. Gomment ce résultat peut s’obtenir par l’exercice. Opinions admises à ce sujet ; pourquoi nous les combattons. — Par quel mécanisme se développe le poumon. — La respiration « forcée ». — La poussée du dedans audehors. — Ne pas confondre « gi'ossissement des épaules » et « ampliation de la poitrine ».

Conditions qui développent la poitrine. — Ampleur des mouvements respiratoires. — Le déplissement des cellules pulmonaires. — L’augmentation du besoin de respirer. — La poitrine des montagnards. — Les exercices qui produisent la « soif d’air ». — Exercices propres à développer la poitrine. — Conclusion inattendue : supériorité des exercices de jambes sur les exercices de bras. — La Course et le- « saut à la corde ».

C’est la capacité du poumon qui règle la quantité d’air atmosphérique introduite dans l’organisme à chaque respiration. Or nous avons vu dans le chapitre précédent que l’acquisition d’une grande quantité d’oxygène était le résultat le plus utile des exercices du corps.

Il y a donc une grande importance à préciser les conditions dans lesquelles le travail musculaire est capable d’augmenter le volume de la cavité où sont logés les poumons.

Au premier abord, on serait tenté de considérer les exercicesqui se pratiquent avec les membres supérieurs , qui sont mus par les muscles de l’épaule et du tronc, comme les plus aptes à attirer en dehors les cotes | et, en efïèt, on regarde généralement les exercices de bras comme excellents pour augmenter la puissance respiratoire du sujet.

Il nous suffira, pour démontrer combien cette opinion est erronée , de citer et de commenter une étude très consciencieusede M. Georges Demény (1).

(1) ORonfiEs Demény, De l’éducation physique.

LES RÉSULTATS DE l’exERCICE

Nous avons constaté, — dit l’auteur de cette étude, — i « qu’il est, à divers degrés, des attitudes favorables à la dilatation i « thoracique.

« Les attitudes dans lesquelles les omoplates, attirées et fixées i

« en arrière par la tonicité et la contraction des muscles, rhom- i

« boïdes , trapèzes , grands dorsaux, servent de points fixes aux i

« muscles élévateurs des côtes, ces attitudes, dont le type est la |

« position du soldat au port d’armes, le corps droit, le ventre dé- I

« prhné par V aspiration des viscères^ produisent sur le thorax |

« une dilatation manifeste.

« A plus forte raison l’abduction modérée des bras en arriére,

« la rotation des bras en dehors, l’abduction horizontale, et, au ■« plus haut degré, l’élévation verticale des bras, ainsi que la sus- ■« pension passive, les bras allongés, soulèvent les côtes aumaxi- « mum, donnent aux articulations des cartilages costaux une mobi- « lité qui permet de grands mouvements inspiratoires et s’oppo- « sent à la fixation du thorax en expiration. »

Ces conclusions sont précédées de considérations très intéres- 'Santes sur les muscles mis enjeu dans les attitudes sus-indiquées, et l’auteur démontre clairement que ce sont bien les muscles inspirateurs qui supportent le travail. Leurs deux extrémités se trouvent éloignées dans ces attitudes, et la tonicité musculaire tend à rapprocher les points d’insertion mobiles qui sont représentés par les côtes, des points d’insertion fixes qui sont constitués ■par l’omoplate, la clavicule et l’humérus. ,

La conclusion de M. Demény est qu’il entre plus d’air dans la poitrine dans les attitudes qu’il décrit qu’à l’état de repos. Il est certain que , dans ces attitudes , les côtes se soulèvent très follement, mais l’auteur se condamne lui-même en faisant remarquer que la tendance au vide qui se manifeste alors dans le thorax attire dans la cavité de la poitrine les viscères abdominaux par lesquels • le diaphragme est refoulé en haut.

Si donc l’on cherche à se rendre compte du bénéfice respiratoire de cette manœuvre, on voit qu’en résumé elle se borne à mettre dans l’inspiration forcée tous les muscles respirateurs, à V excep- ;

lion du diaphragme qui reste dans V expiration, puisqu’il se laisse . refouler en haut par les viscères abdominaux. Or, si 1 on veut, eu laissant les mains dans ses poches, se donner la peine de faire une très profonde inspiration , on réussira à élever les côtes jusqu’aux dernières limites de leur mouvement, et, de plus, on verra que le diaphragme lui-môrpe participera au mou\ement

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