MODIFICATION DES FORMES EXTERIEURES
présenter , à travers la peau amincie , des reliefs musculaires très accentués, pendant que le bras gauche, resté inactif, garde encore la forme arrondie et empâtée due à l’infiltration du tissu cutané par des matériaux graisseux exubérants.
Ainsi le travail, outre qu’il produit des effets généraux sur la nutrition, commence par modifier localement la structure de la région qui est plus particulièrement exercée. De là l’importance, au point de vue esthétique, de faire travailler également toutes les régions du corps , si l’on veut éviter dans l’aspect extérieur des irrégularités choquantes.
L’accroissement de volume du muscle s’explique aisément. La contraction y attire une plus grande quantité de sang , qui y séjourne même après la cessation du travail. Cet afdux de sang plus considérable est cause d’une nutrition plus intense par suite de l’abondance de matériaux qui baignent la fibre musculaire et mettent à sa portée plus d’éléments nutritifs.
Mais l’accroissement de volume n’est pas la seule modification observée dans le muscle par suite du travail ; on peut y observer aussi un changement de forme correspondant aux mouvements qu’il exécute. C’est là un point très intéressant des effets locaux du travail , car il est intimement lié au mécanisme des déformations qu’on observe à la suite de certains exercices. Un muscle dont l’action prédomine constamment, sur celle des autres muscles, ou, en d’autres termes, un muscle qui se contracte plus souvent que son antagoniste, finit par subir un certain degré de raccourcissement. Si , par exemple , les deux extrémités d’un fléchisseur se trouvent très souvent rapprochées par le fait même de leur contraction et que leur action ne soit pas contrebalancée par une contraction aussi fréquente et aussi énergique de l’extenseur qui lui fait équilibre , ses fibres tendront à garder la forme ramassée qui leur est souvent imposée , et le muscle se raccourcira.
On observe souvent, chez les gymnastes, cette demi-contraction de la fibre, et, par suite, la prédominance d’une attitude particulière. Ceux qui abusent des exercices nécessitant la flexion de l’avant-bras sur le bras acquièrent un développement excessif du biceps, et ce muscle tend à se raccourcir en même temps qu’il s’épaissit; le mouvement d’extension se trouve alors limité dans son étendue et l’avant-bras ne peut i)kis s’élendr(^ Rssez pour former une ligne droite avec le bras. Do là une dé-
LES RÉSULTATS DE l’eXERCICE
forinai.ion qui est sans importance dans l’exemple cité, mais qui pourrait devenir une cause de ditlbrinité si elle siégeait sur certains points du corps dont la direction doit être régulière sous peine de défaut d’harmonie dans les lignes, et d’élégance dans l’attitude.
Supposons que cette contracture musculaire si fréquente aux membres, chez la plupart des amateurs de trapèze, vienne à se produire dans les muscles de la région dorsale ; les mêmes effets vicieux que nous observions tout à l’heure sur la direction du bras vont se faire sentir sur la direction de la colonne vertébrale. Si les muscles fléchisseurs des vertèbres agissent plus que les muscles extenseurs, ils tendront à se raccourcir, leurs antagonistes gardant leur dimension normale, et les vertèbres ise trouveront fléchies en avant. De là une attitude penchée inévitable. Si les muscles latéraux de la colonne vertébrale ont été exercés de préférence, c’est sur eux qu’on pourra observer le raccourcissement des fibres. Les vertèbres seront attirées soit à droite , soit à gauche , suivant que les muscles d’un côté auront acquis plus de développement que ceux de l’autre. Il se produira ainsi dos déviations latérales de la taille, ou, suivant l’e.xpression technique, dos scolioses.
Nous verrons, en parlant des exercices qui déforment, combien sont fréquentes les scolioses dans les exercices qui se localisent d’un seul coté du corps, l’escrime par exemple.
Ces scolioses sont d’abord purement musculaires et peuvent disparaître soit en faisant cesser l’exercice qui a développé outre mesure l'action des muscles d’un côté, soit en faisant pratiquer un exercice capable do développer les muscles du côté opposé, de façon à égaliser l’action de chacun des antagonistes et à obtenir l’équilibre dos forces inverses d’où résulte la rectitude de la tige vertébrale.
Mais ce moyen sera insuffisant, s’il est appliqué trop tard, car il peut arriver que la prédominance des muscles, d’un côté, et la déviai ion qui en résulte entraînent des troubles consécutifs dans la nutrition des vertèbres , et occasionnent des déformations de ces os.
En effet, la colonne vciiébralo est constituée par un long oncbainemont d’osselets très courts , empilés les uns sur les autres et dont chacun peut se mouvoir sur celui (jui le supporte. Si une vertèbre est attirée à droite , par cxonq)le , le mouvement de bascule qu’elle exécute porte son poids sur son bord droit et