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INDOLENCE PHYSIQUE DES GRANDS ÉLÈVES

côté des muscles, et qui ont autant de facilité pour le travail d’esprit que d’aptitude aux exercices du corps. — Ce sont derares exceptions.

On s’accorde , en général , à blâmer l’indolence et l’apathie physique que manifestent les grands élèves, ceux justement dont les classes plus sérieuses exigent une tension plus grandedes facultés intellectuelles. On voudrait les voir utiliser autrement qu’en conversations et en rêveries le temps qui leur est si parcimonieusement mesuré pour détendre leur cerveau surmené. Tous leurs maîtres les gourmandent à l’envi et les excitent à sortir de ce farniente pour se livrer à quelque exercice violent. Tous les engins de la gymnastique sont là, à leur portée, dans la cour de récréation : pourquoi n’en pas faire usage ?

Malgré les exhortations du maître, l’élève, dont la tête a beaucoup travaillé se sent peu porté faire agir ses membres, et une répugnance instinctive l’éloigne .a trapèze et des barres. Est-ce donc, ainsi qu’on le dit souvent, qu’il dédaigne un exercice trop enfantin pour la dignité de ses quinze ans ? N’est-ce pas plutôt qu’il ne trouve pas dans la fatigue des muscles le prétendu dérivatif capable de reposer son esprit ?

Pour nous, si l’enfant surmené par le travail intellectuel ne se sent pas attiré vers l’exercice du corps, c’est que son instinct est plus sûr que l’opinion de ses maîtres ; c’est que la gymnastique à laquelle on le convie coûterait un effort non seulement à ses muscles, mais aussi à son cerveau déjà fatigué par l’étude.

On a jusqu’à présent méconnu l’importance du choix de l’exercice au point de vue de l’hygiène du cerveau , et nul n’a songé à faire ressortir l’avantage que présentent entre tous les autres les exercices faciles.

Cet avantage peut se résumur en deux mots ; ils produisent la fatigue musculaire sans amener la fatigue nerveuse. Ils accélèrent le cours du sang, activent la respiration, régularisent les fonctions digestives, sans nécessiter en même temps cette suractivité des fonctions cérébrales qui accompagne toujours l’exécution des exercices difficiles.

Personne po..x,^.it, jusqu’à présent, n’a songé à utiliser ces précieux avantages. Personne même ne tient compte des conditions qui peuvent faire varier le degré de difficulté d’un exercice. On ne fait pas de différence, dans l’application hygiénique des exercices corporels, entre ceux qui sont nouveaux pour le sujet et ceux qu’il a déjà pratiqués depuis longtemps ; on ne tient pas compte

LE RÔLE DU CERVEAU DANS L’EXERCICE

du travail cérébral qu’exige la période d’apprentissage d’un mouvement inconnu.

Après un certain temps d’étude, les exercices difficiles ont été appris, et peuvent alors devenir automatiques. Leurs effets sont alors tout différents. — N’est-ce pas tout autre chose de s'amuser à danser ou de s'occuper à apprendre la danse ? La danse, l’équi- •tation, le canotage, la course même, quand on les a longtemps pratiqués, n’exigent pas plus de travail cérébral que la marche, exercice automatique par excellence.

Mais, pour certains exercices du corps , l’apprentissage se continue indéfiniment, et les mouvements nécessitent une direction incessante de la part des centres nerveux et des facultés conscientes, parce que ces mouvements ne peuvent pas être constamment identiques et offrent de l’imprévu. — L’escrime ne peut jamais devenir un exercice automatique, malgré la tendance qu’acquiérent certaines parades, certaines ripostes, à devenir des actes habituels et à se faire instinctivement; les mouvements ne peuvent s’exécuter toujours de la même manière et suivant le même ordre, puisqu’ils sont subordonnés à ceux de l’adversaire. L’équitation devient exercice automatique si elle est pratiquée toujours sur le même cheval auquel le cavalier accommode ses mouvements. Elle exige au contraire la mise en activité du cerveau, et demande un travail de coordination très attentif, dans le cas où elle se pratique à l’aide de chevaux très difficiles différant entre eux par le caractère et les défenses.

On ne peut donc pas regarder l’automatisme comme caractère qui puisse servir à classer un groupe particulier d’exercices. <î’est plutôt un mode d’exécution qui peut s’appliquer à la plupart des exercices connus, quand ces exercices se font suivant les conditions que nous avons cherché à déterminer dans ce •chapitre.

L’automatisme musculaire est, en somme, une fonction dévolue aux parties subalternes du système nerveux, dans le but d’économiser le travail du cerveau considéré comme force dirigeante de la machine humaine.

Jusqu’à présent on n’a pas assez compris, dans les diverses méthodes de gymnastique, l’importance de cette économie au point de vue de l’hygiène du système nerveux. On n’a pas encore établi les indications si diffférentes des exercices qui font travailler avec exagération les centres nerveux et de ceux qui n’exigent qu’une très faible action du cerveau.

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