INFLUENCE SUR LA NUTRITION
faction libre et facile dans les temps de repos qui suivent inévitablement chaque effort. Enfin l’intensité des combustions nécessitées par une grande somme de travail produit 1 usure et la disparition rapide des tissus de réserve et la nécessité d’une prompte réparation; d’où le développement de 1 appétit. D autre paît, les contractions réitérées des muscles abdominaux dans la répétition fréquente des efforts exerce sur les intestins une sorte de massage qui favorise le cours des matières et régularise les selles.
Les exercices de force favorisent donc toutes les fonctions nutritives. Ils activent avec énergie, et môme avec violence, le fonctionnement de tous les organes du corps, en laissant dans un repos relatif les centres nerveux et les facultés psychiques. Or, le calme du système nerveux est une condition précieuse pour la réparation des pertes subies par le travail.
L’observation des faits montre que les exercices athlétiques , quand ils ne dépassent pas la limite des forces du sujet, le mettent dans les conditions de nutrition les plus favorables. Sous la direction d’un système nerveux resté calme , les fonctions de réparation s’accomplissent avec une régularité parfaite , et l’on voit que les acquisitions faites par l’organisme qui assimile mieux les aliments dépassent les pertes nécessitées par le travail. Les exercices de force tendent à augmenter le poids du sujet.
Les exercices de force semblent donc mériter la préférence au point de vue hygiénique, et c’est en effet dans les professions où le travail se fait à dose massive, qu’on trouve les sujets les plus vigoureux. Mais ces exercices demandent, pour être salutaires, plusieurs conditions qui ne se trouvent pas toujours réunies.
Il faut d’abord que ces exercices soient supportés par des organes solidement construits et exempts de toute lésion de nutrition. Les muscles, les tendons, les aponévroses, les os même sont soumis à des tractions, à des pressions si violentes, que des ruptures de toute sorte se produiraient si un état progressif d’accoutumance ne les avait consolidés peu à peu. Des accidents de toute sorte, coups de fouets déchirures, luxations, sont fréquemment observés au cours des exercices de force. D’autres lésions plus graves, telles (juc des hernies, des déchirures du poumon, dos ruptures des gros vaisseaux et môme du cœur, se produiraient également si les organes internes ne présentaient pas une intégrité parfaite. Les organes atteints de la moindre dégénérescence deviennent bientôt incapables de résister à la violente poussée de Veffort,
LES EXERCICES DE FORCE
Enfin il est nécessaire, sous peine de tombei* dans le surmenage, que le travail soit progressivement augmenté et n’arrive aux doses les plus élevées qu’aprés un entraînement complet. Si le sujet qui aborde un exercice de force est trop abondamment pourvu de tissus de réserve, ceux-ci subissent en masse le mouvement de désassimilation qui produit une quantité excessive de déchets. De là auto-intoxication parles substances toxiques, alcaloïdes ou autres.
Ainsi s’expliquent les fièvres de surmenage , qu’on prend souvent pour des fièvres typhoïdes, chez les jeunes recrues militaires. Les faits démontrent que ces fièvres sévissent avec une prédilection marquée dans les armes qui demandent un travail de force, l’Artillerie par exemple.
Pour affronter impunément les exercices de force, la nourriture doit être suffisamment abondante pour réparer les pertes subies. Si l’alimentation n’est pas assez réparatrice , le travail s’exécute aux dépens des matériaux du corps ; le sujet maigrit et s’use promptement.
L’épuisement serait aussi la suite d’un travail excessif et dépassant les forces du sujet, quand même l’alimentation la plus riche serait administrée. Si un homme veut exiger de ses muscles un déploiement de force qui soit hors de proportion avec leur pouvoir contractile , il est obligé de faire un appel énergique à sa volonté et de lui demander une forte dépense d’influx nerveux pour exciter plus vivement la fibre musculaire impuissante. Il peut obtenir ainsi un travail au-dessus de sa force, mais c’est en prenant « sur ses nerfs » ce que le muscle ne peut lui donner. Dans ce cas , l’exercice de force n’a plus son résultat habituel : d’économiser l’influx nerveux. Un travail des centres nerveux est nécessaire pour augmenter l’excitabilité du muscle. On ne peut dire au juste en quoi consiste ce travail , mais on peut en constater les effets. L’effort excessif de volonté dans le travail aboutit promptement à l’épuisement nerveux. Le sujet maigrit, perd l’appétit et le sommeil ; il tombe sous le coup du surmenage par épuisement. — - C’est ainsi qu’on voit rapidement dépérir et s’user des chevaux, d’ailleurs nourris à discrétion, avec des aliments de premier choix, quand on leur demande de tirer des poids trop lourds, et que leur nature ardente et généreuse les porte à pousser le travail jusqu’à la dernière limite de leurs forces.