INFLUENCE SUR LA RESPIRATION
il l’organisme la possibilité de réparer pendant le travail môme la plupart des troubles que le travail occasionne dans la machine. C’est ainsi que ressoulïlement n’a pas lieu pendant l'exercice de fond; l’acide carbonique produit par les muscles n’atteignant jamais une dose supérieure à ce que le poumon peut éliminer, il est chassé du sang à mesure qu’il s’y forme et passe inaperçu pour l’organisme.
A cette immunité pour l’essoufllement, l’exercice de fond joint le bénéfice d’une introduction très considérable d’oxygène dans l’économie. Si l’on s’en rapporte au tableau du physiologiste anglais Edw. Smith, voici quels sont les effets comparatifs des diverses allures de l’homme sur la quantité d’air qui est introduite dans le poumon :
Pour l’unité de temps, la quantité d’air respirée est de ;
1,18 pour un homme qui reste assis;
1,33 pour l’homme debout;
2,70 pour celui qui marche au train de 4 kilomètres à l’heure;
7,üo pour celui (jui court au train de 12 kilomètres il l’heure.
D’après ce tableau, la consommation d’air d’un homme au repos étant de 1,18, celle d’un homme qui marche la dépasse de 1,38 , et celle d'un homme qui court la dépasse de 3,91.
Ainsi un homme qui marche hénéficie à chaque minute d’un surplus d'oxygène représenté par le chiffre 1,38 et l’homme qui court, d’un surplus représenté par le chiffre 3,91. Si l’on compare ces deux nomhrcs , on voit qu’ils sont à peu près l’un à l’autre comme A est ii 1 ; mais de ce petit calcul se dégage un résultat un peu inattendu ; c’est qu’un homme qui marche pendant A heures a fait passer autant d’oxygène ii travers ses. poumons que celui qui a couru pendant 1 heure.
En d’autres termes , à supposer, — ce qui est fort contestable, — ({ue l’air introduit dans le poumon soit aussi bien assimilé j)ondant la course f[ue pendant la marche , il suffirait de marcher pendant une heure pour bénéficier du môme surplus , de la môme acquisiliou d'oxygène que si l’on courait pendant un quart d’heure. 11 est plus facile de marcher une heure que de courir un quart d’heure, et, le bénélice étant égal au point de vue de l'oxygène acquis, il semblerait que la marche doive toujours être préférée à la course et ([ue, d’une manière générale, les exercices de fond vaillent mieux que les exercices de vitesse. Ils sont préférahles, en effet, toutes les fois(iu’il s’agit do sujets dont les organes ])ulmonaircs ou le cœur domumt de la préoccupation
LES EXERCICES DE FOND
au médecin et dont le sang aurait pourtant besoin de s’enrichir d'un surcroît d’oxygène. On leur fera faire cette acquisition à meilleur compte.
En revanche, les exercices de fond, laissant toujours le jeu du poumon dans une certaine tranquillité, n’exigent pas ces grands efforts d’inspiration qui forcent toutes les cellules à se déplisser. A l’état de repos, il y a toujours un grand nombre de vésicules pulmonaires qui restent inactives; leurs parois demeurant affaissées et aplaties , il y a des départements entiers du poumon qui ne participent pas à l’acte respiratoire. Quand le poumon fait appel h toutes ses forces respiratoires , aucune région ne reste silencieuse , et les culs de sacs bronchiques les plus reculés ouvrent leurs replis à l’air qui s’y précipite. Le poumon acquiert alors tout le volume possible, et repousse de dehors en dedans les parois du thorax. C’est là l’effet le plus précieux des exercices qui essoufflent : ils tendent à augmenter la capacité de la poitrine. Or les exercices de fond n’amènent pas l’essoufflement.
Les exercices de fond activent les échanges gazeux et enrichissent le sang d’une plus grande quantité d’oxygène, mais leur rôle s’arrête là ; ils n’excitent pas assez violemment les mouvements respiratoires pour modifier la conformation de la poitrine. Ils ont leur indication et leurs avantages ; ils ont aussi leurs desiderata. C’est au médecin à peser le pour et le contre et à dégager par l’examen du sujet l’indication formelle de tel exercice plutôt que de tel autre.
Les sujets à poumons suspects, pour lesquels de violents mouvements respiratoires présenteraient des dangers; ceux aussi dont le cœur n’est pas dans un état d’intégrité parfaite, ou chez lesquels on soupçonne des dégénérescences artérielles qui rendent les vaisseaux moins résistants ; tous ceux, en un mot, dont les organes de la respiration et de la circulation présentent une certaine fragilité, devront préférer les exercices de fond aux exercices de vitesse et de force.
c’est à l’exercice de fond que doivent exclusivement se ÜMei les liommes âgés, les sujets atteints de dégénérescence goutteuse ou alcoolique des vaisseaux sanguins, les obèses atteints d inlil- Iration graisseuse du cœur.