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CHAPITRE I

EFFETS GÉNÉRAUX DE l’eXERGICE.

Diversité des effets de l’exercice. Ses deux résultats principaux ; les déperditions et les acquisitions. — Activité plus grande des combustions ; usure des tissus de réserve qui en résulte. — A quoi est dû l'accroissement de la nutntion ? Rôle de l’oxygène.

Le « besoin d’e.xercice » ; à quoi il est dû. — L’accumulation des tissus de réserve.

— La langueur de la nutrition. — Pourquoi l’homme inactif « craint la fatigue ».

— L’exercice insuffisant. Vices de nutrition qui en dérivent. Ralentissement du mouvement de désassimilation. — L’Obésité. — Le défaut d’oxygène et l’excès de tissus de réserve. Les oxydations incomplètes ; la Goutte.

Nécessité de l’exercice. — Effets communs à toutes les formes du travail musculaire.

— Effets spéciaux suivant la qualité du travail. — Une observation sur le cheval. — Le travail au trot et le travail au pas.

Quand on entre dans un gymnase et qu’on examine un groupe d’hommes se livrant à l’exercice sur l’ordonnance du médecin, on a peine à croire que la même médication puisse convenir à des tempéraments si différents, à des troubles si opposés de la santé. On se demande comment la même méthode de traitement peut être utilement appliquée à des hommes replets, à la face rougeaude, aux chairs exubérantes, aussi bien qu’à des sujets étiolés, au corps amaigri, au teint pâle.

Et pourtant, chose surprenante, si on revient au bout de quelques semaines étudier de nouveau ces types si différents, on

lks késultats de l’exekcice

constate qu'ils semblent présenter moins de contraste dans leur structure et dans leur physionomie. L’homme replet a perdu du poids, l’homme trop grêle en a gagné; le premier n’a plus ce teint violacé annonçant la pléthore des vaisseaux et la gêne permanente du cours du sang , dans les capillaires ; l’autre , au contraire , a gagné des couleurs plus vives : le liquide sanguin afflue à ses joues autrefois décolorées, et l’aspect de toute sa personne annonce une vie plus intense.

La pratique de l’exercice tend à imprimer un cachet identique aux tempéraments les plus divers, et à ramener au même type les conformations les plus opposées.

C’est que l’exercice produit sur l’organisme deux effets absolument inverses : il augmente le mouvement d’assimilation grâce auquel le corps acquiert des tissus nouveaux, et il accélère le mouvement de désassimilation qui a pour résultat de détruire certains matériaux de l’organisme.

Le mouvement de désassimilation est activé grâce à l’intensité plus grande des combustions vitales. Un muscle qui travaille est un muscle qui s’échauffe, et il ne peut s’échauffer sans qu’une certaine quantité de tissu vivant se brûle. La production excessive de chaleur qui accompagne le travail , la combustion rapide de certains matériaux du corps , et leur élimination de l’organisme sous forme de déchets de combustion, telles sont les causes de la diminution du poids par l’exercice.

Il n’est pas aussi facile d’expliquer l’augmentation de la masse du corps, sous l’influence d’un travail méthodique.

« Sous l’influence de la gymnastique, ditM. Dujardin-Baumetz, « l’activité des fonctions cellulaires augmente et se régularise, « les combustions intra-cellulaires s’activent ; les leucomaïnes, « ces poisons toxiques que la cellule organique fabrique con- « stamment, s’éliminent plus activement, et de cet ensemble géné- « ral il résulte que les graisses se comburent , que les fonctions « cellulaires se régularisent, que l’équilibre se fait entre les cel- « Iules de la moelle et celles du cerveau, qu’en un mot la nutri- « tion générale s’accroît (1). »

Malgré la haute valeur de l’éminent professeur, on ne peut s’empêcher de trouver insuffisante l’explication qu’il donne des effets de l’exercice. Il constate simplement un fait : la nutrition s'accroît. On comprend bien que l’accroissement de la nutrition

ü) Bullelin de Ihérapeuli que du 15 mai 1887.

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