ÉQUITATION QUI DÉFORME
membres inférieurs, d’autant plus prononcée que les os étaient plus malléables au moment où l’exercice a été commencé. Les membres , qui se placent de manière à envelopper le cheval, tendent à acquérir une forme concave. C’est en cherchant à se mouler , pour ainsi dire , autour du tronc de la monture que les jambes et les cuisses du cavalier prennent une forme arquée.
Une autre déformation mérite d’être signalée chez les sujets qui s’adonnent à l’équitation de course : c’est la voussure du dos. Le jockey se penche en avant pour alléger autant que possible l’arrière-main du cheval. Mais, outre cette attitude qui courbe la colonne dorsale, il subit une cause plus active de déformation. Les bras doivent fournir un point d’appui à la bouche du cheval, et supportent ainsi un poids dépassant souvent 40 kilogrammes. Pour soutenir cet effort de traction , le coureur s’arc-boute sur les étriers et sur les genoux. Le corps se trouve ainsi soumis à l’action de deux forces qui tendent à rapprocher les deux extrémités de l’arc formé par la colonne vertébrale , et par conséquent à en exagérer la courbure.
L’équitation de manège ainsi que l’équitation pratique de promenade ou de voyage ne se font pas suivant les mêmes méthodes que l’équitation de course , et tendent à donner au corps une attitude parfaitement équilibrée , et par conséquent une direction parfaitement verticale. Il faut que le cavalier soit placé dans l’attitude la plus favorable à la solidité de l’assiette , c’est-à-dire qu’il ne penche ni à droite ni à gauche, ni en arriére ni en avant, et il lui est interdit de prendre appui sur ses rênes. Il faut que sa colonne vertébrale soit toujours prête à servir de balancier soit dans les déplacements latéraux , soit dans les déplacements antéro-postérieurs, et pour cela les vertèbres doivent conserver entre elles une grande mobilité. Les pièces qui composent la colonne vertébrale ne doivent donc subir aucune pression excessive; toute contraction des reins et du dos devant être évitée, sous peine de n’avoir pas de liant.
L’observation nous montre la grande différence qui existe entre le cavalier et le coureur au point de vue des formes. Les vieux jockeys sont ramassés sur eux-mêmes, ont les épaules hautes et le dos voûté. Nos officiers de cavalerie conservent, au contraire, jusqu’à un âge avancé une remarquable élégance de taille.
Il nous est impossible d’analyser jusqu’au bout tous les exercices qui déforment. Les types que nous avons cités pourront
LES RÉSULTATS DE L'EXEFtCICE
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indiquer la méthode à suivre pour apprécier l’influence du travail musculaire sur la forme du corps.
Nous pouvons dire d’une manière générale qu’un exercice amènera une déformation plus ou moins prononcée du corps toutes les fois qu’il s’exécutera dans les conditions suivantes ;
1° Concentration de l’effort musculaire dans une région très localisée, les autres parties du corps ne participant pas au travail ;
2“ Nécessité de prendre et de conserver pendant l’exercice une attitude qui devie l’axe du corps de sa direction normale ;
3® Exécution fréquente et prolongée de mouvements que l’homme ne pratique pas naturellement, et auxquels sa conformation n’est pas adaptée.