‹ Physiologie des exercises du corpsChapitre 124 sur 184 · CLOWNS, ACROBATES · texte numérisé non relu

CLOWNS, ACROBATES

culaire, est l’exagération de celle qu’on observe chez les sujets dont les muscles sont affaiblis à l’extrême et atrophiés par l’inaction. Le dos voûté s’accompagne toujours, chez ces sujets, du retrait de la poitrine , d’abord j^arce que l’inaction musculaire ên- Iraîne la diminution de l’ampleur du thorax, ensuite parce que, dans le profil du corps , la convexité très prononcée du dos tend, par comparaison, à faire paraître plate et même concave la ligne qui indique la direction du sternum. — On observe cette déformation caractéristique dans tous les cas où de jeunes sujets sont soumis à un régime de vie trop sédentaire, sont privés d’âir et de mouvement.

L’exercice musculaire, quelle que soit sa forme, donne des résultats merveilleux dans ces déformations où il n’y a pas à proprement parler une région déviée à redresser, mais plutôt une partie affaissée à soutenir. La colonne vertébrale retrouve promptement d’énergiques soutiens dans les muscles vertébraux aussitôt que le sujet se livre à des mouvements violents, car tout travail qui nécessite une certaine dépense de force exige l’entrée en jeu de ces muscles pour fixer solidement la colonne vertébrale, centre et pivot de tous les déplacements du tronc et des membres.

Mais à part ces cas de débilité excessive , de langueur maladive du sujet, ce n’est pas à l’augmentation de force des muscles qu’il faut demander le moyen de rendre à la taille sa rectitude parfaite. Les sujets les plus remarquables par l’élégance de leur tournure sont plutôt très souples que très vigoureux.

La souplesse de la taille vient de la facilité très grande avec laquelle les vertèbres peuveht glisser les unes sur les autres dans toutes les directions. De cette grande mobilité résultent l’aisance avec laquelle les diverses pièces de l’épine dorsale s’accommodent aux différentes attitudes du corps, et la rapidité avec laquelle le tronc trouve son aplomb dans tous les dépacements qu’il subit. Aussi observe-t-on au plus haut point la grâce de la tournure chez les clowns qui se disloquent.

Certains exercices qui se pratiquent avec une très petite dépense de force musculaire ont une remarquable tendance à mettre la colonne vertébrale dans une direction de rectitude parfaite : Ce sont les exercices qui demandent de l’équilibre. Un danseur de corde ne peut tenir debout sur son mince support qu’à la condition de n’écarter jamais l’axe du corps delà direction du fil à plomb, — et c’est la colonne vértébrale qui représente cet axe. — Tous les mouvements de l’acrobate tendent donc à donner aux

LES RÉSULTATS DE L’EXERCICE

muscles qui meuvent les vertèbres le degré de contraction voulu pour que la tige osseuse qu’ils composent ait une direction parfaitement verticale.

Le danseur de corde conserve , une fois à terre , l’attitude que ses muscles bien disciplinés ont pris l’habitude de donner aux os qu’ils font mouvoir.

Les jongleurs équilibristes sont, avec les danseurs de corde et les hommes caoutchouc , des types de rectitude physique parfaite ; et si on les compare , dans les cirques , aux gymnasiarques qui ont la spécialité du trapèze, on est frappé de voir combien ils l’emportent sur eux pour l’élégance de la tournure.

Rien de charmant comme une petite équilibriste que nous avons vue dans un cirque grimper au haut d’une pyramide faite de bouteilles superposées, et arriver à se poser comme un oiseau sur le goulot de la dernière , sans en déranger aucune. C’était merveille de voir l’enfant , arrivée au faîte de son fragile édifice , assurer d’abord son aplomb en redressant le buste, puis, portant le pied sur son frêle support, se soulever à l’aide des poignets qui embrassaient le cou de la dernière bouteille, sans que le tronc toujours droit s’écartât d’un millimètre de la direction verticale. 11 fallait alors, de la position accroupie, développer le corps dans la station debout, et c’était au prix d’une précision mathématique dans la contraction des muscles vertébraux que l’extension des jambes et des cuisses pouvait s’effectuer sans effondrer l’échafaudage tout entier.

La jeune fille qui exécutait ce prodige d’équilibre avait gagné à le pratiquer la taille la plus élégante et la tournure la plus gracieuse, et nous étions frappé de voir combien elle faisait contraste avec une « femme gymnaste » du même cirque, dont le « trapèze » et les « anneaux » avaient voûté le dos et déformé les épaules.

La rectitude de la colonne vertébrale n’est pas due à la force des muscles des reins et du dos, mais plutôt à leur parfaite harmonie d’action. Si les muscles qui fléchissent les vertèbres du côté gauche l’emportent en vigueur sur leurs antagonistes qui les fléchissent à droite , l’épine dorsale tendra à être entraînée du côté de la plus forte traction et il se produira un commencement de scoliose gauche, quelle que soit du reste la vigueur du sujet. Si, au contraire, il y a parfaite égalité de force dans les muscles des deux côtés, il y aura entre eux harmonie d’action et la taille sera droite.

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