ORGANES D’ÉLIMINATION
en trop grande quantité. Le danger n’existe pas quano ils sont en quantité modérée, car alors l’organisme s’en débarrasse en peu de temps, grâce à des organes spéciaux chargés de les éliminer.
Le poumon, le rein, la peau et l’intestin ont parmi leurs fonctions celle d’éliminer du sang les substances nuisibles ou inutiles qui peuvent s’y trouver, soit qu’elles y aient pris naissance, soit qu’elles y aient été introduites du dehors.
Ces quatre organes sont surtout chargés d’expulser de l’organisme des produits qui s’y sont formés de toutes pièces à la suite des combustions. Le poumon rend de l’acide carbonique , l’urine de l’urée , la sueur de l’acide lactique , etc. Tous ces produits sont les déchets des combustions vitales. A ces produits très connus il faudrait en ajouter beaucoup encore qui ne le sont pas du tout. Chaque jour de nouvelles recherches jettent un jour nouveau sur les fonctions d’excrétion et montrent l’importance capitale du rôle qu’elles jouent dans l’organisme.
Il n’entre pas dans le cadre de ce livre de faire une étude complète sur les produits d’excrétion, mais il est indispensable, pour l’exposé de nos opinions sur les résultats du travail et de la fatigue, d’insister sur un point de leur histoire , sur les dangers auxquels ils exposent l’organisme quand ils sont accidentellement retenus dans le sang ou que leur élimination ne se fait pas d’une manière complète.
Bien avant que l’analyse chimique eut démontré l’existence de principes toxiques dans les déchets de désassimilation, beaucoup de faits cliniques avaient prouvé que ces principes devaient exister. On sait depuis longtemps que le moindre arrêt dans les fonctions d’un organe excréteur amène immédiatement une série d’accidents dus à la rétention dans le sang des déchets que cet organe doit éliminer.
La fonction dont la suspension amène les dangers les plus graves et les plus pressants est la respiration. Que le poumon cesse de fonctionner pendant quelques minutes , et la mort s.e produit par V asphyxie, qui est un empoisonnement du sang par l’acide carbonique. L’acide carbonique est le plus connu et le plus abondant des produits de combustion ; il résulte de la ■combustion du carbone dont tous les tissus vivants sont formés. La formation de ce gaz dans le sang est incessante, et l’organisme en renferme toujours de grandes quantités , mais la dose compatible avec la vie n est jamais dépassée, parce que le poumon élimine le surplus â mesure qii il se forme. Si l’organe respira-
LE TRAVAIL MUSCULAIRE
toire suspend son jeu, le gaz toxique s’accumule et atteint en très peu de temps une dose incompatible avec la vie.
L acide carbonique n’est pas le seul produit toxique éliminé par 1 appareil pulmonaire. L’air qui ressort du poumon, par l’expiration, est chargé de vapeur d’eau , et cette vapeur d’eau emporte avec elle un produit qui n’a pas été nettement défini et qui s y trouve en très petite quantité , mais se révèle par ses qualités malfaisantes et son odeur infecte. Ce produit s’appelle miasme. Quand on entre le matin dans un dortoir où un grand nombre de personnes ont passé la nuit, on est saisi par une odeur d’une fétidité insupportable et qui ne ressemble à aucune autre. C’est 1 odeur des miasmes exhalés par les poitrines des hommes qui ont dormi dans le même local. L’air en est vicié.
La peau élimine la sueur, produit composé en grande partie d’eau (99 parties pour 100). Cette eau tient en dissolution des sels, des chlorures, des acides, tels que l’acide lactique, et un acide azoté particulier appelé acide sudorique. On y trouve aussi de l’urée, comme dans l’urine. '
Outre la partie liquide des sécrétions cutanées, il y a aussi une partie gazeuse qui n’est pas la moins importante. Des acides volatils de diverses sortes et de l’acide carbonique en notable quantité sont exhalés par la peau. Mais les produits de l’excrétion cutanée les plus intéressants pour nous, ceux qui établissent le mieux la puissance toxique des déchets de nutrition, sont à peu près inconnus au point de vue de l’analyse chimique, et ne manifestent leur existence que par les accidents qu’ils produisent au sein de l’organisme, quand ils ne sont pas éliminés. Leur pouvoir toxique est mis en évidence par l’expérience suivante ;
On prend un chien de forte taille, on rase complètement les poils de sa peau et on l’enduit d’une couche de vernis imperméable ou de collodion , de telle façon qu’il ne puisse sortir le moindre produit liquide ou gazeux du corps de l’animal par la voie cutanée. De cette façon on emprisonne dans l’organisme du chien tous les produits que sa peau avait coutume de rejeter au dehors. Au bout de huit heures en moyenne, l’animal est mort.
M. Sokolow, physiologiste russe, auteur des expériences que nous citons, attribue la mort des animaux recouverts d’un enduit imperméable à un empoisonnement parles principes qu’ils n’éliminent plus.
Le rein élimine une grande quantité de produits de décomposition organique. Il serait trop long de les énumérer tous. Ceux