‹ Physiologie des exercises du corpsChapitre 55 sur 184 · I.ES DÉPlîRDrriONS URGANinUES · texte numérisé non relu

I.ES DÉPlîRDrriONS URGANinUES

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11 convient, selon nous, de faire une différence capitale entre le surmenage par intoxication et le surmenage par épuisement. Dans le premier cas, il s’agit d’un état infectieux, susceptible d’être influencé par les affections diverses qui atteignent le sujet, mais capable par lui-même de produire des accidents graves et même la mort. Dans le second cas , c’est un état d’amoindrissement de la résistance vitale , donnant à l’organisme une réceptivité plus grande pour les maladies, mais ne pouvant créer une maladie par lui-même.

Prenez un homme épuisé, donnez-lui une hygiène convenable, mettez-le à l’abri de tout germe contagieux, il refera inévitablement à force de temps les tissus qu’il a perdus. Qu’on donne à un jeune soldat surmené par des marches forcées, ou à un animal forcé à la chasse, toutes les conditions de repos, d’alimentation et d’hygiène, il pourra se faire que ni l’un ni l’autre n’échappent à une maladie grave et tous deux pourront succomber.

L’épuisement organique est l’état dans lequel se trouve un homme dont le corps a subi des pertes excessives. Il présente de l’analogie avec tous les états morbides caractérisés par une diminution considérable des éléments organiques du corps vivant. — Or toute soustraction importante des matériaux qui font partie intégrante de l’organisme amène un état général de faiblesse et d’adynamie.

On sait l’épuisement qui résulte des sueurs trop copieuses provoquées par une chaleur excessive ou par tout autre agent. Cette déperdition est une cause d’affaiblissement suffisant pour qu’on attache la plus grande importance à la faire cesser chez les malades affaiblis, les phtisiques, par exemple.

La diarrhée est une cause d’épuisement plus active encore que la sueur : elle suffît, dans certaines cholérines, pour enlever en peu de jours les nourrissons les plus robustes, quand on ne réussit pas à l’arrêter d’emblée. La cholérine des adultes, par la déperdition rapide et abondante qu’elle provoque, amène aussi une prostration profonde en quelques heures. Tout le monde sait l’épuisement profond et prolongé qui résulte des grandes pertes de sang.

Tous les flux, enfin, toutes les pertes par sécrétion exagérée, amènent un abaissement de la force et de la résistance du sujet et le disposent à subir l’influence de toutes les causes de maladie!^ capablesde l’atteindre.

LA FATIGUE

On peut en se basant sur les faits, émettre cet axiome :

Toutes les fois qu’un homme est dans les conditions normales de structure, une perte notable de poids est une preuve de diminution dans la résistance du sujet.

Il faut à l’organisme, pour être réellement fort et résistant, une certaine masse d’éléments ; si on les lui prend d’un côté, il faut les lui rendre de l’autre, et ce qu’on ôte de graisse à un homme ou à un cheva à l’entraînement, il faut le lui restituer sous forme de muscles, sous peine de le jeter dans un état d’affaiblissement qui diminue sa résistance

Pourquoi l’organisme dépouillé d’une partie de ses éléments tombe-t-il dans un état de moindre résistance? Il est difficile de répondre à cette question d’une façon satisfaisante. On peut dire que les divers éléments du corps se prêtent un mutuel appui et que dans la lutte pour l’existence ils concourent chacun pour sa part à la défense commune.

Les éléments essentiels du sang sont les globules. Quand ces éléments diminuent, il se produit un état de résistance moindre de tout l’organisme. On attache une telle importance, quand on veut juger de la gravité de l’état du sujet, au nombre de ces globules, qu’on a imaginé des appareils pour les compter. Il n’y a rien d’absurde à attribuer aux éléments qui constituent la fibre du muscle, ou les éléments du nerf, la même importance qu’aux globules sanguins dans la résistance de l’organisme.

Quelle que soit l’insuffisance de la théorie, retenons les faits et tâchons delesmettie en lumière. Efforçons-nous surtout de faire ressortir l'importance pratique de la connaissance exacte de l’état d’épuisement et des conditions dans lesquelles il se produit.

L’épuisement dû au travail musculaire se fait sentir en général sur l’organisme tout entier, et toutes les fonctions , tous les organes paraissent en ressentirrinfluence. Le symptôme le plus frappant de cette forme de surmenage est un état de langueur générale des fonctions et de prostration des forces, un état à.' adynamie. On peut observer, chez un homme épuisé, de l’anémie, de la névropathie, des troubles digestifs, de la faiblesse musculaire, etc.

Quelquefois les troubles paraissent se localiser sur certains

LKS ATROPniES PAR SURMENAGE

organes, ou sur certains systèmes organiques, suivant la forme de travail qui a produit l’épuisement, et suivant les conditions accessoires dans lesquelles ce travail s’exécutait chez certains sujets.

Ce qui frappe le plus l’observateur chez l’homme épuisé par le travail musculaire, c’est la diminution de volume des muscles qui ont travaillé avec excès. L’homme qui s’épuise par le travail brûle son tissu musculaire, et l’on voit ainsi deux causes opposées amener le même résultat. Le muscle s’atrophie par l’inaction : il s’atrophie aussi par l’excès de travail ; tandis qu’un travail modéré, accompagné d’une alimentation suffisante, augmente son volume et sa vigueur.

L’épuisement peut se faire sentir sur divers organes internes, et notamment sur le cœur. Le cœur, en sa qualité de muscle, devrait s’hypertrophier sous l’influence du travail musculaire, car il n’y a pas de surcroît d’exercice sans augmentation de l’action du myocarde. Le plus souvent, en effet, cet organe s’hypertrophie, dans le vrai sens du mot, c’est-à-dire devient plus épais, plus lourd, offre des parois plus résistantes et plus capables d’imprimer au sang une impulsion vigoureuse. On a constaté l’hypertrophie vraie ou concentrique du cœur chez beaucoup d’athlètes et de gymnasiarques. On l’a constatée aussi chez des chevaux de course, et notamment sur le célèbre cheval Éclipse dont le cœur atteignait trois ou quatre fois le poids ordinaire. Mais pour le cœur, comme pour les autres muscles, l’excès d’exercice amène l’usure et la dégénérescence des fibres, diminue la résistance de l’organe, et , tout en produisant la dilatation des cavités , occasionne un amincissement de leurs parois et une diminution de vigueur de leurs fibres.

Cet état s’observe très souvent chez les sujets qui ont abusé des exercices capables d’amener le surmenage du cœur, — la cousre, par exemple. — Les coureurs de profession , qu’on voit encore en Afrique faire des trajets dont le récit est à peine croyable, finissent presque tous par subir la dilatation passive du cœur, résultant de 1 épuisement de l’organe. On les met généralement à la retraite vers l’âge de quarante ans, et ils présentent alors des troubles graves de la santé occasionnés par des affections cardiaques.

Quelquefois l’épuisement manifeste surtout son action sur le système nerveux central , et l’homme épuisé devient névropathe.

F. LAOnANOE.

LA FATIGUE

h' épuisement nerveux est un état qu’on a observé et étudié sous différents noms dans tous les temps, mais dout aujourd’hui plus que jamais on rencontre à chaque instant des exemples. Il est l’aboutissant du surmenage intellectuel, aussi bien que du surmenage physique, et il est aussi le résultat des excès de plaisir, ce qui ne l’empêche pas d’accompagner les chagrins violents et les préoccupations de toutes sortes. Toutes les causes physiques et morales qui nécessitent le fonctionnement exagéré des centres nerveux peuvent amener un état de fatigue analogue à celui qu’on observe dans les muscles après leur fonctionnement excessif.

Nous montrerons plus loin combien certains exercices physiques associent énergiquement les centres nerveux au travail des muscles. Ces exercices, si on les pratique avec excès, peuvent donc amener la déperdition excessive de certains éléments de la fibre ou de la cellule nerveuse. Il faut faire une véritable opération intellectuelle pour coordonner, pondérer et mesurer le jeu des muscles dans tous les exercices de précision. Aussi le surmenage à forme névropathique est-il plutôt le résultat de ces exercices que celui des travaux grossiers ne demandant qu’un emploi machinal de la force physique. De là la supériorité des mouvements qui ne demandent aucune application, aucun apprentissage, quand il s’agit de sujets dont les centres nerveux sont déjà surmenés par le travail intellectuel.

Quel que soit l’exercice pratiqué, il peut cependant amener l’épuisement nerveux, car la substance nerveuse est obligée d’entrer enjeu pour exciter les contractions de l’élément musculaire, et, dans le cas où le cerveau n’est pas requis pour provoquer les mouvements, — dans les actes automatiques, par exemple, — c’est la moelle épinière qui entre en jeu, et c’est elle qui peut ressentir, en cas d’excès de travail, les effets de l’épuisement. C’est ainsi qu’on a signalé la coïncidence de l’épilepsie avec les fatigues de marches trop soutenues et cité plusieurs observations dans lesquelles des accidents à forme convulsive avaient suivi de longs trajets exécutés à pied en très peu de temps.

Mais l’épuisement nerveux peut s’établir d’une manière plus indirecte par le fait du surmenage. L excès de travail peut amener un appauvrissement du sang , un état d anémie qui , atteignant tout l’organisme, pourra néanmoins faire sentir plus spécialement ses effets sur les centres nerveux chez les sujets prédisposés.

Les médecins aliénistes ont depuis longtemps signalé 1 épu'se-

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