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AUGMENTATION DE LA CONTRACTILITÉ MUSCULAIRE

aptitudes différentes qui s’acquiérent par le fait de l’accoutumance au travail: aptitude à produire des mouvements plus énergiques, par suite du développement plus grand des organes moteurs ; aptitude à supporter plus longtemps des efforts musculaires intenses par suite de la disparition des tissus de réserve dont les produits de désassimilation trop abondants amenaient l’autointoxication du corps, cause la plus efficace des accidents de la fatigue.

Les changements matériels survenus dans le corps humain à la suite du travail régulièrement supporté peuvent expliquer en grande partie l’augmentation de la force et la résistance à la fatigue. Mais on n’aurait qu’une idée incomplète des bénéfices dus à Faccoutumance, si on ne faisait la part d’un autre perfectionnement acquis par l’homme qui exerce ses muscles: c’est le perfectionnement de toutes les fonctions qui interviennent directement ou indirectement dans l’exécution du travail.

Sous l’influence d’un exercice journalier bien dirigé, les muscles ne deviennent pas seulement plus volumineux et plus fermes : ils deviennent aussi plus contractiles. « Les rhuscles d’un homme « entraîné se contractent avec une force extraordinaire sous l’in- « fluence du choc électrique (1), » disait, il y a déjà longtemps, Royer-Collard dans son Mémoire sur l’entraînement des boxeurs anglais. La fibre musculaire acquiert par l’exercice une augmentation de sa propriété contractile et peut répondre plus vigoureusement aux ordres de la volonté, aussi bien qu’aux excitations d’une pile électrique. Aussi observe-t-on qu’à volume égal un muscle habitué à se contracter est plus fort qu’un muscle demeuré longtemps inactif.

Le même perfectionnement s’observe dans les fonctions respiratoires sous 1 influence du travail. Les poumons n’ont pas seulement acquis plus de développement par l’exercice : ils ont gagné, en outre, une aptitude plus grande à exécuter leurs mouvements avec calme et régularité, au milieu des perturbations violentes qu’apporte le travail dans l’organisme. Chez l’homme habitué à l'exercice violent, la respiration garde longtemps son

(1) Royer-Collahd, Mémoire à l’Académie, 1842.

L’AGGOUTÜMAA'CE AU TUAVAIL

rythme régulier, tandis qu’elle est promptement troublée par le travail chez l’homme accoutumé à l’inaction.

Le cœur lui-même , outre qu’il acquiert par un exercice bien dirigé une structure plus favorable au travail, en se dépouillanl de la graisse qui pouvait le surcharger, le cœur, disons-nous, acquiert un fonctionnement plus régulier. Il tend à perdre cette impressionnabilité excessive qui, chez l’homme débutant dans l’exercice, le mettait promptement en émoi au moindre changement dans la tension artérielle, à la moindre élévation de température du sang : il ne s’affole plus sous l’influence des mouvements violents.

Une comparaison pourra être utile pour préciser ces faits, plutôt que pour les expliquer, — car aucune explication physiologique satisfaisante ne saurait jusqu’à présent en être donnée. Un homme qui s’accoutume au travail perfectionne ses organes, et devient pareil à un ouvrier qui exécute sa tâche avec de meilleurs outils. Mais l’ouvrier apprend de jour en jour à se servir de ses outils et finit par en tirer le meilleur parti possible. De même, l’homme qui exerce chaque jour son corps devient plus apte à utiliser ses organes, et leur fait rendre plus de travail parce qu’il sait mieux s’en servir.

Les perfectionnements purement fonctionnels qu’on observe dans le jeu des organes parle fait de l’exercice ne sont nulle part aussi frappants que dans l’exécution des mouvements.

Chaque mouvement, même le plus localisé en apparence, est, ainsi que nous l’avons dit avec détails, un acte nécessitant le concours de plusieurs muscles, les uns synergiques, les autres antagonistes. C’est au système nerveux central qu’appartient le rôle de grouper dans un travail d’ensemble tous les muscles qui doivent concourir à un même mouvement, et de donner à chacun le degré d’action qui lui convient.

Supposons un certain nombre d’hommes employés à déplacer de lourds fardeaux. Si ces hommes, quoique très vigoureux, sont mal dirigés, si leurs mouvements se contrarient, si leurs tractions ou leurs poussées ne se font pas avec ensemble, ils ne pourront pas faire à dix la besogne que feraient cinq hommes bien commandés et habitués à travailler ensemble.

De même, un gymnasiarque ayant à sa disposition des muscles bien exercés, c’est-à-dire habitués à concourir au même mouvement, fera plus de travail qu’un homme d’une force supérieure, mais ne sachant pas se servir de ses membres.

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