‹ Physiologie descriptive des trente beautés de la femmeChapitre 48 sur 50 · PROPRETÉ DU CORPS · texte numérisé non relu

PROPRETÉ DU CORPS

Les divers organes du corps doivent être soumit

à des soins de propreté journaliers ; quelques organes exigent que ces soins soient répétés plusieurs fois par jour ; c’est ce que nous allons démontrer.

La peau. — De tous nos organes la peau est celui qui offre le plus de surface et, par conséquent, le plus d’étendue. La structure de la peau est complexe; voyez-en la description dans notre hygiène du visage et de la peau. En elle s’opère trois importantes fonctions : l’exhalation ou transpiration, l'absorption et la sensibilité tactile.

La transpiration apporte incessamment à la surface de la peau des produits excrémentitiels qui finiraient par l’irriter s’ils n’étaient pas enlevés. La poussière et autres corps étrangers qui se déposent continuellement sur elle, peuvent en bouclier les pores et déranger ses fonctions, si l’on néglige delà nettoyer. Or, les bains partiels et les bains généraux sont d’une incontestable utilité pour favoriser le jeu des fonctions cutanées et prévenir les maladies ; c’est une vérité qui n’a plus besoin d’être démontrée. Voyez notre Hygiène des baigneurs où cette question est traitée avec tous les développements qu’elle mérite.

Cuir chevelu — Cheveux. *— Le démêloir, le paigne fin et la brosse sont les conservateurs na-

turels de la chevelure. On doit, chaque jour, en faire usage pour débarrasser le cuir chevelu des squames ou pellicules épidermiques qui, réduites en poussière blanchâtre, ternissent la beauté de la chevelure, et dont l’accumulation forme un enduit fort nuisible h la vitalité des cheveux. L’expérience a démontré que les personnes qui donnent chaque jour des soins intelligents à leur chevelure, la conservent intacte et belle pendant longtemps ; les personnes, au contraire, qui négligent ces soins, ou qui font usage d’eau et de pommades préconisées par le charlatanisme des journaux, perdent peu à peu leurs cheveux et finissent même par être frappées de calvitie. Voyez pour tout ce qui regarde l’hygiène et la médecine des cheveux, l’ouvrage intitulé : Hygiène médicale des cheveux et de la barbe.

Les yeux. — Le rôle important que jouent ces organes dans la vie de relation, les recommande assez à nos soins hygiéniques, sans qu’il soit besoin de le démontrer. C’est avec les yeux que nous eontemplons les richesses de la nature ; que nous admirons la voûte étoilée et le brillant soleil des beaux jours ; c’est avec les yeux que nous caressons les lignes harmonieuses d’un charmant corps de femme *, c’est encore les yeux qui transmettent

à notre âme les impressions de joie et de bonheur... Sans les yeux, hélas ! on ne saurait avoir aucune idée des magnifiques effets de la lumière et des couleurs. Tout est noir pour l’aveugle ; .tout est plongé en de profondes ténèbres.

L’hygiène recommande d’éviter toutes les causes qui peuvent porter atteinte à l’intégrité des fonctions de ces organes : fumée, poussière, corps irritant, vulnérants, compressions, coups, etc., etc... travail à la lumière trop longtemps soutenue; veilles prolongées, etc., toutes causes préjudiciables à la vue qui peuvent, à la longue, l’affaiblir, l’altérer.

La toilette la plus naturelle des yeux est le lavage à l’eau fraîche. Lorsqu’on éprouve des picotements dans ces organes et un sentiment de cuisson aux paupières, c’est un signe de fatigue ; le repos devient nécessaire et dissipe promptement ces symptômes. Lorsque, par une cause quelconque, les paupières ou le globe de l’œil s’enflamment, c’est l’invasion d’une ophthalmie; le secours de l’art est urgent ; on doit immédiatement recourir au médecin. Dans notre Hygiène du visage, on trouve tous les moyens employés contre les affections légères de l’œil et des paupières).

Nez. — Le nez remplit plusieurs fonctions qui

ont leur importance: il sert d’abord à la respiration, et le plus léger obstacle dans son conduit, gêne cette fonction. Il est ensuite chargé de transmettre au cerveau les émanations odorantes des. corps. La perte de l’odorat est un accident trèsgrave, puisqu’il entraîne la privation complète des odeurs et nuit considérablement à la sensation des saveurs ; enfin, le nez sert d’émonctoireaux mucosités surabondantes sécrétées par la membrane qui tapisse intérieurement les fosses nasales. Dans l’état de santé la propreté du nez n’exige que le secours du mouchoir; mais, lorsqu’une irritation quelconque donne naissance soit à des boulons, soit à-un rhume de cerveau; alors, il est nécessaire d’aspirer une eau émolliente tiède et d’essuyer la partie avec un linge usé très-fin. Des onctions de crême-neige à l’ouverture extérieure des fosses nasales et sur les ailes du nez, procurent de trèsbons résultats. On ne doit jamais se gratter le nez intérieurement, c’est malpropre; si quelques parcelles de mucus épaissi amenaient de la gêne dans la respiration, il s’agirait simplement de renifler un peu d’eau tiède, puis de se moucher fortement ; le corps étranger serait aussitôt expulsé. Les personnes qui ont la mauvaise habitude de prendre du tabac, doivent se laver le nez et changer souvent de mouchoir, si elles ne veulent pas répandre une

mauvaise odeur; car l’haleine des priseurs qui négligent ces soins de propreté, est repoussante.

La Boüchk. — De toutes les régions de la face, la bouche est celle qui exige les soins les plus assidus. En effet, son double rôle dans la mastication et la respiration, la mettant en contact avec l’air et les aliments, il est de toute urgence de la soumettre à des soins de propreté renouvelés plusieurs fois par jour. C’est à ces soins éclairés que l’on devra la conservation d’une haleine pure et des dents, organes essentiels pour opérer une bonne digestion. Nous ne pouvons en donner ici, qu’un résumé fort succinct. Le lecteur trouvera dans notre hygiène du visage tout ce que la science et l’art ont découvert de plus efficace pour la conservation et la guérison des organes contenus dans la bouche. Cet ouvrage est à consulter, car il peut rendre de grands services.

Aussitôt après son lever, on doit se laver la bouche avec de l’eau aromatisée de quelques gouttes d e philodontine. Les dents seront brossées avec une brosse douce, chargée de poudre de charbon et de quinquina. Cette poudre est le meilleur de tous les dentifrices, et nous engageons les dames à ne jamais user de poudre ni d’opiat que prône

le charlatanisme, si elles tiennent à conserver leurs dents.

On ne mangera et on ne boira jamais trop chaud ou trop froid.On évitera aussi de boire et de manger des substances trop acides qui compromettent l’émail des dents.

Après chaque repas, il est recommandé de se rincer la bouche et de chasser au moyen du curedent, les parcelles d’aliments engagées entre les dents.

Les lèvres et les coins de la bouche seront également lavés et essuyés.

Lèvres. — Les lèvres qui revêtent une belle couleur rouge, sont les plus estimées; les coquettes à lèvres pâles les colorent avec du carmin.— Lorsque ces organes deviennent le siège de boutons, de gerçures, crevasses etc., le moyen le plus rationnel de les guérir, se trouve dans les onctions répétées de pommade de concombre ou de crèmeneige.

On évitera soigneusement de se servir de verres et autres ustensiles de table, après une personne dont les lèvres sont atteintes de l’une des affections citées. Les sujets malades, ceux de constitution scrofuleuse, ou affligés d’un mal qui peut se communiquer, devraient être assez raisonnables pnur

ne jamais emorasser les jeunes personnes et sur» tout les enfants.

En résumé, la bouche est d’autant plus attrayante qu’elle est l’objet de soins assidus ; qu’elle. »ffre des dents blanches, des gencives roses et une haleine pure. Au contraire, une bouche malpropre inspire le dégoût. Lorsque, par une coupable et longue négligence, on a laissé les dents s’encroûter de tartre ; lorsqu’une ou plusieurs dents sont rongées par la carie ; alors, la bouche est un affreux émonctoire, d’où sort une haleine fétide, repoussante; on craint de voir s’ouvrir une bouche si dégoûtante et l’on en redoute les paroles.

Aujourd’hui, les femmes comprennent la haute importance d’une bouche bien soignée; le nombre des dentistes s’est considérablement augmenté, et l’on pourrait dire, qu’en France, toute femme bien élevée, donne chaque jour, à la toilette de sa bouche, le temps et les soins qui lui sont nécessaires.

Poitrine. — De toutes les régions du corps, la poitrine est celle qui offre les formes les plus attrayantes, les plus charmants contours ; c’est aussi la région qui renferme les organes les plus essentiels à la vie, les poumons et le cœur. Ces considérations puissantes devraient ouvrir les yeux aux

femmes, et leur faire éviter scrupuleusement toutes les causes qui peuvent altérer la délicatesse du sein, s’opposer à son développement, chez les jeunes filles; dégrader sa beauté et nuire à la liberté des fonctions pulmonaires et circulatoires. Les corps baleinés, les corsets, les liens et toutes les compressions amènent ces résultats : nous prions instamment nos lectrices, et particulièrement les mères de famille, de se procurer VHygiène de la poitrine et de la taille, ouvrage des plus utiles, où elles puiseront tous les enseignements à leur portée, qui touchent à la grave question de la santé et de la beauté de ces précieux organes.

Mains. — Ces merveilleux organes auxquels notre espèce doit, en quelque sorte, sa suprématie sur les autres espèces d’animaux, exigent des soins de propreté sans cesse renouvelés. En effet, les mains étant continuellement en contact avec tous les corps, s’imprégnent de leurs odeurs et de leurs diverses molécules ; il est de toute nécessité de les débarrasser, par le lavage, de toute souillure, de toute impureté. On se sert généralement, pour se nettoyer les mains, de savon ou de pâte d’amandes; cette dernière a la propriété d’adoucir la peau. On doit rejeter les savons trop chargés de potasse,

parce qu’ils irritent la peau, la durcissent et souvent la rendent farineuse. Les savons fins dits dermophiles de la parfumerie PIN AUD, sont ce qu’il y a de meilleur pour les peaux délicates et la barbe.

Les mains sont sujettes à une foule de petits accidents qui peuvent en altérer la beauté et, parfois, porter un grave préjudice à la liberté de leurs mouvements : les coupures, brûlures, piqûres, contusions, etc.... Elles sont, en outre, sujettes à des affections plus ou moins graves et douloureuses, qu’il importe de combattre et de guérir artistement, c’est-à-dire sans qu’on en aperçoive les traces ; tels, par exemple, que panaris, phlegmons, dartres, gâle, abcès, etc... On trouvera dans notre Hygiène des mains et des pieds , les meilleurs traitements pour tous ces genres d’accidents et de maux.

Ongles. — L’ongle est l’ornement des doigts dont il augmente la force et qu’il protège contre les corps durs. La taille des ongles est une petite opération qu’on doit pratiquer de temps à autre, pour la propreté comme pour la commodité des mouvements. Il ne faut ni les couper trop courts, ni les laisser trop longs ; ces deux extrêmes ont leurs inconvénients. Sous l’extrémité libre del’on-

gle il s’accumule incessamment des matière* étrangères qui noircissent et sont désagréables à la vue. Le nom d'ongles en deuil a été donné aux ongles bordés d’un cercle noir, qui indique le peu de soin qu’on en prend. Le cure-ongle est aujourd’hui un instrument indispensable.

On doit se laver les mains avant et après le repas ; pendant le jour, le lavage est nécessaire toutes les fois qu’on a touché des substances impures ou qu’on s’est livré à un travail manuel. La monnaie de cuivre qui passe par tant de mains sales et dégoûtantes, est très-souvent la cause de boutons au nez, aux lèvres et autres parties délicates, lorsque, sans les avoir lavées, on a touché ces parties. Il est des peaux si délicates, que le moindre contact impur y développe une irritation. Or, il est de la prudence et de la propreté de se laver les mains après les cas que nous venons de mentionner.

Les mains, particulièrement chez les jeunes personnes, se couvrent d’engelures, de boutons, de verrues, etc. Un traitement local devient nécessairepour les en débarrasser. Voyez ce traitement dans XHygiène des mains.

Les Pieds. — Ces organes méritent une attention toute spéciale. Ce sont eux qui servent de base

à la charpente humaine; toujours enfermés dans des bas et des chaussures, ils sont le siège d’une sécrétion plus ou moins abondante et souvent d’une odeur désagréable. De fréquents pédiluves sont nécessaires pour les débarrasser de l’endui? formé par les sécrétions et la poussière.

On rencontre des sujets chez lesquels la sueur des pieds est une véritable infirmité; la forte odeur qu’elle exhale lui a fait donner le nom de sueurs fétides. Dans ce cas, fort heureusement assez rare, de fréquents lavages, le renouvellement de la chaussure, plusieurs fois par jour; sont de rigueur. On conseille aussi plusieurs poudres, celles d’iris, de violette, de mélilot, ètc., pour masquer cette repoussante odeur. La lecture de l’hygiène des Pieds et des mains sera dès plus utiles aux personnes affligées de ces sueurs ; car, elles y trouveront les divers traitements palliatifs et curatifs, dirigés contre cette triste infirmité.

Les cors. — Une affection des plus communes et quelquefois très-douloureuse, a sa cause dans l’épiderme durci par la compression ou le frottement qui donne naissance au car. Les racines du cor s’enfoncent dans les chairs et peuvent atteindre l’osl alors, les douleurs sont intolérables. L'hygiène des pieds et des mains donne des moyens

sûrs pour extirper et guérir radicalement les eott les plus anciens.

Les engelures sont aussi une affection des pieds, et se traitent de la même manière que celles des mains. Ce court et rapide aperçu des diverses régions du corps n’a été placé ici que pour annoncer au lecteur tous les avantages qu’on peut retirer de la lecture des traités complets d’hygiène des diverses parties du corps, dont la réunion forme /’Encyclopédie hygiénique de la beauté. Cette lecture offre le double avantage d’être intéressante et de faire connaître les procédés les plus efficaces pour combattre victorieusement les nombreuses affections externes qui dégradent l’édifice humain.

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