TRAITEMENT DE L'OBÉSITÉ
et qui Ifait périr cliaquc année bien des jeunes personnes savoir : que les acides, et surtout le vinaigre, sont des préservatifs contre Tobésité.
Sans doute l'usape continu des acides fait maigrir, mai& c'est en détruisant la fraiclieur, la santé et la vie; et quoique la limonade soit le plus doux d'entre eux, il est peu d'estomacs qui y résistent longtemps.
La vérité que je viens d'énoncer ne saurait être rendue trop publique; il est peu de mes lecteurs qui ne pussent me fournir quelque observation pour l'appuyer, et dans le nombre je préfère la suivante qui m'est en quelque sorte personnelle.
En 1776, j'iiabitais Dijon; j'y faisais un cours de droit en la faculté; un cours de cbimie sous L. Guyton de Morveau , pour lors avocat général, un cours de médecine domestique sous M. Marct, secrétaire perpétuel de l'Académie, et père de M. le duc de Bassano.
J'avais une sympatbie d'amitié pour une des plus jolies personnes dont 'ma mémoire ait conservé le souvenir. Je dis sympathie d'amiliéT ce qui est rigoureusement vrai et en même temps bien surprenant, car j'étais alors grandement en fonds pour des affinités bien autrement exigeantes.
Celte amitié, qu'il faut prendre pour ce qu'elle a été et non pour ce qu'elle aurait pu devenir, avait pour caractère une familiarité qui était devenue, dès le premier jour, une confiance qui nous paraissait toute naturelle, et des cliuchotementsàne plus Unir, dont la maman ne s'alarmait point, parce qu'ils avaient un caractère d'innocence digne des premiers âges. Louise était donc très-jolie, et avait surtout, dans une juste proportion, cet embonpoint classique qui fait le charme des yeux et la gloire des arts d'imitation.
Quoique je ne fusse que son ami, j'étais bien loin d'être aveugle sur les attraits qu'elle laissait voir ou soupçonner, et peut-être ajoutaient-ils, sans que je pusse m'en douter, au chaste sentiment qui m'attachait à elle. Quoi qu'il en soit, un soir que j'avais considéré Louise avec plus d'attention qu'à l'ordinaire : <« Chère amie, lui dis-je, vous êtes malade » il me semble que vous avez maigri. — Oh ! non, me ré- » pondit-elle avec un sourire qui avait quelque chose de » mélancolique, je me porte bien; et si j'ai un peu maigri, » depuis, sous ce rapport, perdre un peu sans m'appauvrir
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» — Perdre, lui répliquai-je avec feu ; vous n'avez besoin >• ni de perdre ni d'acquérir : restez comme vous êtes, char- » mante à croquer; » et autres phrases pareilles qu'un ami de vingt ans a toujours à commandement.
Depuis cette conversation, j'observai cette jeune fille avec un intérêt mêlé d'inquiétude, et bientôt je vis son teint pâlir, ses joues se creuser, ses appas se flétrir... Oh! comme la beauté est une chose fragile et fugitive ! Enfin, je la joignis au bal où elle allait encore comme à l'ordinaire; j'obtins d'elle qu'elle se reposerait pendant deux contredanses; et mettant ce temps à profit, j'en reçus l'aveu que fatiguée des plaisanteries de quelques-unes de ses amies qui lui annonçaient qu'avant deux ans elle serait aussi grosse que saint Christophe, et aidée par les conseils de quelques autres, elle avait cherché à maigrir, et, dans cette vue, avait bu pendant un mais un verre de vinaigre chaque matin; elle ajouta que jusqu'alors elle n'avait fait à personne confidence de cet essai.
Je frémis à cette confession : je sentis toute l'étendue du danger et j'en fis part dès le lendemain à la mère de Louise, qui ne fut pas moins alarmée que moi, car elle adorait sa fille. On ne perdit pas de temps; on s'assembla, on consulta, on médicamenta. Peines inutiles ! les sources de 11 vie étaient irrémédiablement attaquées ; et au moment où on commençait à soupçonner le danger, il ne restait déjà plus d'espérance.
Ainsi, pour avoir suivi d'imprudents conseils, l'aimable Louise, réduite à l'état affreux qui accompagne le marasme, s'endormit pour toujours; elle avait à peine dix-huit ans.
Elle s'éteignit en jetant des regards douloureux vers un avenir qui ne devait pas exister pour elle; et l'idée d'avoir, quoique involontairement, attenté à sa vie, rendit sa fin plus douloureuse et plus prompte.
C'est la première personne que j'aie vue mourir; car elle rendit le dernier soupir dans mes bras, au moment où, suivant son désir, je la soulevais pour lui faire voir le jour.. Huit heures environ après sa mort, sa mère désolée me pria de l'accompagner dans une dernière visite qu'elle voulait faire à ce qui restait de sa fille ; et nous observâmes avec surprise que l'ensemble de sa physionomie avait pris
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quclqno cliose de radieux et d'extatique qui n'y paraissait poiut auparavant. Je m'en étonnai : la nuunaii eu tira un aupure consolateur. Mais ce cas n'est pas rare. Lavater eu fait uu'ntion dans sou Trailé de la physionomie.
CEINTURE ANTIOBÉSIQUE i
110. — Tout régime antiobésique doit être accompagné d'une précaution que j'avais oubliée, et par laquelle j'aurais dû commencer : elle consiste à porter jour et nuit une ceinture qui contienne le venti-e, en le serrant modérément.
Pour en bien sentir la nécessité, il faut considérer que lacoloiuie vertébrale, qui forme une des parois de la caisse intesliiialc, est ferme et inllexilde : d'où il suit que tout l'exédant de poids que les intestins acquièrent, au moment cil lobésité les fait dévier de la ligue verticale, s'appuie sur les diverses enveloppes qui composent la peau du ventre, et celles-ci, pouvant se distendre presque indéliniment ', pourraient bien n'avoir pas' assez de ressort pour se retraire quand cet efl'ort diminue, si on ne leur donnait pas un aide mécanique qui, ayant son point d'appui sur la colonne dorsale elle-même, devint sou antagoniste et rétablit l'équilibre. Ainsi, cette ceinture produit le double effet d'empècber le ventre de céder ultérieurenu'ut au poids actuel dos intestins, et de lui donner la force nécessaire pour se rétrécir quand ce poids diminue. On ne doit jamais la quitter; autrement le bien produit pendant le jour serait détruit par l'abandon de la nuit; mais elle est peu gênante, et on s'y accoutume bien vite.
La ceinture, qui sert aussi de moniteur pour indiquer qu'on est suffisamment repu, doit être faite avec quelque soin; sa pression doit être à la fois modérée et toujours la même, c'est-à-dire qu'elle doit être faite de manière à se resserrer à mesure que l'embonpoint diminue.
Ou n'est point condamné à la porter toute la vie; on peut la quitter sans inconvénient quand on est revenu au poiut désiré et qu'on y a demeuré stationnaire pendant quelques semaines. IJien entendu qu'on observera une diète convenable. Il y a au moins six ans que je n'en porto plus.
1. .MjratieaH. disait-d'ua hfmwi exfessivern^ot gros , qae Dieu m.^ ravajt créx! que pour nvoctrer jusqu'à quel point la peau humaine pouvait s'étendre sans rompre.