VICTOIRE NATIONALE
ront asspz frais; ils huvaioiiten éplurliaiittU's noix d'ycory. M. Wilkinson avait la ïmv rouge-d'anioisi, ses yeux étaient lroul)les, il paraissait alTaissé; son ami gardait le silence, mais sa lète fumait counne une cliaudière bouillante, et sa bouche immense s'était formée en cul de poule. Je vis bien que la catastrophe approchait.
ElTectivement, M. \\'ilkinson, s'étant réveillé comme en sursaut, se leva et entonna d'une voix assez forte l'air national Rule Britannia; mais il ne put jamais aller plus loin : ses forces le trahirent; il se laissa retomber sur sa chaise, et de là coula sous la table. Son ami, le voyant dans cet état, laissa échapper un de ses plus bruyants ricanements, et, s'étant baissé pour l'aider, tomba à côté de lui.
Il est impossible d'exprimer la satisfaction que me causa ce brusque dénoùment et le poids dont il me débarrassa. Je me bâtai de sonner. Littlc monta, et après lui avoir adressé la phrase otlicielle : « Voyez à ce que ces gentlemen soient '> convenablement soipnés, » nous bûmes avec lui un dernier verre de punch à leur santé. Bientôt le waiier aiTiva, aidé de ses sous-ordros, ( t ils s'emparèrent des vaincus, qu'ils transportèrent chez eux les pieds les premiers, suivant la règle the feet foremols^^ l'ami gardant une immobilité absolue, et M. Wilkinson essayant toujours de cbant'T l'air Rule Britannia.
Le lendemain, les journaux de New- York, qui furent ensuite successivement copiés par tous ceux de l'Union, racontèrent avec assez d'exactitude ce qui s'était passé, oA ayant ajouté que les deux Anglais avaient été malades des suites de cette aventure, j'allai les voir. Je trouvai l'ami tout stupéfié par les suites d'une indigestion, et M. Wilkinson retenu sur sa chaise par un accès de goutte que noti'c lutte bachique avait probablement réveillée. Il parut sensible à cette attention, et me dit, entre autres choses : « Oh ! dear sir, you arc very good company indeed, but too a drinker for us ^. »
i. On se sert, en anglais, de cette expression pour désigner ceux qu'on emporte morts ou ivres.
2. Mon cher monsieur, vous êtes en vérité do très-bonne compagnie, mais vous êtes trop fort buveur pour nous.