DE LA DIGESTION
>' avec sinc(^rité. — Mon pure, dit-il alors, à peine (!'tais-je » couché que j'ai rêvé que vous aviez tué ma mère ; que son » ombre sanïjlante m'était apparue pour demander vcn- » fïeance, et qu'à cette vue j'avais été transporté d'une telle » fureur, que j'ai couru comme un forcené à votre apparte- » ment, et, vous ayant trouvé dans votre lit, je vous y ai » poi-i'nardé. Peu après, je me suis réveillé tout en sueur, » en détestant mon attentat, et bienlôt j'ai béni Dieu qu'un » si grand crime n'ait pas été commis...— Il a été plus » commis que vous ne pensez, lui dis-je avecuu air sérieux » et tranquille.
» Alors je lui racontai ce qui s'était passé, et lui montrai » la trace des coups qu'il avait cru m'adresser.
» A cette vue, il se jeta à mes pieds, tout en larmes, gé- » missant du malheur involontaire qui avait pensé arri- » ver, et implorant telle pénitence que je croyais devoir lui » infliger.
» — Non, non, m'écriai-je, je ne vous punirai point d'un >• fait involontaire ; mais désormais je vous dispense d'as- » sister aux ofïîces de la nuit, et vous préviens que votre » cellule sera fermée en dehors, après le repas du soir, et >» ne s'ouvrira que pour vous donner la facilité de venir à la » messe de famille qui se dit à la pointe du jour. »
Si, dans cette circonstance à laquelle il n'échappa aue par miracle, le prieur eût été tué, le moine somnambule n'eût pas été puni, parce que c'eût été de sa part un meurtre involontaire.