‹ Physiologie du goût (volume 2)Chapitre 98 sur 179 · PREMIÈRE OBSERVATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE OBSERVATION

Je rêvai une nuit que j'avais trouvé le secret de m'affranchir des lois de la pesanteur, de manière que mon corps étant devenu indiiïérent à monter ou descendre, je pouvais faire l'un ou l'autre avec une facilité égale et d'après ma volonté.

Cet état me paraissait délicieux ; et peut-être bien des personnes ont rêvé quelque cliose de pareil : mais ce qui devient plus spécial, c'est que je me souviens que je m'expliquais à moi-même très-clairement (ce me semble du moins) les moyens qui m'avaient conduit à ce résultat, et que ces moyens me paraissaient tellement simples que je m'étonuais qu'ils n'eussent pas été trouvés plus tôt.

En m'éveillant, cette partie explicative m'échappa tout à fait, mais la conclusion m'est restée ; et depuis ce temps il m'est impossible de ne pas être persuadé que tôt ou tard un

génie plus éclairé fera cette découverte, et à tout hasard je prends date.

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