Voir La machine animale, p
4. Müllenhoff, Die Grôsse der Flugsflaschen. Arch. de Pflüger, Bd XXX, 1884.
MaREY. — Vol des oiseaux. (1
sur le rapport de la surface des ailes au poids du corps dans les différentes espèces d'oiseaux et d'insectes. Ge rapport varie dans certaines limites. Or, d’après ces variations, Müllenhoff a classé les êtres volants en séries dont chacune comprend des animaux d'espèces très différentes, mais qui présentent la même relation entre la surface des ailes et le poids du corps”.
S 58. Théorie qui admet que les très grandes espèces d'oiseaux sont incapables de voler. — La diminution relative de la surface des ailes quand s'accroît le poids du corps a fait croire à une infériorité des grands oiseaux au point de vue de l'aptitude au vol. Cette théorie a trouvé un appui dans l'opinion de quelques naturalistes, qui estiment qu'au delà d’une certaine taille, un
1. Après avoir réuni, dans un tableau général, les mesures correspondant à des centaines de types d'êtres volants, l’auteur adopte comme relation des ee
surfaces aux poids l'expression suivante : log. Di log. c.
Il trouve que, dans la série des êtres volants, ce rapport varie entre 0,2 et 0,7. Entre ces variations extrèmes, ilétablit six classes ou séries croissantes dans lesquelles trouvent place des êtres de mieux en mieux pourvus de surfaces d'ailes.
4re série (pour laquelle la valeur de log. s est comprise entre 0,25 et 0,5) Elle comprend des animaux dont le vol est assez rapide, mais de courte durée : cesont les moins bien pourvus, comme étendue de surface. On trouve dans cette série: des insectes, Dytique et Hydrophile, et des oiseaux, Foulque, Poule d'eau, Caille, Perdrix. Pour désigner les caractères propres à cette série par ceux d’un animal bien connu, l'auteur la rattache au type Caille.
2e série, log. s —0,6. Le vol est de plus longue durée, ce qui correspond à l'accroissement de la surface des ailes. On trouve dans ce groupe : des insectes, le Lucane, et des oiseaux, Faisan, Tétras, Paon (type Faisan).
‘3e série, log. os — 0,6 comme dans la précédente, mais les animaux qu'elle renferme ont le vol plus rapide et plus prolongé : passereaux, Colombe égyptienne, Numenius, Bécasse ({ype Moineau).
ze série, log. «— 0,6 comme ci-dessus. Vol encore plus rapide et plus prolongé (type Hirondelle).
5e série, log. « — 0,7. Les oiseaux qui font partie de ce groupe présentent des temps de planements nombreux et prolongés; ils se meuvent facilement dans les airs en décrivant des cercles (type Corneille).
6e série, log. « — 0,8. Les oiseaux de cette série volent à voile; le moindre souffle de vent les soutient; ils ont les ailes relativement très grandes : Milan, Vautour, Aigle (type Vautour).
oiseau est nécessairement incapable de voler. Ils citent à l’appui de cette thèse l’Autruche et le Casoar. Mais ne pourrait-on objecter que l’inaptitude au vol existe également chez des espèces de petite taille, le Pingouin et l'Aptéryx?
Un examen plus attentif montre que les grands oiseaux rachètent par d’autres avantages Le défaut relatif d’'étendue de leurs ailes. Considérons en effet un grand oiseau et un petit, donnant tous deux leur coup d’aile en un temps égal et avec la même amplitude angulaire. Chez le grand qui sera, je suppose, double du petit comme dimensions linéaires, la vitesse du bout de l’aile sera double. On sait d’ailleurs, $ 57, que la surface de l'aile sera 4 Tois plus grande; enfin il est généralement admis que la résistance de l'air croît sensiblement comme le carré de la vitesse. Il s'en suit que l'aile du grand oiseau trouverait sur l'air 46 fois plus de résistance que celle du petit.
Or le poids des deux oiseaux n’est que dans le rapport de 1 à 8, de sorte que le grand oiseau serait le mieux doué au point de vue de l'aptitude au vol. Mais en réalité il n’en est pas ainsi, car la fréquence des battements est sensiblement en raison inverse de la racine carrée des longueurs faites. Ainsi tend à se rétablir l’égalité d'aptitude au vol entre les oiseaux de grande ou de petite taille.
$ 59. Rapport du poids des muscles de l'aile à celui du corps de l'oiseau. — Aucun animal ne présente, annexés à son appareil locomoteur, des muscles aussi développés que ceux qui agissent sur l'aile de l'oiseau : Borellus avait déjà attiré sur ce point l'attention des naturalistes. Les mesures que j'ai prises sur un assez grand nombre d'espèces, de tailles différentes, ont donné ce résultat, que le poids des muscles pectoraux est environ 1/6 de celui de l’oiseau tout entier.
1. Il n'existe pas de loi simple qui règle les relations de la fréquence des battements par rapport à la surface des ailes. Cela tient à ce que, chez les espèces de tailles différentes, la forme des ailes varie beaucoup, et'qu'à égale surface, il n'est pas indifférent que cette surface soit surtout répartie vers la pointe ou vers la base de l'aile.
Or, comme le travail dont un muscle est capable est proportionnel à son poids, on peut conclure que nulle espèce animale n’est apte à produire, pour sa locomotion, autant de travail que
l'oiseau.
C'est pour cela que les aviateurs considèrent tous comme impossible que l’homme trouve dans ses muscles pectoraux assez de force pour voler, s'il réussit jamais à créer des appareils mécaniques suffisamment parfaits. Ceux qui ont admis la possibilité du vol mécanique avec les seules forces de l’homme ont supposé qu'il consacrerait du moins à ce travail les muscles de ses jambes. Léonard de Vinei* nous a légué sur ce point d'importantes études mécaniques. Goya, au milieu des rêves fantastiques d’un cerveau déjà hanté par la folie, a représenté, dans ses eaux-fortes, des hommes volant au moyen d'ailes artificielles qu'ils actionnent avec les jambes.
Depuis lors, dans les tentatives prématurées qui ont été faites pour adapter à l’homme des ailes mécaniques, c'est toujours aux muscles des membres inférieurs qu’on a demandé le travail nécessaire pour faire agir ces organes.
Une remarquable étude d'anatomie comparée à été faite par Legal et Reichel? pour déterminer, sur un grand nombre d’espèces d'oiseaux, le poids relatif des différents muscles de l'aile. Ces auteurs ont trouvé que le rapport de 1/6 entre le poids des muscles pectoraux et celui du corps représente à peu près la moyenne d'un grand nombre de pesées; mais que si l’on considère séparément les oiseaux de différents types, on trouve entre eux de grandes différences. Il y a donc des oiseaux plus ou moins bien musclés, de même qu'il y en a de plus ou moins bien voilés.
Le travail de Legal et Reichel est un important complément de celui de Müllenhoff ; c’est en combinant les documents puisés à ees deux sources qu'on pourra définir les conditions mé-
1, Léonard de Vinci, Extraits publiés dans l’Aéoronaute. : 2. Legal et Reichel, Ueber die Beziehung der Flugmusculatur, ele. (Aus dem anatomischen Institut zur Breslau, 1882).
caniques propres à chaque espèce d'oiseau. On aura ainsi
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