SUCCESSION DES MOUVEMENTS DU VOL DÉTERMINÉE PAR LA PHOTOCHRONOGRAPHIE
Nécessité de prendre un très grand nombre d'images successives en un temps très court. — Confusion qui tend à se produire par la multiplicité des images; moyens de l’éviter : 4° images alternantes ; 2 dissociation des phases d’un mouvement exécuté sur place. — Méthode du miroir tournant. — Dissociation par déplacement de l'appareil. — Dissociation des images par translation de la surface sensible. — Méthode stroboscopique. — Attitudes successives de l’aile et du corps de l'oiseau, pendant un coup d’aile. — Analyse d’une figure photochronographique. — Reproduction synthétique de l'apparence des mouvements du vol, au moyen du phénakistiscope.
S 94. Nécessité de prendre un très grand nombre d'images successives en un temps très court. — Les figures photochronographiques représentées dans le chapitre précédent ont surtout pour objet de montrer les curieuses attitudes que prennent différentes espèces d'oiseaux pendant le vol; mais la fréquence des images y est trop faible pour permettre de saisir la suite des mouvements de l'aile dans chacun de ses
battements.
Le disque obturateur * qui a servi aux expériences portait deux fenêtres, et comme il faisait 5 tours par seconde, 1l en résultait 10 images. En prenant un disque à 5 fenêtres faisant également
1. On appelle obturateurs les appareils destinés à admettre pendant un instant très court la lumière dans la chambre photographique. Les éclairements les plus rapides sont ceux qu’on obtient avec un disque percé de fenêtres étroites et tournant avec une grande vitesse. C’est à cette disposition que j'ai recouru dans mon appareil photochronographique (Voir Méthode graphique, Appendice, p. 22).
5 tours, le nombre des images est porté à 25 par seconde, ce qui donne déjà des renseignements beaucoup moins incomplets sur les mouvements de l’aile, ainsi que le montre la figure 77.
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Fig. 77, — Goéland, vol transversal (25 images par seconde),
Deux révolutions de l'aile sont contenues dans cette figure ; de 5 en 5, elles reproduisent sensiblement les mêmes attitudes.
Doublons encore le nombre des images, en prenant un disque obturateur percé de 10 fenêtres, nous obtiendrons 50 images par seconde et nous aurons la figure 78, où la transition entre deux attitudes consécutives de l'aile est encore plus facile à saisir.
$ 95. Confusion qui tend à se produire par la multiplicité des images; moyen de l'éviter. — En augmentant le nombre des fenêtres du disque, on accroitrait pareillement le nombre des images, mais celles-ci, trop rapprochées et superposées en partie les unes aux autres, produisent de la confusion (fig. 79). On échappe à cet inconvénient, au moyen de certains artifices qui vont être décrits.
$S 96. Images alternantes. — On les obtient par l'emploi de deux chambres noires et d’un seul disque obturateur. Les chambres, munies chacune de son objectif et de sa plaque sen-
sible, sont braquées sur le même point du champ obscur, et occupent, par rapport au disque, deux positions diamétralement opposées; enfin, le nombre des fenêtres du disque est impair.
Il est clair que, dans le moment où une fenêtre du disque tournant produira l’éclairement d'un point de la glace de droite, le point similaire de la glace de gauche sera dans l’obscurité et coïncidera précisément avec l'intervalle de deux fenêtres. Quand ce dernier point, à son tour, recevra la lumière, celui du côté droit sera dans l'obscurité.
Fig. 79.— Vol du Goéland (50 images par seconde), confusion qui résulte de la superposition des images.
On aura, de la sorte, deux séries d'images alternantes; la glace
de droite, par exemple, portant les images d'ordre impair, celle
de gauche portera celles d'ordre pair. Le diagramme ci-dessous montre dans quel ordre les images devront être lues pour présenter la succession réelle des attitudes de l'oiseau.
Série droite 1 ‘ 9