‹ Physiologie du mouvementChapitre 41 sur 119 · EE GP NE PE NE · texte numérisé non relu

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entre eux et bien réglés, de manière à donner le même nombre d'images dans le même temps. Bien plus, le synchronisme devrait être établi entre les appareils, de sorte que, dans tous trois, les images se formassent au même instant. Enfin trois champs obscurs seraient disposés de telle façon que loiseau, vu simultanément de trois points différents, se projetterait sur chacun de ces champs. Un dispositif électro -magnétique ouvrirait et fermerait simultanément les trois appareils photochronographiques.

Ainsi, outre l'instrument, avec son champ obseur, qui a servi aux expériences déjà décrites, il en faudrait deux autres, avec leurs champs respectifs. Un de ces nouveaux appareils serait suspendu à une quinzaine de mètres de hauteur, pour prendre des images de l’oiseau vu d’en haut, tandis que le champ obscur correspondant à cet appareil serait formé par une tranchée profonde, creusée dans le sol et noircie intérieurement, de telle sorte qu'elle ne püt recevoir ni émettre aucune lumière.

Le troisième appareil photochronographique serait braqué en avant de l'oiseau, sur le prolongement de l’axe du vol ; il occuperait donc l’une des extrémités de la tranchée, tandis qu’à l’autre extrémité, un hangar profond, noirci intérieurement, constituerait le troisième champ obscur. Ce hangar serait done orienté à angle droit avec celui qui a servi aux précédentes expériences. |

Comme l'installation qui vient d’être décrite présentait certaines difficultés matérielles, j'ai dû me contenter d’une disposition plus simple, mais nécessairement moins parfaite. En procédant par expériences successives, j'ai recueilli trois séries d'images photochronographiques :

1° Une série projetée sur un plan vertical parallèle à l'axe du vol, comme dans les figures déjà connues;

2° Une série projetée sur un plan vertical à peu près perpendiculaire à l'axe du vol comme dans la figure 99".

1. On n'a pas pris les images tout à fait perpendiculairement à l'axe du vol, dans la figure 99, afin d'éviter la confusion qui se produit lorsque ces

A cet effet, on a porté le Goéland au fond du hangar obscur, d'où on l’a laissé s'envoler. Dès que l'oiseau émergea dans la lumière, on en prit les photographies. Cette expérience, maintes fois répétée, a fourni des séries d'images dans lesquelles la direclion du vol a beaucoup varié suivant les caprices de l’oiseau. Ces images, diversement orientées, sont fortinstructives à étudier; elles se complètent l’une par l’autre et donnent, sur les mouvements des ailes, tous les enseignements qu’on peut souhaiter.

Fig. 99. — Images du vol d'un Goéland vu de face.

3° Pour obtenir la troisième série d'images, celle qui montre les mouvements de l'oiseau projetés sur un plan horizontal, l’appareil photochronographique devrait dominer d’une douzaine

de mètres Le plan dans lequel volait l'oiseau. Voici la disposi-

tion que J'ai adoptée.

Quatre hautes poutres de sapin, profondément fichées en terre et solidement assemblées entre elles, forment une charpente pyramidale de 44 mètres de hauteur, praticable intérieurement au moyen d'échelles. Sur cette charpente, un plancher horizontalement suspendu à 12 mètres au-dessus du sol porte l’apimages se recouvrent. Dans d’autres cas, pour recueillir une série de ce

genre, j'ai recouru, avec beaucoup d'avantage, au moyen précédemment décrit S 98, pour dissocier les mouvements qui se font sur place.

pareil photochronographique, avec l'objectif tourné en bas. Enfin, pour former en dessous un fond obscur, une bande de velours noir est étendue sur le sol: Cette bande a 14 mètres de long sur 2",50 de large, et des écrans verticaux projettent leur ombre sur le noir du velours. Ce champ obscur, bien imparfait

Fig, 100. — [mages successives d’un Goéland, vu d'en haut (25 images par seconde).

sans doute, fut à peu près suffisant pour donner des images lisibles. J'en tirai un décalque (fig. 100) qui montre assez clairement la manière dont l'aile s'étend et se resserre aux différentes phases de son battement.

La grande fréquence des éclairements et l’imperfection du champ obscur sont, dans ce cas, les causes de l’imparfaite netteté des images; en diminuant le nombre des fenêtres on a déjà des figures meilleures (fig. 101), mais des renseignements moins complets *.

Il s'agit maintenant de combiner entre elles ces trois séries

1. La figure 101 montre à quel point les actes de vol peuvent quelquefois être asymétriques; le corps, le cou, les ailes de l'oiseau s’y présentent avec les torsions les plus variées. Je me hâte d'ajouter que cette asymétrie si prononcée est exceptionnelle.

f72 LE VOL DES OISEAUX.

d'images, de manière à montrer l'attitude de l'oiseau rapportée, à chaque instant, aux trois dimensions de l’espace. Le tableau Sons de la figure 102 montre ces . : trois sortes de projections groupées de façon à en faire saisir les concordances.

$ 107. Tableau synoptique des attitudes sucessives d'un oiseau, projetées sur trois plans différents. — La série A montre 10 images du Goéland en projection sur un plan horizontal; la série B représente les mêmes attitudes de l’oiseau projetées sur un plan vertical parallèle à l’axe du vol; enfin la série C est formée par la projection de ces atlitudes sur un plan vertical oblique par rapport à l'axe du vol.

Le lecteur reconnaît sans doute aisément les images des séries À et B respectivement empruntées aux figures 106 et 78; mais les images d'une même série ont été plus

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écartées les unes des autres,

Fig.

afin de les rendre plus distinctes. L'espace réellement parcouru par l'oiseau était six fois moindre que celui

qui existe, dans le tableau 102, entre deux attitudes conséculives. Toutefois, la valeur relative des espaces parcourus est conservée, de façon qu'on puisse

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102. — Tableau synoptique des- attitudes successives d'un Goéland au vol projetées sur trois plans différents.

Fig.

juger, d’après l’écartement ou le rapprochement des images, de l'accélération ou du ralentissement qui se produit aux différentes phases du coup d’aile.

Les lignes verticales et numérotées qui réunissent les images des trois séries ont pour but de guider l'œil dans l'appréciation du synchronisme entre ces images.

Ce tableau n’a pas besoin d’être longuement commenté: le lecteur peut se rendre compte de la véritable position de l'aile à chaque instant, en examinant les figures qui expriment cette attitude sous trois aspects différents.

Chacune des trois séries porte dix images prises à des intervalles de temps égaux et représentant, dans leur ensemble, le cycle des mouvements qui se produisent à chaque coup d’aile. On a choisi arbitrairement, pour début de la période, l'instant où l'oiseau, vu d'en haut (série A), présente la plus large envergure!; à ce premier instant, l'aile est à peu près au milieu de sa phase d’abaissement et horizontalement tendue (série B); à ce moment aussi, le mouvement est si rapide que la résistance de l'air soulève la pointe des rémiges (série C).

Dans les images suivantes, l’abaissement de l’aile se continue et le carpe se porte de plus en plus en avant, jusqu'au moment où la remontée commence (ligne 4); le carpe se fléchit alors et les rémiges pendent verticalement. La flexion du coude, qui s'opère en même temps, diminue encore l’envergure de l'oiseau, de sorte que les ailes se serrent contre le corps pendant les

premiers temps de leur remontée (jusqu'à la sixième ligne).

A partir de cet instant, le déploiement de l’aile commence; le P Ù ;

coude et le carpe s'étendent à la fois, jusqu'au déploiement

1. La série À ne donne vraisemblablement pas la mesure exacte de l’envergure de l'oiseau. En effet, l'aile du Goéland se termine, dans la plupart des images, par des contours arrondis qui appartiennent à des plumes tectrices et non aux rémiges primaires dont la pointe est plus effilée. Mais l'oiseau qui à servi dans ces expériences avait les rémiges de couleur un peu foncée; elles n’ont pas donné leur image sur le fond imparfaitement obscur dont je disposais.

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