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le travail représenté par le poids d’un kilogramme élevé à un mètre de hauteur.
Le travail d'une machine, ou d’un moteur animé, peuttoujours être exprimé en kilogrammètres, mais à la condition que l’on connaisse bien l'intensité de l'effort déployé par le moteur et qu'on mesure exactement le chemin parcouru par le point d’application de cet effort. Or, cette mesure est souvent difficile à obtenir, surtout dans les mouvements compliqués et rapides comme ceux du vol.
$ 1499. Estimation du travail dépensé dans le vol ramé; insuffisance des données expérimentales sur les mouvements de l'oiseau. — Un certain nombre d'auteurs ont essayé toutefois de calculer le travail dépensé dans le vol, mais n'ayant que des données fort incertaines sur la nature des mouvements de l’oiseau, ils n'ont pu obtenir de mesure exacte.
On a beaucoup reproché à Navier d’être arrivé par le calcul à cette conclusion bien faite pour étonner : à savoir, que 13 hirondelles dépensent en volant un cheval-vapeur, c’est-à-dire 75 kilogrammètres, à chaque seconde. Ce qu'on doit lui reprocher surtout, c’est d’avoir basé ses calculs sur des données qui ne méritaient aucune confiance ‘.
exercer contre lui un effort constamment égal à l’action de la pesanteur, c'est-à-dire au poids P du corps. Get effort a dû se mouvoir ensens contraire de la pesanteur, c’est-à-dire verticalement, et sur un certain chemin quise mesure par la hauteur H à laquelle Ie poids a été élevé. Il s'ensuit que PH, mesure du travail effectué contre la pesanteur, estidentique à FE, mais s’applique à un cas plus particulier. Enfin les deux formules précédentes ne tiennent pas compte du temps employé dans le déplacement des corps ni de l’effet de l’inertie des masses. Lorsque cette nolion intervient, la formule du travail est 1/2MV°.
4. Navier, Mémoires de l'Institut, t. IT, 1829. L'auteur admet que l'Hirondelle, quand elle vole sur place, donne 28 battements d'ailes par seconde; 35 quand elle vole avec une vitesse de 15 mètres.
Il pense que la vitesse de l’aile est 3 à 4 fois plus grande que celle de la translation de l'oiseau, etc. Ces quelques exemples montrent que Navier a pris, comme point de départ pour ses calculs, des hypothèses dont nul observateur ne pouvait contrôler l'exactitude. — Voir, à cet égard : de Louvrié, Equation du travail. — Erreur de Navier. —— Aviation (extrait des Mondes).
Babinet, sans s'inquiéter de la nature des mouvements de l'oiseau ni de larésistance de l'air, crut pouvoir raisonner de la
manière suivante : « La pesanteur agissant sur l'oiseau le ferait tomber de 4,90 dans la première seconde; il faut donc, pour voler horizontalement, que l'oiseau dépense, à chaque se-
conde, le travail nécessaire à élever son propre poids à 4°,90. »
André’, Mayor* et d'Esterno ont très bien relevé l’incorrection de ce raisonnement*.
Goupil* admet qu'un Pigeon du poids de 420 grammes est capable de faire un travail égal à 2%, 50. C'est comme s'il élevait son propre poids à 5°,71 par seconde. La base des calculs de l’auteur est également hypothétique sur certains points”.
4. André, De la nuvigalion aérienne et de l'aviation, Paris, E. Giraud, 1885, page 8.
2. P. Mayor, Du maintien d'un corps dans l’espace au moyen d’une force motrice, Lausanne, imprimerie G. Bridel, 1885, p. 11.
3. Si, disent-ils, au lieu d’une seconde, Babinet avait pris deux secondes pour unité de temps, il aurait trouvé que l'oiseau, tombant dans ce temps de 4m,90 X 22— 192,60, devrait remonter son propre poids à 19,60 en deux secondes, soit 9®,80 par seconde. Ce travail est deux fois plus grand que celui que donnait le calcul basé sur la seconde comme unité de temps. Aussi d'Esterno conclut-il à la nécessité d’assigner sa véritable valeur au temps pendant lequell’oiseau est soumis à la force accélératrice de la pesanteur. Choisissant pour type un oiseau qui donne cinq coups d'ailes par seconde, il estime que chacune des chutes, ne pouvant durer qu’un cinquième de seconde, se réduirait à 0,20, Le travail qui compenserait l'effet de ces chutes ne serait plus, pour une seconde entière, que celui qui consisterait à relever l'oiseau cinq fois par seconde à 0,20 de hauteur, soit à 4 mètre seulement.
Cette évaluation serait encore exagérée; le raisonnement, comme l'expérience, montrent que l'oiseau ne tombe pas pendant l’abaissement de ses ailes; on ne pourrait donc attribuer à la chute de l'oiseau que la moitié environ de la révolution alaire, soit 1/10 de seconde, temps pendant lequel les ailes se relèvent entre deux coups frappés sur l'air. Pour cette dernière correction, la chute de l'oiseau se réduirait à 0,049, cinq fois par seconde, soit 0,245 à la seconde.