‹ Physiologie du mouvement. vol des oiseauxChapitre 108 sur 123 · VITESSES HORIZONTALES · texte numérisé non relu

VITESSES HORIZONTALES

Au moment où l*aile est élevée le plus possible, les muscles qui servent à rabaisser sont à leur maximum de tension; le premier mouvement de laile doit donc être assez rapide: à ce moment elle est presque verticale; sa partie antérieure, en s'abaissant par une rotation autour d'un axe presque parallèle à la direction du vol, détermine un appui surTair en même temps que la position inclinée que les rémiges prennent par suite de la résistance même de Tair détermine un mouvement de propulsion, dû à la composante horizontale de la résistance de Tair; Taile se trouvant alors former, au moins en partie, un plan oblique àladirection du vol, et la résistance de Tair étant perpendiculaire à ce plan, concourt aux deux effetsde propulsion en avant et de soutien vertical. Vers le moment où Taile est complètement abaissée, la vitesse horizontale atteint un maximum, et reste ensuite sensiblement constante ; la seule force horizontale qui agisse pendant ce temps sur Toiseau est la résistance de Tair, qui est très faible, puisqu'elle n'agit que sur un corps de forme allongée animé d'une faible vitesse, savoir, la partie indéformable du corps de l'oiseau, et sur les ailes, qui présentent à cet instant leur tranche antérieure dans le sens du mouvement.

On sait {Mécanique industrielle de Poncelet) que la résistance opposée par l'air au mouvement d'un prisme dont la longueur est trois fois le côté antérieur est égale à

Q = 0,0625 Xi,iOxAY«,

où A est la surface antérieure du corps en mètres carrés, et V la vitesse en mètres. Admettant, comme première approximation, que l'oiseau expérimenté présente dans le sens horizontal une surface de i décimètre carré pour la partie invariable, et que sa longueur soit trois fois son plus grand diamètre, on voit que l'on obtient pour première valeur de la résistance de Tair dans le vol observé, où la vitesse moyenne était d'environ 6,00 pour la première épreuve et 6,50 pour la seconde,

La résistance de lair sur la partie indéformable du corps de l'oiseau, dont les formes allongées à l'avant et à l'arrière facilitent le mouvement, sont plus faibles encore, etlorsque les ailes présentent leur tranche, elles offrent une résistance insignifiante. On peut admettre que cette résistance est au plus de 20 grammes.

Pendant que Taile se relève, la résistance de Tair continue d*agir, et la vitesse devrait diminuer jusqu'à rabaissement suivant; elle parait cependant croître un peu vers la fin du coup d'aile.

Ce fait s'explique si Ton considère que les ailes se portent en arrière pendant le relèvement, et que ce mouvement se produit avec une vitesse un peu moindre que celle prise par les ailes dans le mouvement d'abaissement; Taile s'abaisse en effet un peu plus vite qu'elle ne remonte, ainsi que l'a constaté M. Marey.

Bien que, pendant le mouvement de relèvement, les plumes de l'oiseau tournent sur elles-mêmes pour présenter leurs tranches à l'air, les deux ailes n'en constituent pas moins deux corps animés d'un mouvement d'avant en arrière par rapport au corps de l'oiseau, et il peut se faire que l'air presse un peu sur la surface arrière de Taile.

Il est à présumer que cet accident ne se produirait pas dans le plein vol, une fois que l'oiseau aurait pris toute sa vitesse, celle-ci étant devenue suffisante pour que l'aile, même dans le mouvement de relèvement, fuie en avant par rapport aux molécules d'air situées au-dessus d'elle.

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