C. H. de TAcad. des Se, t. LIX, p. 907, 18C
point de repère pour évaluer les déplacements d*un oiseau dans l'espace, c'est son ombre qu'il faut chercher à voir, et quand cette ombre se projette au voisinage de l'observateur, celui-ci peut se rendre compte de la rapidité de son mouvement grâce aux repères pris sur le sol.
Enfin, les voyages en chemin de fer donnent parfois l'occasion d'apprécier la vitesse du vol des oiseaux, quand ceux-ci vont parallèlement à la marche du train et dans le même sens.
On voit alors que les Passereaux sont fortement distancés par les trains express, dont la marche normale est de 18 mètres par seconde ; les Corneilles aussi ont une vitesse inférieure à celle des wagons. Mais les Pigeons les accompagnent et les dépass^mt fréquemment; les Hirondelles volent encore plus vite; quant aux Martinets, ils dépassent facilement les trains les plus rapides.
Ce qui diminue Tintérèt des mesures que nous venons dit citer, c'est que diverses influences cliangent énormément la vitesse du vol chez les oiseaux rameurs.
Le vent est de ce nombre : d'après Van Roo^»eb«?cque. It^ Pigeons voyageurs, par un vent debout soufflant «vec îonte. tuf feraient pas plus de 5 kilomètres à l'heure, au Vum de 2^% ou r^lj qu'ils font par un temps calme.
La pesanteur întenrient également pr^ur modififrr ht rH^iAïiA du vol : si Toiseao s'élève^ sa vitesse diminue: fe'il dt-^MîiA, t4Ui s accroît.
§ 33. Étendue que pareooreiit certaiiu oiseanx en voUot. -
C'est encore sur les Pigeons qu'on a le ihuihx tU^U^rmïtuk U longueur du trajet parcouru d'une traite, .%Jdrovaaide ri$\/\Mfti*f qu'un de ces oiseaux alla d'AIep à Babyione. Myjt un ij^n^ohni t\*t 625 kilomètres, en 48 heure*, et sïi«*t v'yva^er La u^ûi.
Un célèbre Pigeon. nfHumé GUuJiaieuf. fit <'i4 u$t jour It-irmi'i de Toulouse à Versaîlle* 5^;^i kiloiue1f«riï ,
Un Faucon de Heurt II. ^'^^tr^ a la 'ïi^t^f^- dÂsit^ la foi'** 4é* Fontainebleau, fut retn^uvé Jf «?urJeûd»fjiiaJfj d^h^ J jje 4*-- féaiUi. Il avait donc pareouru djàSih cet juien^jJi^ dt 0;iiij/» i 4^)0 Milo mètres.
Rien de plus variable, du reste, que l'étendue du vol de Toîseau suivant les circonstances. Certains Passereaux, dont le vol est généralement peu étendu, traversent les mers en ypktnt par grandes bandes à des hauteurs considérables et hors de portée de la vue. La Caille, qu'on ne voit guère voler à plus de 300 mètres lorsqu'elle réside chez nous, effectue des parcours fort étendus au moment de ses migrations.
Cet exposé sommaire suffit pour montrer que l'observation des oiseaux ne peut donner que des notions fort incomplètes sur le mécanisme du vol; les points sur lesquels les différents auteurs s'accordent sont en petit nombre. Or, quand une question est controversée, c'est que personne encore ne Ta abordée avec des méthodes suffisamment précises et capables de montrer la vérité avec le degré de clarté nécessaire. Les mêmes discussions se sont produites relativement à d'autres problèmes de la locomotion animale, tels que les allures du Cheval, les mouvements de la marche de l'homme, ceux de la course et du saut. Les méthodes précises qui ont résolu ces problèmes ne seront pas moins puissantes pour analyser les actes mécaniques du vol.
Il était toutefois nécessaire d'exposer les résultats fournis par l'observation; l'expérience, en effet, n'intervient qu'à son heure, lorsque les questions sont déjà posées et lorsqu'on voit clairement la direction à suivre dans les recherches.
Une autre préparation est nécessaire avant d'aborder l'analyse expérimentale des mouvements de l'oiseau : il faut faire connaissance avec Tanatomie et la physiologie des organes du vol. Ce sera l'objet des chapitres prochains.