J LAJSNÉ, ÉDITEUR, GALERIE VÉRO-DODAT
l'HVSIOlOGIE
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PABIS.
JCI.KS I.AISNÉ, r;i)jTi-i;n, pass. vÉno-DonAT.
Paris. — Typ Lacraupr H Comp. rue DamicUc. 2.
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i:\rito[iit;Ti«K.
B ne sais plus quelle voix glapissante s'est écriée un beau matin :
ta poétie t'en va.
Il esl forl possible i|uc la poésie s'en aille , uu s'en soil déjà allée; je suis même assez de cel avis; mais ï coup sur les poètes anivcni.
Nous avons aujourd'liui les iustrumetils moins rjii!tpir:uion , l'orcliesire muins In musique.
Il est l)ien certain qu'en ce siècle de progrès oii les wagons des chemins de fer vont aussi
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vite que les coucous^ nous avuiis inveiué beaucoup de choses, les Charles, les religions, le bilurae et les forlifications de Paris; mais nous avons entièrement négligé de confectionner des poëmes comme la Divine Comédie^ et des drames comme Hamlet et le Cid, Il faut même dire pour être justes, que la colère de Phèdre et les plaintes d'Iphigénie n'ont pas été entièrement étouffées par les hoquets de la muse nouvelle et les rugissements du drame moderne.
C'est un fait triste à constater, mais il existe. En revanche, nous avons des trottoirs de six pieds de large, des becs de gaz dorés, des bornes-fontaines en abondance et des rues de plus en plus tirées au cordeau.
Si j'avais le moins du monde la prétenliofi d'être un homme sérieux , j'intercalerais ici une tirade philosophique à effet sur les envahissements de l'industrie ; mais je ne suis pas encore assez laid et assez chauve pour cela.
Cependant, malgré le développement de l'industrie et de la politique, ces deux ennemis de l'art pur, les poètes se multiplient comme les pains de l'Evangile. Avec un poète, on en fait mille.
II y a deux mille ans à peu près, Cicéron jeta
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dans la circulalion un pclit paradoxe qui a fait convenablement son chemin : Nascunlur poelœ fiunl oralores. Si Ton veul se donner la peine de vérifier le petil nombre de nos orateurs comparaliveraent avec le grand nombre de nos poêles, on verra qu'il faut- retourner le proverbe de Tavocat romain.
Aujourd'hui cliacun est un peu poêle pour être comme tout le monde. — On se fait poêle comme on a la croix-d'honneur, pour ne passe distinguer.
Il va sans dire que lous les poêles onl du génie : c'est ce qui fait que la poésie est morte ; mais les poêles se portent bien.
Le poêle naît partout, à Ponioise età Pézenas, ce qui n'empêche pas qu'après sa mon, sept ou huit villes se disputent Thonneur de ne lui avoir pas donné le jour.
M. de Balzac, dont je suis loin de contester Pimmense talent, et qui d'ailleursvient de trouver, assure-t-on, la pondérabilité des idées, M. de Balzac est arrivé à la découverte d'un système dont l'application simplifie singulièrement l'épineuse question de savoir si l'on est ou si l'on n'est pas un grand poëte; selon lui, tout ce qui est né au delà de la Loire a du génie; tout
ce qui a eu le malheur de recevoir le jour en deçà, n'en a pas : Sic voluere fata. Ce qui fait que le talent vi le créliiiisme se pnrlagenl la France en deux parties égales. D'après ce système ingénieux , Textrait de naissance serait la véritable pierre de touche du génie. Nous sommes fâchés que la position géographique de notre ville natale ne nous permette pas de partager les sérieuses convictions du plus fécond de nos romanciers.
En écrivant la Physiologie du Poète, Tauteur n'ignore pas qu'il répond à un besoin généralement senti. On veut connaître, en effet, ce que peut être cet ibis égyptien , ce fossile , ce mastodonie, cette momie rétrospective qui s'obstine à chanter sur la lyre de grandes ou de petites choses , quand le public se fait de plus en plus bourgeois et ne songé plus qu'à écumer son potau-feu.