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II. — EXCITANT FONCTIONNEL

L'excitant fonctionnel de la fonction cérébello-motrice, analogue à tous les excitants fonctionnels, est représenté par le mouvement physiologique transmis à travers une libre impressionneuse. D'où vient cette libre impressionneuse ? quelle est la cause qui a réveillé son activité? où aboutit-elle?

Les fibres impressionneuses qui réveillent l'activité fonctionnelle du cervelet proviennent des centres médullaires et sont en partie représentées par les cordons postérieurs, qui, comme on le sait, sont formés par les prolongements des racines seusitives à travers les cellules de Rolando. Ces fibres, après s'être mises en rapport avec les olives du bulbe, donnent d'abord naissance aux pédoncules inférieurs, et un peu plus loin, au niveau de la protubérance, aux pédoncules moyens. Réunies dans les pédoncules inférieui*s et moyens, les fibres impressionneuses aboutissent aux olives cérébelleuses, se mettent en rapport avec les cellules de cette région, et de là vont aboutir aux cellules de la périphérie corticale.

En considérant la mission excitatrice des fibres impressionneuses dont nous venons de parler, on entrevoit un des motifs qui font que la sclérose des cordons postérieurs est accompagnée d'ataxie locomotrice.

§ m. — MATIÈRE FONCTIONNELLE.

Semblablement & ce qui a lieu dans les autres parties du système nerveux, la matière fonctionnelle du cervelet est fournie par l'élément cellulaire ; mais cette matière varie selon les propriétés physiologiques des cellules. Nous savons que la matière fonc*

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tionnelle du cerveau est constituée par des perceptions organi* quement représentées par des cellules. La matière fonctionnelle du cervelet ne renferme pas de perceptions ; les cellules qui la représentent reçoivent le mouvement impressionneur sous forme d'excitation pure et simple. Mais, si le cerveau par ses propriétés physiologiques semble être au-dessus du cervelet, ce dernier a sur lui rimmense avantage de ne se tromper jamais dans la distribution du produit fonctionnel : dans le cerveau les choses sont arrangées pour percevoir et vouloir ; or on peut percevoir mal et vouloir encore pire. Dans le cervelet les éléments organiques sont classés de telle façon que,[sous Tinfluence excitatrice, qui peut varier du plus au moins, du fort au faible, le mouvement fonctionnel aille toujours vers le but pour lequel il a été créé, proportionnant son intensité et son énergie à Tintensité et à rénergie de la cause excitatrice. Cependant le cervelet peut participer quelquefois aux errements de la volonté , quand , par exemple, à la faveur des liens qui, sous le nom de pédoncules supérieurs j unissent les centres cérébelleux au noyau de l'encéphale , la volonté dirige la fonction cérébelleuse dans un but déterminé. Dans ce cas le cerveau excite ou modère les énergies fonctionnelles du cervelet selon les exigences du but à atteindre. Ainsi donc, la matière fonctionnelle du cervelet est représentée par les propriétés physiologiques des cellules cérébelleuses périphériques, c'est-à-dire par un mouvement. Que devient ce mouvement? Le mouvement fonctionnel cérébelleux se communique des cellules aux fibres motrices jusqu'aux olives cérébelleuses, et de là il suit le trajet des pédoncules moyens et inférieurs jusqu'aux divers centres disséminés dans l'axe médullaire.

La transformation de la matière fonctionnelle cérébelleuse en mouvements fonctionnels n'est pas plus appréciable directement que celle du cerveau et de la moelle ; mais les effets de cette transformation sont visibles et analysables : ces mouvements fonctionnels ont pour but de maintenir en état d'activité fonctionnelle les divers centres médullaires pendant le temps nécessaire à l'accomplissement régulier des fonctions cérébro-motrices de relation, de nutrition et de reproduction.

La manière dont nous venons d'analyser et d'expliquer la fonction cérébello-motrice suscitera peut-être des objections; mais.

MÉCANISIIB DB LA FONCTION CÉRÉBUXO-MOTIUGE. 400

jusqu'à ce que l'on soit parvenu à rinfirmer par des raisom sérieuses, nous la considérons conune étant l'expression de la vérité relative, la seule que nous puissions atteindre en ces sortes de matières. Dans tous les cas, notre hypothèse repose sur une base plus physiologique que celle des localisateurs :

Nous avons considéré le cervelet non plus comme un organe coordinateur, régulateur, législateur, à la façon dont l'entendent Gail, Flourens et les autres localisateurs, mais comme un oi^ane chargé de recevoir les impressions provenant de l'activité fonctionnelle des muscles et de fournir l'énergie de cette acti\îté selon les nécessités du but à atteindre. En d'autres termes, à la place d'un organe tout-puissant par lui-même et sécrétant au dehors les effets de sa puissance, nous avons mis un mécanisme fonctionnel qui entre comme élément dans l'accomplissement de toutes les fonctions cérébro et méduUo-motrices,

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