AU BESOIN DU LANGAGE
L'élément cellulo-impressionneur de l'homme possède, comme celui de l'animal, la propriété d'être affecté agréablement ou désagréablement et la faculté d'exprimer par des mouvements ces
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deux manières d'être ; mais dans celui de l'homme nous trouvons une propriété nouvelle, qui le rend apte à être affecté distinctement par toutes les qualités sensibles et supra sensibles des objets impressionnants. Le besoin] de traduire par des mouvements ces qualités et la manière dont elles ont affecté l'élément cellulo* impressionneur constitue le besoin du langage, et l'exécution de ces mouvements est accomplie par une fonction de relation que nous désignons sous le nom de cérébro-motrice du langage.
Les liens qui unifient le besoin du langage à la fonction du môme nom sont analogues à ceux qui unissent les autres besoins cérébraux aux mouvements fonctionnels : l'élément cellulo-im* pressionneur est uni par ses prolongements aux éléments cellulomoteurs, constituant par leurs groupements les différents centres de mouvements, et, selon que le langage est mimique ou parlé, l'élément cellulo-impressionneur agit sur les appareils sensoriels, sur les organes de la locomotion ou sur l'organe de l'expression.
La fonction du langage, analogue à toutes les fonctions que nous avons énumérées jusqu'ici, est une fonction cérébro-motrice de relation, composée de la fonction cérébro-motrice et de plusieurs fonctions exécutées par les instruments de la vie de relation.
§ V. ~ CARACTÈRES DES MOUVEMENTS FONCTIONNELS QUI AGCOMPAONKlfT L'EXBRCIQB des fonctions Ci^RÉBRO-MOTRICES DE REI«AT10N.
Mouvements attractifs^ répuhifs et expressifs. — Les fonctions dont nous venons de déterminer l'existence correspondent exactement à tous les besoins organiques du cerveau dans ses rapports avec la vie de relation et représentent, dans ces conditions, toutes les activités fonctionnelles possibles de ce dernier ; elles comprennent : 1" une fonction essentiellement cérébrale et intrinsèque, la fonction cérébro-motrice y trouvant sa raison d'être et les moyens de son accomplissement dans les éléments histologiqucs du cerveau ; 2^ des fonctions cérébro-motrices de relation, trouvant leur raison d'être dans les éléments histologiques du cerveau, mais ne pouvant s'exercer d'une manière complète qu'avec le concours des instruments do la vie de relation.
Grâce à ces fonctions, l'animal qui vient de naître, préparé par le besoin et déterminé par l'excitation fonctionnelle, se trouve immédiatement possesseur des moyens qui lui permettent de se mettre en rapport avec le monde extérieur et de donner ainsi satisfaction au besoin de mouvoir son corps, au besoin d'approprier les appareils des sens, au besoin d'exprimer par le cri sa manière de sentir.
Les mouvements de la locomotion, de l'expression et des appa< reils sensoriels sont la première transformation du produit organique de l'activité cérébfale ; ils succèdent en effet aux premières impressions reçues. Dans les premiers temps, ces mouvements fiont pour ainsi dire inconscients, et leur direction tient bien plus à l'harmonie préétablie qui existe entre certains groupes d'éléments cellulo-moteurs et cellulo-impressionneurs qu'à l'intervention directe du centre de perception. C'est pourquoi ces mouvements sont exécutés en quelque sorte sans but et sans mesure ; mais peu à peu, sous l'influence de l'exercice, les divers éléments histologiques du cerveau fonctionnent avec plus de précision; l'élément cellulo-impressionneur manifeste d'une manière plus distincte sa propriété admirable de pouvoir être affecté agréablement ou désagréablement, et grâce à cette propriété, que l'attention aiguise, que l'expérience développe, les mouvements désordonnés, sous l'influence des premières impressions, acquièrent plus de rectitude ; ils ont un but mieux défini et assez caractérisé pour qu'on puisse les désigner désormais par des noms spéciaux qui rappellent les diverses modalités de l'élément cellulo-impressionneur.
Ces mouvements sont attractifs^ et alors ils dirigent le centre de perception vers l'objet qui procure l'impression agréable; souvent des organes spéciaux, créés dans ce but, s'emparent de l'objet impressionnant au moyen d'un ensemble de mouvements que nous désignons sous le nom de préhension ; si l'impression est désagréable, le centre de perception provoque des mouvements de répulsion, de dégoût, d'éloignement, que l'on peut confondre sous le nom de mouvements répulsifï ; enfin des mouvements spéciaux exécutés par les diverses parties du corps peuvent, sans que ces dernières changent de place, exprimer si l'impression reçue a été agréable ou désagréable ; à ces mouvements, que
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nous désignons sous le nom de mouvements expressifs, se rattache la fonction expressive par excellence que nous avons dénommée fonction cérébro-motrice expressive.
Au premier abord on serait tenté de considérer les divers mouvements que nous venons de qualifier comme étant le résultat de fonctions distinctes; ils ont en effet un but bien défini, comme leur nom l'indique ; mais il ne faut pas oublier que ces mouvements n'ont pas d'organe spécial affecté à leur exécution, et qu'ils peuvent être indistinctement accomplis par les organes de la locomotion, par les appareils sensoriels et par l'organe du cri : les membres, les appareils des sens, le cri peuvent exécuter des mouvements tour à tour attractifs, répulsifs ou expressifs, mais en agissant ainsi ils remplissent une fonction cMbro-motrice de locomotion, sensorielle ou expressive, qui revêt le caractère de Y attraction, de la répulsion ou de ^expression. Ce caractère, véritable manteau qui recouvre la fonction, provient lui-même de la propriété que possède l'élément cellulo-impressionneur de pouvoir être impressionné agréablement ou désagréablement. Cette propriété imprime son cachet à toutes les fonctions cérébro-motrices sans exception, parce que dans toutes l'élément cellulo-impressionneur joue un rôle nécessaire et fatal. Sans doute c'est pour avoir méconnu cette participation nécessaire de l'élément cellulo-impressionneur à toutes les fonctions cérébro-motrices que jusqu'ici on a inventé des fonctions de sensibilité, La sensibilité, nous l'avons déjà dit, ne peut pas constituer une fonction; elle n'est tout au plus qu'un élément fonctionnel.
ARTICLE IIL
FONCTIONS c£rBBR0-M0TRIG£S DE NUTRITION, CORRESPONDANT AUX DIVERS BESOINS DE Li VIE DE NUTRITION.
Cependant le cerveau ne se borne pas à transformer le produit organique de l'activité cérébrale en mouvements fonctionnels, dans le but exclusif de donner satisfaction à ses besoins organiques; d'ailleurs il n'est pas isolé dans l'organisme, et, si pour vivre et fonctionner il ne peut se passer du concours des autres organes, à leur tour ces derniers exigent impérieusement de lui qu'il mette
sa manière de vivre spéciale et ses fonctions à la disposition des besoins généraux de l'organisme. C'est ce qui arrive, et nous voyons le cerveau concourir non-seulement par ses fonctions à la vie de relation, mais encore à l'accomplissement des fonctions de nutrition et de reproduction, en dirigeant des fonctions spéciales destinées à l'entretien du corps et à sa reproduction.
La destinée qui oblige les animaux à entretenir et à conserver la vie réclame le concours spécial de plusieurs fonctions cérébro^ motrices de relation : l'aliment ne vient pas tout seul au-devant de l'animal ; ce sont les fonctions cérébro-motrices de locomotion qui portent le corps au-devant des objets destinés à satisfaire les besoins delà faim et de la soif; mais, une fois en présence de l'objet, il faut le prendre et se l'incorporer : à ces nécessités correspondent des mouvements fonctionnels dont l'ensemble porte le nom de préhension et des fonctions annexes des fonctions nutritilives, mais qui dépendent, par leur mécanisme, des fonctions cérébro-motrices ; ce sont: la succion, la mastication, la déglutition. Le corps ne se borne pas à s'incorporer des aliments : il est fatalement obligé de se débarrasser de ce qui n'est plus nécessaire à la vie et de rendre au monde extérieur, sous une forme nouvelle, ce qu'il lui avait emprunté. A cette nécessité correspondent Vurination et la défécation.
Les fonctions dont nous venons de parler, et qui concourent directement aux exigences de la vie nutritive, sont composées de la fonction cérébro-motrice et des fonctions propres aux organes de nutrition que celle-ci met en jeu. C'est pour ces motifs que nous désignons ces fonctions sous le nom de fonctions cérébromotrices de nutrition.
ARTICLE IV