‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 58 sur 197 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De Pimpression en général.

Qu'est-ce qu'une impression ? Nous avons déjà vu, en parlant des fonctions du système nerveux, que pour manifester leurs propriétés physiologiques les nerfs avaient besoin d'un excitant spécial provenant du dedans ou du dehors. Tantôt en effet c'est l'aliment qui, mis en contact avec les papilles nerveuses de l'estomac, impressionne ces dernières et provoque ainsi dans les nerfs le mouvement moléculaire fonctionnel qui à son tour doit réveiller la sécrétion du suc gastrique ; tantôt c'est l'air qui, réveillant l'activité propre des nerfs bronchiques, provoque ainsi l'apparition des conditions favorables à l'échange gazeux dont la respiration est le but ; tantôt enfin c'est le sang lui-même qui réveille le mouvement fonctionnel des nerfs glandulaires par les propriétés particulières dont il est doué.

Dans tous ces exemples, l'activité fonctionnelle des nerfs est mise en jeu par le contact d'un corps spécial avec les radicules nerveuses; c'est ce contact qui constitue réellement l'impression.

Mais en quoi consiste le contact d'un corps avec les radicules nerveuses? quels sont les phénomènes qui se produisent au mo-

ment de cette rencontre? Nous essayerons de répondre à ces questions.

Tout corps qui en rencontre un autre communique à ce dernier quelque chose de lui-même et réciproquement ; Tindifférence n'existe point en pareille circonstance et il est toujours possible de constater une modification résultant de ce contact : si le corps qui rencontre Tautre est en mouvement, il lui donne une partie de son mouvement (impression mécanique) ; si le mouvement mécanique ne peut pas être communiqué par suite de la résistance du corps choqué, le mouvement n'en est pas moins transmis et reçu, mais i^se transforme, dans le corps qui résiste, en un autre mouvement : chaleur, électricité, lumière (impre»^ sion physico-djrnamique) ; si les corps qu'on met en contact sont immobiles, ils n'en agissent pas moins l'un sur l'autre : ils peuvent s'attirer, se repousser, se mbdifier même chimiquement (impression chimique).

De ces divers exemples il est facile de retirer une notion générale de ce qui se passe au contact de deux corps. En effet, dans le contact de deux corps dont les masses sontjiBlativement immobiles, il y a, comme nous le disions tout à l'heure, influence réciproque. Or cette influence ne se produit pas et ne peut pas se produire sans le concours du mouvement, car on ne peut pas imaginer une substance qui se modifie sans cette condition : immobilité dans le sens absolu du mot et modification sont deux termes tout à fait incompatibles et dont l'assocfation est un non-sens.

Les considérations qui précèdent nous permettent de définir l'impression : le mouvement particulier que réveille le contact de deux corps. On distingue ainsi le mot impression du mot contact^ qui signifie, sans rien préjuger, la rencontre de deux corps. Il y a dans l'impression quelque chose de plus que dans le simple contact : qui dit impression énonce l'action d'une cause déterminante sur un objet modifiable. Nous allons appliquer ces principes à l'étude des impressions de l'organisme en suivant le plan que nous avons adopté jusqu'ici, c'estrà-dire en étudiant d'abord le phénomène impression dans la vie organique et ensuite dans la vie fonctionnelle.

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