‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 114 sur 136 · IX. Sons> subjectifs · texte numérisé non relu

IX. Sons> subjectifs

Les sons purement subjectifs sont ceux qui tiennent , non à des ondes impulsives , mais à un état d'excitation dans le nerf auditif, car quelqu' excitation qu'éprouve ce nerf , il la ressent comme son, ill'entend. Tels sont les tintemens et bourdonnemens d'oreilles chez les personnes qui ont les nerfs délicats , ou le cerveau malade , et chez celles dont le nerf auditif lui-même est le siège d'une lésion ; tel est encore le bruissement qu'on discerne dans ses oreilles après avoir longtemps couru dans une voiture dure. Quelques-unes des expériences de Kitter sur l'électricité ont été accompagnées de manifestation d'un son dans l'oreille : ici l'affection du nerf auditif est déterminée par le seul courant du fluide électrique, qui donne lieu à une sensation de lumière dans l'œil , à une sensation tactile dans les nerfs du toucher , à la sensation

(1) De Gebawdo, Z)e V éducation des sourds-muets , Paris , 1827, 2 vol. in-8.

d'une odeur phosphoreuse dans les nerfs olfactifs , à celle d'une saveur ai^releite ou acre dans les nerfs gustatifs. On peut consulter à cet ég^rd ce que j'ai dit dans Tinlroduction à la physiologie des sens.

Il faut distinguer des sons purement subjectifs ceux dont la cause ne réside pas uniquement dans le nerf auditif, mais tient à un son qui s'est produit dans les organes eux-mêmes de l'audition. Ici se range le bruisseqaent qui s'observe dans les cas de congestion vers la tête et Toreille , ou .dans ceux de dilatation anévrismatique des vaisseaux. Souvent même on entend déjà , sous la forme d'uo sifflement saccadé , le simple bruit de ja circulation du sang dans l'oreille. Ici prennent place encore et le craquement qui accompagne la contraction des muscles des osselets de Touïe, et le bruit qu'on entend lors- f| que les muscles du voile du palais se contractent, qu'on baille, que Ion condense l'air de la caisse tympanique de manière à tendre la membrane du tympan, qu'on se mouche» qu'on abaisse violemment la mâchoire inférieure, etc. J

.Le bourdonnement d'oreilles qui accompagne l'oblitération 1

de la trompe d'Eustache ne peut point encore être expliqué *

d'une manière suffisante. ,,

M Le docteur Henle présente cette particularité individuelle <

qu'en passant légèrement le doigt sur sa joue, il excite un bruissement dans Toreille. Ceci peut dépendre d'une action réfléchie du nerf facial sur le cerveau et par suite sur le nerf acoustique , ou aussi d'un mouvement de réflexion des muscles des osselets de l'ouïe.

Page 1