‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 16 sur 136 · Anches membraneuses avec corps de tuyau et porte-vent · texte numérisé non relu

Anches membraneuses avec corps de tuyau et porte-vent

Non seulement les longueurs que le porte-vent et le corps de tuyau seuls doivent avoir pour qu'on obtienne un certain abaissement du son d'une languette ne sont pas égales mais encore il n'y a pas non plus compensation de l'une par l'autre. S'il s'opérait une compensation , il est clair que quand une longueur n du corps de tuyau donnerait le son x avec la languette sans porte-vent , une longueur moindre de ce tuyau, n — a devrait, avec un porte- vent a , reproduire le son X. Or c'est ce qui n'arrive point. Ainsi, par exemple, un corps de tuyau de douze pouces et demi donnait/a^j avec la languette ; mais si ces douze pouces et demi se trouvaient répartis de manière qu'il y en eût six et un quart pour le corps du tuyau et autant pour le porte-vent , le son était sol^^. Un corps de tuyau de sept pouces et demi donnait la]^^ avec une languette ; ces sept pouces et demi , distribués entre le corps de tuyau et le porte- vent , donnaient rè^.

Si Ton rend le corps de tuyau et le porte-vent assez longs chacun pour que le premier donne avec la languette (en soufflant de la bouche ) le même son que celui auquel la languette

DE LÀ I»RODUCTION DU SON. ' 5j

donne lieu avec le porte-vent seul soufflé par l'autre bout , on obtient le même son de cette languette munie d'un corps de tuyau en avant et d'un porte-vent en arrière. Celte expérience a été répétée bien des fois ,*et le résultat n'a jamais varié. De cette particularité et de ce qui précède , il semble découler que les colonnes d'air du corps de tuyau et du porte-vent influent chacune sur le son de la languette , en sorte que si le corps de tuyau et le porte-vent , essayés chacun à part avec la languette , donnaient des sons différens , ils exerceraient aussi une influence différente sur la languette. Le tuyau à anche devient donc plus compliqué encore , par l'addition d'un porte-vent, qu'il ne l'était déjà parcelle d'un corps de tuyau, et comme chaque fois qu'il parle , que ce soit par l'effet de la bouche ou par celui d'un soufflet, le réservoir d'air doit toujours être considéré comme porte-vent , la simple expérience d'une languette avec corps de tuyau qu'on fait parler à l'aide de la bouche donne un exemple du son modifié par un portevent. Connaître l'action réciproque de ces influences serait de la plus haute importance pour la théorie de la voix , puisque là il y a à la fois un corps de tuyau ( l'espace au devant des ligamens inférieurs de la glotte ) et un porte-vent (trachéeartère et bronches). Mais c'est un des problèmes les plus difficiles de l'acoustique , et il m'a été impossible d'arriver à rien qui se rapprochât d'une règle. Je ne vois que la confirmation constante du fait qu'à une certaine longueur du corps de tuyau, l'allongement du porte-vent change toujours le son, jusqu'à ce que les influences réciproques soient devenues égales. Lorsque le porte-vent a une longueur déterminée , et qu'on allonge le corps du tuyau , on obtient un abaissement jusqu'à une certaine limite -, allonge-t-on davantage , le son repasse par un saut à son élévation primitive ; puis, après un nouvel allongement, descend encore jusqu'à ce qu'il saute de nouveau, ce qui se reproduit avec régularité. Quelques unes des expériences citées précédemment, dans lesquelles on se

servait d'un court porte-vent pour faire parler la languette munie d'un corps de tuyau , appartiennent déjà ici.

Dans une anche longue de six pouces, le son fondamental rê^ tombait à mi^^ avec un corps d& tuyau de quatre pouces ; un tuyau de quatre pouces et demi le ramenait à ré^^ ; il tombait à cinq pouces , et atteignait ré^ avant six pouces ; à partir de ce dernier terme , il retombait , et à huit pouces et demi il était ut^^ , ce qu'il restait jusqu'à seize pouces et demi ; là il remontait de nouveau à re^ ; de dix-huit à vingt-quatre pouces , il était plus grave , w^^ ; à vingt-sept pouces et demi » il remontait à re\ ; à trente pouces et demi , il était retombé à ut^^ , et il restait là jusqu'à quatre pieds.

Page 1