iVer/" optique et rétine
C'est dans la structure de ces organes qu'on observe les différences les plus remarquables chez les animaux. i
Le nerf optique se compose toujours de fibres primitives ayant la même organisation que celles du cerveau. Ces fibres
(i) Philos. Trans.yiS^e,
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sont très-déliées, beaucoup plus que celles d'aucun autre nerf. Tantôt le nerf optique entier a une structure simplement fibreuse, comme chez l'homme; tantôt les fibres se disposent en feuillets sur certains points, le chiasma par exemple , de manière que les feuillets de l'un des nerfs se glissent entre ceux de l'autre, comme chez les Oiseaux et les Reptiles ; tantôt , enfin, le nerf entier est membraneux dan$ son trajet du cerveau à l'œil, disposition que Malpighî avait constatée chez TEspadon , et qui paraît être générale chez les Poissons. Si l'on ouvre la gaîne du nerf, celui-ci so montre sous l'aspect d'une membrane plissée en manière d'éventail , et la rétine semble ne provenir que de son déploiement , ce qui d'ailleurs s'accorde parfaitement avec la construction de la rétine des Poissons , car celte membrane offre encore deux bords hbres , attendu qu'elle est fendue depuis sa partie antérieure jusqu'au fond de l'œil.
L'union que les nerfs optiques contractent l'un avec l'autre, après leur origine , mérite de fixer l'altenlion. On peut distinguer, à cet égard , les formes suivantes :
1" Conformation des Poissons osseux. Ici les deux nerfs sont unis, après leur origine, par une étroite commissure transversale ; après quoi ils se croisent , sans entremêler leurs fibres , et vont se rendre , le droit à l'œil gauche , le gauche à l'œil droit.
2" Conformation des Poissons cartilagineux. Les nerfs ne se croisent pas , comme chez les Poissons osseux j ils sont unis intimement par une commissure, dont on ne connaît pas la structure intime. Cette conformation se rapproche beaucoup du chiasma des animaux supérieurs.
3° Chiasma des Reptiles et des Oiseaux. Il ressemble extérieurement à celui des Mammifères ; mais sa texture est lamelleuse; les feuillets d'un des nerfs se glissent entre ceux de l'autre , en se croisant , comme font les doigts de la main lorsqu'on les entrecroise. On ignore encore si toutes les fibre^
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participent à cette décussation, ou s'il y en a un certain nombre qui continuent de marcher du même côté. :
4® Chiasma des Mammifères et de riiomme. Là point de structure lamelleuse. Les fibres des deux nerfs éprouvent une décussation partielle dans le chiasma ; celles qui ne se croisent pas continuent de marcher du même côté. Cette conformation est plus facile à apervoir chez les animaux que chez l'homme.
La structure intime de la rétine a été déterminée dans ces derniers temps par une découverte de Treviranus (1) et par les observations de Gottsche (2). Celte membrane se compose de trois couches principales, une externe pultacée ou granuleuse , une médiane formée de fibres nerveuses , et une interne formée de cylindres , qui sont la continuation de la couche fibreuse. Le nerf optique se divise en cylindres nerveux , qui s'épanouissent en rayonnant dans la couche médiane ou fibreuse. Chaque cylindre nerveux ou chaque faisceau de cylindres s'écarte , suivant Treviranus , de la direction horizontale à un certain point de son trajet , et se dirige vers le côté interne de la rétine , où il se termine en manière de papille. Le diamètre transversal des cylindres était de 0,001 millim. chez le Hérisson ; celui des papilles de 0,0033 chez le Lapin, et de 0,002 à 0,004 chez les Oiseaux. Dans la Grenouille , il est de 0,0044 pour les cylindres , et de 0,0066 pour les papilles. Examinée à l'état frais , la rétine offre sur sa face interne , dans toutes les classes d'animaux vertébrés , de petits cyfindres , pressés les uns contre les autres, dont les extrémités regardent l'intérieur de ï'œii. Ces cylindres se détachent facilement , et flottent alors librement dans le champ du microscope. Chez les Poissons , ils sont pourvus de petits renflemens ou de papilles , dont Gottsche a donné la description.
(1) Beitrœge zur Aufklaerung des organischen Lehens. Brème.
(2) Dans Pfaff , Mitthcilungen aus dem Gehiete der Medicin , 1836 , Cah. 34.
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Les extrémités des cylindres nerveux à la face interne de la rétine ne peuvent être étudiées qu'à Tétat frais ; après la mort, elles s'altèrent d'une manière rapide, et il suffit de quelques heures, surtout en été, pour qu'on ne puisse plus rien distinguer de la texture de la membrane ; on n'aperçoit plus alors , au lieu de cylindres , qu'une couche grenue , qui est celle qu'avaient signalée les anciens anatomistes. Quelque certain qu'on soit de l'existence des trois couches de la rétine, et de celle des cylindres dans la plus interne de toutes , on ne s'explique pas bien la connexion de ces corps avec la couche fibreuse, ni la manière dont elle a lieu. On se demande surtout si le nombre des cylindres ne correspond qu'à celui des fibres nerveuses, ou s'ils sont implantés en séries sur les fibres de la couche fibreuse.
-IX. Théorie de la vision d'après la structure des yeux.
La théorie de la vision est différente suivant l^-que l'œil se compose de cônes transparens rayonnes , dont les parois sont couvertes de pigment , et qui ne laissent parvenir aux fibres du nerf optique placées au fond du cône que la lumière tombant dans l'axe de celui-ci , comme chez les Insectes et les Crustacés à yeux composés ; 2" que l'œil possède des moyens dioptriques de réunir la lumière , une cornée , avec ou sans humeur aqueuse , un cristallin et un corps vitré , comme les yeux simples des Insectes , des Arachnides , des Mollusques et des animaux vertébrés.
A. Vision au moyen â/yeucc composés et de m,ilieux dioptriques isolés par du pigment.
La vision chez les Insectes et les Crustacés à yeux composés est d'autant plus intéressante , qu'elle diffère totalement de celle qui s'accomplit au moyen d'un œil semblable à celui de l'homme , et qu'elle nous permet d'approfondir la nature de la fonction elle-même.
Tant qu'on négligea les cônes translucides et couverts dé pigment sur les côtés , qui sont placés entre la cornée et les fibres du nerf optique , et qu'on supposa ces dernières prolongées jusqu'aux facettes de la cornée, la vision des Insectes demeura complètement énigmatique. Si les fibres du nerf optique s'étendaient jusqu'à la cornée , chaque point situé au devant de l'oeil , a, Z», c, d , projetterait de la lumière sur toutes ces fibres à la fois , c'est-à-dire que l'animal ne distinguerait point a, Z>, c, c?, et n'aurait que la sensation d'une certaine impression résultant du mélange de toutes les diversités. Mais les cônes ne laissent parvenir à leurs fibres nerveuses correspondantes que la lumière qui frappe Toeil dans le sens de leur axe , et toute celle qui rencontre leurs parois obscures se trouve absorbée par elles. De cette manière , chaque cône représente une partie aliquote de Timage , et l'image se compose , à l'instar d'une mosaïque , d'autant de parcelles qu'il y a de cônes , en sorte que sa netteté doit être en raison du nombre de ces derniers.