‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 9 sur 136 · Anches simples sans tuyau · texte numérisé non relu

Anches simples sans tuyau

a. Anches ayant de l'analogie avec les verges.

Linstrument le plus simple de cette espèce est la guimbarde , languette d'acier fixée par l'une de ses extrémités à la partie concave d'un demi-cercle également en acier , dont les branches prolongées vont en se rapprochant un peu. Cette lame est mise en mouvement par l'air poussé entre elle et les branches. L'harmonica à bouche représente un assemblage de plusieurs languettes dans un même châssis. Elle se compose d'une petite plaque métallique percée de trous rectangulaires oblongs , dans chacun desquels s'ajuste une languette métallique , soudée à l'une de ses extrémités et libre à l'autre. Les languettes doivent pouvoir vibrer dans leur châssis sans y toucher. Pour les mettre en mouvement , on applique la plaque sur les lèvres , et on pousse l'air contre les languettes ; de là résulte un son clair , qui varie suivant la longueur et la force de celles-ci.

Les anches ordinaires reposent sur le même mécanisme ; un demi-cylindre creux , en laiton ou en acier , est ouvert à l'une de ses extrémités et fermé à l'autre ; le côté plat est constitué , vers le bout fermé , par une plaque élastique qui ne bouche pas entièrement le demi-cylindre , dans la cavité duquel elle peut même vibrer ; de cette manière , l'air a la facilité d'entrer dans le demi-cylindre et d'en sortir entre les bords de la plaque et la rigole. Il y a ici^ comme dans la guimbarde et l'harmonica à bouche, un châssis et une languette élastique mobile, qui s'y ajuste. L'anche ne diffère de ces instrumens que parce que le châssis forme en même temps un tuyau servant à l'écoulement de l'air qui pénètre entre le cadre et la languette , et par lequel aussi cet air peut

DE LA PRODUCTION DU SON. l'J

êire poussé contre la languette, car on peut souffler d'un côté et de l'autre dans l'anche. Si l'on prend dans sa bouche l'extrémité où se trouve la languette , et qu'on souffle dedans, de manière à faire vibrer celle-ci , l'air passant entre elle et le cadre pénètre par saccades dans le demi-cylindre. Si l'on souffle du côté du bout ouvert, l'air sort entre la languette et son châssis. On voit donc qu ici, comme dans la guimbarde la languette est la chose vraiment essentielle , et que tout le reste est accessoire. Une anche telle que celle dont je viens de parler peut , à l'aide d'un bouchon qu elle traverse , être placée dans u^i cylindre creux , par une ouverture latérale duquel arrive l'air soufflé , comme dans le tuyau à anche de l'orgue .

La manière dont la languette est mise en vibration ne me paraît pas avoir été jusqu'à présent expliquée d'nne manière satisfaisante. Voici , selon moi , ce qui arrive. Lorsqu'on soufflé , la languette est chassée hors de l'ouverture du châssis ; en vertu de la loi de l'inertie , elle fuit devant le corps qui la pousse, jusqu'à ce que son élasticité , qui croît proportionnellement à sa flexion , fasse équilibre à sa vitesse. Gomme la pression de l'air continue toujours , la languette demeurerait dans cette situation si l'on continuait de souffler; mais , une fois qu'elle a été écartée , la pression est bien moindre que quand elle se trouvait encore engagée dans le châssis , de sorte que son élasticité la force de revenir sur elle-même comme un pendule, et que même, par l'elBfet soutenu de cette élasticité , elle rétrograderait avec une vitesse accélérée si la pression continue de l'air ne la relardait un peu. Dès qu'elle est parvenue dans le châssis , la pression de l'air devenue plus forte, la repousse de nouveau. Si ceitepression ne variait pas , elle maintiendrait toujours la languette dans la même situation, celle que comporterait sa résistance. Un courant libre d'air peut , tout aussi bien qu'un courant renfermé, mettre une languette en vibration , pourvu que celle-ci soit assez

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