THÉÂTRE DE LA PORTE SAINT-MARTIN
L'architecte Lenoir, qui construisit ce théâtre pour l'opéra , y mit tant d'activité, qu'il fut, malgré l'immensité des travaux à faire, composé, bâti et décoré en soixante-quinze jours. Dans l'origine, la salle offrait, au plan des premières loges, un cercle de quarante-cinq degrés de diamètre, coupé par l'avant-scène. Cette forme circulaire régnait jusqu'aux quatrièmes loges, au-dessus desquelles la salle se terminait par un carré long , à pans coupés. Aux trois quarts de leur profondeur s'élevaient des faisceaux de piques, liés par des écharpes et surmontés de casques d'or avec panaches. Ces espèces de colonnes, entre lesquelles les troisièmes loges formaient des balcons isolés et saillants, supportaient les quatrièmes. On y avait formé un vaste amphithéâtre et pratiqué un cinquième rang de loges dans la voussure. La décoration, toute militaire, était plus brillante, que bien appropriée à un théâtre consacré à la musique, m. I '1
La scène a trente-six pieds d'ouverture, et le théâtre soixante-douze pieds de profondeur sur quarante-huit de largeur. Sous l'orchestre est un grand réservoir voûté , d'où deux corps de pompe peuvent porter l'eau à tons les étages et même sur les combles.
, Les changements exécutés en 18012 consistaient en cinq balcons circulaires, dont le plus élevé était divisé en petites loges. Aujourd'hui la disposition intérieure de Lenoir est changée plutôt dans ses détails que dans l'ensemble. La salle forme un cercle auquel la scène est tangente. Quatre étages de galeries ou balcons circulaires, en retraite les uns des autres d'une demi-largeur, viennent tous, par des courbes différentes , se raccorder à Tavantscène. Les deux premiers ont chacun un rang de loges, dont celles du fond de la salle sont séparées par des cloisons entières, et celles des côtés par des cloisons à hauteur d'appui.
La coupe de cette salle est heureuse; son élévation modérée et la belle ouverture de la scène font qu'il y a peu de places perdues. Il existe au parterre un écho très -désagréable : malgré tout, ce vaste théâtre est, de tous ceux qui sont consacrés aux classes ouvrières, celui qui convienne le mieux aux pièces à grand spectacle.
TOÉATRE DES VARIÉTÉS.
Le théâtre des Variétés a été bâti en 1 807 par M, Cellerier, architecte, qui, bien que gêné par la disposition du terrain, est parvenu à construire la plus jolie salle de Paris. Sur une plus vaste échelle, en suivant les plans de cet architecte, on réaliserait aujourd'hui une salle modèle.
Le rez-de-chaussée offre un grand vestibule. r.e foyer , élégamment orné , s'ouvre par trois grandes croisées sur le péristyle extérieur ou la loggia. La salle, à peu près circulaire, se lie au théâtre par une suite de courbes élégantes, très-rbien combinées , pour donner à tous les spectateurs la vue de la scène ; les loges sont bien séparées. Douze à treize cents spectateurs peuvent y tenir à l'aise. Les corridors sont suffisamment larges, et, de toutes les petites salles , c'est celle où le public se trouve le plus commodément assis, et celje où la sortie s'effectue sans encombrement.