TOME M
CHARLES RICHET
rit dans l'ictère. Mais, n'ayant fait que deux expériences sur ce point, je ne peux me prononcer d'une manière ferme.
Le sérum du sang (de chien), traité par l'alcool à 30 p. 100 à l'ébullition, puis repris par l'alcool à 95°, est souvent très pruritant. Dans certains cas il suffit d'une dose relativement faible, répondant à environ 2 ce. de sérum par kil. pour amener démangeaisons, érythôme, et éternûment. Mais le résultat n'a pas été constant, et j'ignore dans quelles conditions le sérum est ou n'est pas pruritogène. On sait que l'urticaire avec prurit (que j'ai signalée pour la première fois à la suite des injections de sérum à l'homme, Bull, de la Soc. de Biologie , 1891 , 17 janvier, p. 33) se produit assez souvent après injection de sérum, et dans des conditions qui n'ont jamais pu être encore bien déterminées. Il est certain que c'est à la présence, sinon de la thalassine même, au moins d'une substance très voisine, que sont dus ces effets.
Nous devons donc considérer la thalassine comme une substance extrêmement répandue. 11 serait très important de pouvoir la préparer en quantité appréciable à l'état de pureté. Mais cette préparation comporte des difficultés considérables. D'abord, par suite de sa grande activité physiologique, les quantités pondérales que contiennent les tissus ou les humeurs sont sans doute très faibles; ensuite elle n'a que des propriétés chimiques négatives, pour ainsi dire, n'ayant pas de réaction colorante, et étant soluble dans l'eau et l'alcool presque en toutes proportions. Enfin elle adhère énergiquement à tous les précipités qui se forment, de sorte que, lorsqu'on veut la purifier par des précipitations successives, on finit par ne plus rien obtenir.
THALASSINE.