P . LAN G LOIS ET
DESBOUIS.
Dans l'intervalle des plongées, les animaux restaient à l'air libre avec les animaux de contrôle soumis au même régime.
Les quantités de liquide évaporées ont été variables ; néanmoins, on peut grouper les expériences en trois séries :
Série A : Moto-naphta, dose faible, correspondant à 24 ce. par mètre cube.
Série B : Dose forte, 70 ce. par mètre cube.
Série G : Benzol, dose faible, 16 ce. par mètre cube.
Série D : Benzol, dose forte, 24 ce. par mètre cube.
Série E : Xylol et toluène, 20 ce. par mètre cube.
Le xylol et le toluène, dont l'évolution est très lente, ne nous ayant donné aucun résultat, ont été abandonnés après quelques expériences.
L'évaporation se faisant lentement, l'atmosphère était, au début, très peu chargée de vapeur, et c'est uniquement à la fin de l'expérience que le maximum de vapeur était obtenu.
Avec des doses faibles, séries A et C, on observe des effets différents suivant les espèces animales. Les lapins, les cobayes et les pigeons ne manifestent aucun symptôme d'intoxication appréciable, alors que les chiens et les chats, après une heure ou deux de plongée, présentent des phénomènes caractéristiques, qui ont été déjà décrits : agitation, tremblement, et, quand on les retire, troubles d'équilibre, véritable incoordination motrice et vomissement. La démarche du chien rappelle celle d'un animal aux circonvolutions motrices enlevées. Mais tous ces phénomènes sont passagers, et vingt minutes après la sortie, ils ont disparu.
Avec les doses fortes, les cobayes et les lapins sont pris également de tremblement, d'incoordination, se couchent sur le flanc. Nous avons noté, comme Chassevant, des hypothermies considérables, atteignant jusqu'à 27°, mais toujours avec retour à la santé. Le seul cas de mort observé fut celui d'un cobaye qui avait sauté de sa cage dans le récipient à essence.
ACTION DE LA BENZINE SUR LE SANG. 501
Les animaux soumis journellement à des plongées prolongées n'ont pas perdu de poids, et même ont augmenté légèrement [de 4 p. 100 en 16 jours); cependant, cette augmentation était plus faible que celle des animaux témoins (17 p. 100) ; et quand les expériences ont été arrêtées, l'augmentation des premiers a été de 9 p. 100 en onze jours. Il faut donc admettre une certaine perturbation dans la nutrition.
Chez le chien, les troubles sont plus accentués : anorexie au début, surtout léger amaigrissement; une chienne, soumise à 15 plongées en vingt jours, est morte huit jours après la dernière expérience, brusquement. La nécropsie ne décela qu'une broncho-pneumonie localisée dans un tiers d'un poumon.
On voit qu'en fait, avec de faibles doses, les rongeurs ne manifestent aucun trouble spécial, alors que les carnivores se montrent plus sensibles. Mais si on porte l'attention sur les modifications du sang, les réactions sont inversées. Les rongeurs donnent une réaction que l'on ne trouve pas chez les carnivores.
ÉTUDES HÉMATOLOGIQUES.
L'étude du sang a porté :
1° Sur le nombre des globules rouges (appareil Malassez) ; 2° Sur le volume des globules (hématocrite) ; 3° Sur la morphologie des globules (méthode de coloration) ;
4° Sur les leucocytes ;
5° Sur la richesse en hémoglobine (hémoglobinomètre de Gowers modifié ;
6° Sur la teneur du sang en gaz (appareil de Barcroft- Haldane) ;
7° Sur la densité du sang, du plasma et du sérum (méthode Langlois);
8° Sur l'isotonie du plasma.
302 P. LANGLOIS ET DESBOUIS.
Toutes ces recherches n'ont pu être faites simultanément pour chaque expérience, mais en les groupant par séries, on arrive à des données très concordantes.
Les cobayes soumis à des plongées régulières, pendant quaraute-cinq jours, avec de faibles doses d'essence, ont montré une augmentation progressive, quoique assez irrégulière de leurs globules, mais, vers le quarante-cinquième jour, ils arrivent tous à un chiffre oscillant autour de 8 millions de globules, ce chiffre paraissant être la limite maximum. Le benzol donne les mêmes résultats. Nasmith et Graham, en maintenant plusieurs mois les cobayes dans un milieu oxycarboné, signalent une polyglobulie de 9 à 10 millions1.
Essence et benzol, doses faibles A et Ç.
Hématies
Cobayes. Au début. Du 30e au 35e jour. Du 40e au 45e jour.
(4) > / M?"116 7 700 000 8 100 000 (J) 6^lhons. 69000()0 7900()0()
Avec de fortes doses, séries B et D, la polyglobulie apparaît plus vite, et avec la même intensité. En cinq jours, deux cobayes passent de
Une seule séance suffit pour provoquer une hyperglobulie forte.
Cobayes.
Essence, 28 c. c, o heures.
Lapins.
Benzol, 2 c. c, 2 heures.
Avant.
Après.
Avant.
Après.
6 720 000 (8 cgr. de morphine
1. Nasmith et Graham. The hematology of carbon-monoxyde poisoning. Journ. of Physiolpgy, xxxv, p. 32, 31 décembre 1906.
ACTION DE LA BENZINE SUR LE SANG
Les variations considérables que l'on trouve dans les chiffres avant la plongée s'expliquent parce que ces animaux sont quelquefois en cours d'exercice, et déjà en voie de polyglobulie.
L'expérience suivante, bien que n'ayant porté que sur une heure d'exposition, peut être donnée comme type : Lapin de 800 grammes (environ).
Le sang est recueilli dans la carotide (saignée 5 ce. au
3oo ooo 8 millions
5oa ooo
militons
5ooooo
6 millions
ôooooo
3 millions
>aye n'.
-rf —
if
fr