‹ Physiologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 5 sur 204 · U, KO · texte numérisé non relu

U, KO

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o jours.

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Géronte

Dandin

Bobèche

XLII à L

Neuf chiens

survivent.

Isabelle

7 jours.

lu

Sottenville

survit.

LUI à LVI1I

Cinq chiens

survivent.

De ces chiffres se déduisent les moyennes suivantes, centésimales, de mortalité :

Durée de la survie

Nombre

Mortalité

chez les animaux

d'expériences.

Doses de toxine.

pour 100.

qui meurent.

de 0,5 à 0,3

10 heures.

1 jour.

de 0,25 à 0,20

6 jours.

de 0,18 à 0,15

de 0,14 à 0,12

de 0,10 à 0,08

Ces nombreuses expériences nous permettent de déduire des conclusions fermes sur la toxicité de l'extrait glycérique des tentacules actiniens ; et nous pouvons dire, en résumé :

1° Pour des doses supérieures à 0,25, la mort survient en quelques heures, en dix heures au moins, quand la dose n'est pas supérieure à 0,50.

CHARLES RICHET

2° Pour des doses dépassant 0,18, et inférieures ou égales h 0,25, la mort est fatale, survenant au bout de deux, trois, quatre ou cinq jours.

3° Pour des doses allant de 0CC,125 à 0CC,18, il y a incertitude : tantôt survie, tantôt mort, en cinq ou six jours.

4° Pour des doses de 0CC,12 et au-dessous, la mort ne survient qu'exceptionnellement et au bout d'une semaine au moins.

Les effets toxiques de ce venin des Actinies sont caractéristiques; ils semblent dus à deux poisons bien distincts, et que j'ai réussi à isoler.

L'un, que j'ai appelé thàlassine, et que j'ai pu obtenir à l'état de pureté parfaite, sous la forme d'un corps cristallisable (une phénylcarbylamine propionique??), produit des démangeaisons intenses, un prurit violent, et de l'urticaire; mais, même à des doses vingt fois plus fortes que la dose minime (0^,0005) qui produit l'urticaire, il n'est pas mortel.

Je n'étudie pas, dans ce mémoire, les effets de la thàlassine.

L'autre poison, insoluble dans l'alcool, se coagulant par la chaleur, est une toxo-albumine que j'ai appelé congésline; car sa propriété caractéristique est d'amener une congestion intense de tout l'appareil circulatoire intestinal. Ce sont les effets de cette congestine qui déterminent les formes du processus toxique par l'action de l'extrait glycériné.

Trois à quatre minutes après que l'injection a été faite, le chien est pris de vomissements qui deviennent de plus en plus violents, incoercibles, et probablement très douloureux, à cause de la violence des efforts qui sont faits pour l'expulsion du contenu stomacal. Puis la diarrhée survient, avec selles liquides, mêlées à du sang, et ténesme rectal très intense. Dans les intervalles de ces efforts désespérés de défécation, l'animal semble souffrir de coliques très violentes.

ANAPHYLAXIE.

Il se retire dans un coin aussi obscur que possible, se couche, sans qu'on puisse le décider à marcher. Parfois la respiration est comme gênée (peut-être par les vives douleurs abdominales). Dans les cas graves, dès le début, il y a des phénomènes nerveux caractérisés par quelques troubles de la démarche, sorte de paraplégie avec contracture. Surtout on note de l'insensibilité. Dans les cas moins graves, la sensibilité est conservée; maison observe un état de prostration qui, au bout d'une heure ou deux, si la dose n'a pas été très forte, se dissipe.

Si la dose a été de 0,15 à 0,25, l'animal meurt le deuxième, le troisième ou le quatrième jour, avec un affaiblissement général de plus en plus marqué, dans un état de prostration et de demi-coma, presque d'insensibilité complète. Il ne prend pas de nourriture; mais la soif est intense. L'urine est rare et albumineuse. La respiration est laborieuse, plutôt lente; il n'y a pas d'accélération notable du cœur. Le sang est coagulable.

A l'autopsie, des lésions sont caractéristiques; toute la muqueuse gastro-intestinale est hémorrhagique. Souvent il y a du sang liquide dans l'estomac, dans l'intestin, voire même dans la cavité péritonéale. Les plèvres sont injectées de sang; il y a des suffisions sanguines dans le péricarde. La muqueuse intestinale est tapissée par la couche épaisse d'une mucosité jaune, brune, sanguinolente, sorte d'exsudat muqueux, qui, étant raclé avec le dos du scalpel, laisse voir la muqueuse de l'intestin dans un état de congestion extraordinaire.

IL EFFETS ANAPHYLACTIQUES

Tels sont les effets d'une première injection; et telles sont les doses toxiques. Mais, si l'animal a reçu précédemment une dose même faible de poison, l'action est toute différente.

Voici un premier tableau qui indiquera bien l'accrois-

CHARLES RICHE T

sèment énorme de l'action toxique (ou anaphylaxie) par l'effet d'injections antécédentes.

Dose

Dose

Temps écoulé

d'actino-

d'actinotoxine

entre les deux

toxine

Durée

antérieurement.

injections.

injectée

de la survie

Nom du chien

injectée.

(en jours).

en ce.

(en heures)

Mathurin . .

Épagneul . .

Pierrot . .

Basse tte. . .

Calatée . . .

Chloralosa. .

Arlequine. .

(quatre fois).

Neptune. . .

Diane. . . .

Fracasse . .

deux fois injecté.

Angélique. .

trois fois injectée.

Moyenne

Ainsi la différence est éclatante entre la sensibilité des chiens ayant reçu une injection antérieure, et la sensibilité des chiens normaux.

A une dose faible, les animaux meurent en quelques heures, alors que cette même dose, injectée à un animal non injecté précédemment, est à peu près inoffensive.

Je prendrai notamment pour exemple le chien Neptune, gros matin, à poil ras, très vigoureux, qui, après avoir reçu, 22 jours auparavant, la dose de 0,10 qui ne l'avait presque pas rendu malade, reçoit du même liquide la même dose de 0,10. Alors aussitôt, quelques secondes après que l'injection a été terminée, il est extrêmement malade : la respiration devient angoissée, haletante. Il peut à peine se traîner, se couche sur le flanc, est pris de diarrhée et de vomissements sanguinolents. La sensibilité est abolie, et il meurt en vingt-cinq minutes.

Or, chez des chiens non injectés antérieurement, des doses dix fois plus fortes, 1 centimètre cube par kilogramme, ne tuent pas les animaux avec cette même rapidité.

ANAPHYLAXIE.

On ne peut assurément invoquer l'état défectueux de santé, au moins apparent, de l'animal. Car ces chiens anaphylactisés paraissent dans un état excellent. Leur poids a augmenté (après avoir baissé pendant la première semaine). Ils sont vifs, gais, le poil luisant, et on ne les distinguerait en rien des autres chiens normaux, non injectés.

On ne peut pas invoquer le fait de la non-élimination du poison; de sorte qu'il y aurait une action cumulative; car, même en faisant la somme des quantités injectées, et en supposant, ce qui est absurde, qu'en 22 jours ou 15 jours, il n'y a pas eu une seule parcelle de la toxine qui ait été éliminée, on ne peut pas expliquer ces effets" foudroyants, intenses, que détermine l'injection de toxine chez des animaux sensibilisés.

Ainsi la chienne Chloralosa, qui n'avait reçu que 0,06, reçoit, 14 jours après, la dose de 0,10, et elle meurt en une heure et demie. Or, les chiens qui reçoivent en une seule fois 0,16 ne meurent que tardivement, et quelquefois même survivent. Je n'ai jamais vu de mort déterminée en deux ou trois heures, chez des chiens intacts, par des doses d'actinotoxine inférieures à 1,5 (par kilogramme).

L'hypothèse d'une rétention de la toxine avec accumulation dans l'organisme est d'autant plus improbable que, même au bout d'un très long temps, l'anaphylaxie se produit encore. Pour diverses raisons, et surtout parce que je n'emploie plus l'extrait glycérique, mais la congestine pure, qui donne des résultats un peu différents, je n'ai pas fait beaucoup d'expériences sur des chiens ayant reçu la première injection plus de trois mois et demi auparavant. Mais, même au bout de trois mois et demi, il y a encore anaphylaxie.

Le 26 mai, on injecte cinq chiens à la dose de 0,22. (Par suite d'une lente altération, l'extrait glycérique est moins actif, et la dose toxique différente de la dose toxique du liquide normal.) Quatre chiens neufs sont, le pre-

CHARLES RI C H ET

mier jour, à peine malades. Mais Pierrette, injectée cent cinq jours auparavant, et dont l'état de santé est florissant, est tout de suite extrêmement malade. Pendant la durée même de l'injection, elle fait des efforts de vomissement. Détachée, elle tombe sur le flanc, paraplégique. La respiration est anxieuse, et, au bout de quinze minutes à peine, s'arrête. Le cœur bat mal. On fait la respiration artificielle par compression de thorax; mais le cœur cesse de battre. La mort est survenue en moins de vingt-cinq minutes (un peu plus de vingt minutes) après le début de l'injection.

A l'autopsie, il n'y a pas de caillots dans le cœur; mais une suffusion sanguine considérable sous-endocardique dans le ventricule gauche. Rien au ventricule droit. L'estomac est rouge, violacé, avec une congestion intense. Le péritoine est hémorrhagié. Il n'y a rien au cerveau.

Voici la marche des poids de l'animal, marche qui indique qu'il était dans un excellent état de santé au 26 mai :

Kilog.

Le 16 janvier. ... 12 (Première injection de 0,05).

10 février . . . . 11,3 (Seconde injection de 0,11).

23 mars 13,0

26 mai 16,0

Sur les quatre autres chiens injectés avec la même solution et à la même dose, trois survivent; un quatrième ne meurt que le septième jour.

Une autre expérience, qui devra être répétée, semble prouver que, même au bout d'une année, l'anaphylaxie existe encore.

Le 12 février 1902, Lubm, chien loulou noir, reçoit 0,18 de toxine.

ANAPHY L AXIE.

Kilog.

12 février . .

4 mars. . .

9 mai. . . .

(Seconde injection de 0,14).

Le 28 février 1903, il pèse 8 kilogrammes et l'état de santé est excellent. Alors on lui injecte 0sr,06 par kilogramme de congestine (partie active du venin des actinies). Il meurt en quinze minutes, avec asphyxie, vomissements, diarrhée sanguinolente. Le même jour un autre chien de même poids reçoit la même dose de congestine, et meurt en quatre heures et demie.

Dans ce cas évidemment, la dose était trop forte, et pour Lubin et pour le chien témoin; mais, c'en est assez cependant pour prouver que, même au bout de neuf mois, il y a encore de Tanaphylaxie. Je poursuis en ce moment des expériences dans ce sens, afin de juger quel est le maximum de cette durée. J'ai lieu de croire qu'elle est beaucoup plus considérable qu'on ne serait tenté d'abord de le supposer.

Plus récemment, j'ai fait l'expérience suivante. Cinq chiens reçoivent des doses variables de congestine.

Massillonne. . 0,032

Mérovée . . . 0,032

(Le 24 novembre 1903.) Chilpéric. . . 0,042

Dagobert. . . 0,042

Chapelaine . . 0,047

Les deux chiens anaphylaclisés, Massillonne et Chapelaine, sont tout de suite extrêmement malades. Les trois autres chiens ont des vomissements, quelques défécations, mais ne paraissent pas dans un état grave. Mérovée meurt cependant au bout de cinq jours. Chilpéric et Dagobert survivent. Quant à Massillonne et Chapelaine, elles meurent

CHARLES RIGHET.

quelques heures après l'injection. Or. Chapelains avait reçu l'injection anaphylactisante le 24 juin, et Massillonne vers le 11 juin ; ce qui montre à quel point se prolongent les effets de l'anaphylaxie. — Elles n'étaient malades ni l'une ni l'autre. Le poids de Massillonne avait monté de 5k?r.5 à 6k£r,5 au 24 novembre ; le poids de Chapelaine, de 5 kilogrammes à 5 kilogrammes n'avait pas changé,

Non seulement au bout d'un long temps l'anaphylaxie n'a pas disparu; mais encore un certain temps est nécessaire pour qu'elle apparaisse; car, si l'on fait la seconde injection deux ou trois jours après la première, on n'observe pas d'effet de toxicité augmentée, et les chiens se comportent comme des chiens normaux. Souvent j'ai injecté à des chiens des doses de 0,12 quelques jours après une première injection de 0,12, et je n'ai pas observé d'accidents.

A vrai dire, je ne saurais préciser encore à quel moment l'anaphylaxie est à son maximum. C'est un point que je me propose d'étudier avec plus de détails lorsque j'aurai réussi à préparer à l'état sec l'élément actif du poison, ou congé stine, débarrassé de son antitoxine, ou lhalassine1 .

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