‹ Physiologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 91 sur 204 · TOXIQUES CONTENUS DANS LES TENTACULES D 'ACTINIES · texte numérisé non relu

TOXIQUES CONTENUS DANS LES TENTACULES D 'ACTINIES

a) Effets physiologiques globaux de l'extrait alcoolique. — Lorsque l'on cherche à séparer les différents produits toxiques que renferment les tentacules d'actinies, on peut et on doit mettre en usage la propriété que possède l'alcool de dissoudre quelques-uns d'entre eux et d'en précipiter au contraire un certain nombre d'autres.

Les tentacules d'actinies conservés dans l'alcool donnent naissance à un magnifique liquide rouge orangé, filtrant avec facilité, tandis que les tentacules se séparent en une masse semi-visqueuse, semi-élastique.

C'est sous cette forme que nous sont parvenues en grande partie les matières premières qui ont servi à nos expériences. La quantité d'alcool à 95° employé était d'environ \ litre par kilogr. de tentacules.

Le liquide tient en dissolution une énorme quantité de chlorure de sodium et des matières azotées dont quelques-

POISONS DES ACTINIES

unes coagulent par la chaleur tandis que les autres demeurent inaltérées. Nous trouvons encore en solution les matières colorantes parmi lesquelles la matière colorante rouge orangé, et la substance verte, cette dernière peu soluble d'ailleurs.

L'action de l'extrait alcoolique sec global amène des troubles respiratoires, une congestion intense de l'intestin des phénomènes de prurit.

Dans une première expérience nous avons pu ainsi traiter un mélange de i kilogrammes d'actinies avec 4 kilogrammes d'alcool. Le liquide soigneusement filtré était évaporé dans le vide et le résidu encore un peu sirupeux apparaît comme une masse brune hétérogène dans laquelle se distinguent en particulier des cristaux de chlorure de sodium.

Ce produit redissous dans l'eau donne naissance à un liquide rouge grisâtre, trouble, filtrant mal.

Injecté à un chien, il est mortel à faible dose.

Série A

25 grammes d'extrait sont dissous dans 500 grammes d'eau, soit 0,05 par ce.

I. — Un chien de 7 kilog. reçoit 21 ce. soit 3 par kilog. de la solution ainsi préparée répondant à 0,15 d'extrait.

Pendant une demi-heure environ, le chien se promène inquiet, se grattant parfois, avec fréquemment des éternuements violents et répétés. La respiration est très difficile; le diaphragme presque immobile ne présente de temps en temps que de véritables secousses musculaires; puis surviennent quelques vomissements. Enfin il a brusquement une convulsion tonique générale et tombe sur le flanc, la tête rejetée en arrière. Les oreillettes battent encore, mais les ventricules sont arrêtés. L'animal fait encore de grandes inspirations, accompagnées, dans cet état, de vomissements.

A l'autopsie, on trouve un sang très coagulable ; les intestins apparaissent très rouges, mais la vascularisation intense que l'on y observe n'est qu'extérieure et n'intéresse pas la muqueuse.

II. — Un chien de llkil,600 reçoit d'abord 6 ce. puis 21 ce. de la même solution, soit en tout 0&r,135 d'extrait par kilogramme de chien.

L'animal est immédiatement pris de convulsions toniques, puis arrêt

A. PERRET

respiratoire. On pratique la respiration artificielle par compression du thorax, mais celle-ci est inefficace, et le chien meurt.

A l'autopsie on trouve une énorme congestion de l'intestin avec hémorragie intrapéritonéale.

III. — Un chien de 8 kilog. reçoit 16 ce. de la même solution soit 0,10 d'extrait par kilog. Il est pris immédiatement de vomissements et de défécation, puis il éternue et se gratte. Il se remet peu à peu, mais les démangeaisons persistent. Il survit le lendemain.

IV. — Un chien de llkil,500 reçoit 23 ce. de la même toxine, soit 0,10 d'extrait par kilog. L'animal est immédiatement très malade avec vomissements et défécation. Malgré l'épuisement dans lequel il se trouve, les démangeaisons sont assez vives pour obliger l'animal à se gratter: il présente de la paraplégie avec c.ontracture du train postérieur. Il défèque sous lui; ténesme rectal. L'animal enfin pousse des hurlements douloureux et prolongés. Au bout de trois quarts d'heure tous ces phénomènes s'amendent et l'animal semble se remettre; il survit le lendemain.

V. — Une chienne de 11 kilog. reçoit 11 ce. de la même solution; soit 0,05 par kilog. L'animal est pris immédiatement après l'injection de convulsions cloniques intéressant le train postérieur. Lorsqu'il marche, il y a incoordination dans les mouvements des pattes correspondantes. Ces phénomènes sont accompagnés d'angoisse respiratoire. Défécation. Enfin ranimai est en proie à des démangeaisons extrêmement intenses; il est pris d'éternuements violents et répétés. Survit.

En résumé, cette première expérience sur la toxicité des principes solubles dans l'alcool peut être représentée de la façon suivante :

Série A.

I 0,150 Mort.

Page 1