tome vi
A. PERRET
EXP# ii, — Une solution de congestine primitive globale est laissée au bain-marie à 80° pendant trois quarts d'heure environ, on filtre et on précipite le liquide par 3 volumes d'alcool. On redissout dans l'eau ce précipité gommeux sous la forme d'un liquide rougeàtre non fluorescent et on l'injecte à M II à des doses croissantes. Dès les premiers cent, cubes l'animal est pris de démangeaisons furieuses. 11 se frotte en particulier le nez contre le sol. A cette crise avec l'augmentation de la dose, succède une période d'abattement et de prostration avec vomissement et défécation : il est inerte et presque insensible-. Il meurt 4 heures après le début de l'injection.
Exp. III. — Des actinies conservées dans le chloroforme sont broyées avec de l'eau. Le liquide de macération ainsi obtenu est filtré, précipité par l'alcool, redissous dans l'eau, précipité à nouveau.
Le précipité est mis à macérer avec de l'eau à la température de 60° environ; on filtre et on a un liquide présentant une magnifique fluorescence verte à dichroïsme rouge.
Chauffé pendant un quart d'heure à 79°-81° le liquide se trouble et après filtration prend une apparence rougeàtre. Traité par l'alcool il donne un double précipité.
a) Un précipité lourd tombant au fond du vase que l'on redissout dans l'eau, donnant naissance à un liquide louche et rougeàtre.
Injecté à M III 9kilog., produit de la stupeur et un peu de diarrhée : effets relativement très faibles.
6) Un précipité léger restant en suspension dans le liquide, on filtre et le liquide très limpide est après élimination de l'alcool injecté à M IV, 7 kilog., tout de suite très malade. Vomissement, diarrhée liquide, ténesme et coliques, mais cependant pas de phénomènes d'insensibilité. Au bout d'une heure, présente quelques démangeaisons. Il est malade, les jours suivants, mais finalement se remet et survit.
c) Action du noir animal sur les solutions de congestine. — Nous avons recherché quelle était l'action du noir animal sur les solutions ainsi préparées et nous avons trouvé des résultats analogues à ceux que nous avait donnés la thalassine.
Le liquide fluorescent provenant du broyage des tentacules d'actinies avec une solution de fluorure de sodium est mis à digérer avec du noir animal.
500 grammes de liquide sont ainsi mélangés avec 25 grammes de noir. On filtre et on lave soigneusement à l'eau.
POISONS DES ACTINIES
Le noir est alors épuisé par digestion pendant 12 heures avec de l'alcool en présence de carbonate de soude. La même opération est répétée deux fois. Les alcools d'épuisement sont évaporés, et il reste finalement 75 ce. de liquide représentant 500 ce. de produit initial.
Un chien boule de 11 kilog. reçoit 10 ce. de liquide. On observe quelques phénomènes de prurit, mais très vagues, un peu d'excitation, quelques reniflements, quelques rares éternuements. Nuls autres symptômes.
d) Séparation des différentes congestines d'après leur solubilité dans F alcool. Étude de la congestine a. — Nous avons tout d'abord constaté qu'une certaine proportion des matières organiques azotées qui étaient précipitées par l'alcool à 80° était au contraire soluble dans l'alcool à 45 p. 100. Par suite nous avons cherché à épuiser par l'alcool étendu de son volume d'eau les précipités de congestine obtenue par précipitation par l'alcool concentré. Nous avons ainsi obtenu une première substance toxique soluble dans l'alcool que nous désignons sous le nom de congestine a par opposition à la congestine insoluble que nous désignerons sous le nom de congestine f>.
Si nous précipitons alors les solutions alcooliques de congestine a par 3 vol. d'alcool, nous obtenons un précipité dont la composition est la suivante :
Matières organiques 69,2
— minérales 30,8
L'action physiologique de la congestine a nous est montrée dans les expériences suivantes pratiquées avec des congestines provenant de différentes opérations.
Par exemple, 40 grammes de congestine sont traités à 40° par 35 ce. d'alcool dilué de son volume d'eau. On filtre et le liquide filtré présente une légère fluorescence.
On évapore ce liquide dans le vide jusqu'à formation
A. PERRET
d'un louche, on ramène au volume primitif avec un peu d'eau distillée. Ce liquide renferme 0,64 p. 100 de matières organiques et 0,66 p. 100 de matières minérales.
N I. — Terrier de lOkilog. reçoit 45 ce. du produit. Il est très malade dès les premiers centimètres cubes injectés. Violente envie de vomir, diarrhée sanguinolente, ténesme, le tout accompagné de phénomènes de prurit. A la fin de l'injection, le chien est de plus en plus malade. Il meurt dans la nuit et à l'autopsie on constate une congestion intense des intestins. Étant donné la composition du liquide, N 1 a donc reçu 0^r,0288 par kilog. de matières organiques.
N. II. — 11 kilog. Reçoit 14 ce. de congestine a. Extrêmement malade, vomissements très violents; meurt dans la nuit.
N III. — Chien terrier de 6 kilog. Injection de 9 ce. du même liquide, présente des phénomènes très atténués : défécation, pas de vomissements.
N IV. — Fox terrier de 8 kilog., reçoit 8 ce. de congestine; presque aucun phénomène, un peu de défécation.
H VIII. — Chien griffon de 10 kilog., reçoit 20 ce. de la même solution, ne paraît pas malade et ne présente que quelques démangeaisons.
N V. — Chien loulou de 7k°,300, reçoit 30 ce, paraît à peine malade le lendemain, mort le surlendemain.
N VI. — Chien loulou de 10 kilog., reçoit 30 ce. de congestine a. Très malade, diarrhée, vomissements, meurt dans la nuit.
N VIL — Chien de 7 kilog., reçoit 14 ce. du même produit. Très malade, ranimai est dans un état d'hébétude et d'insensibilité absolue (H XVI, injecté le même jour avec de la thalassine, très violemment excité, pratique sur lui un coït rectal que l'animal subit sans résistance), meurt dans la nuit.
H XIII. — De 7 kilog., reçoit 18 ce. du même produit. Également très malade, meurt le surlendemain.
Dans une préparation absolument analogue nous avons obtenu une solution de congestine qui renfermait 0,8 de matières organiques et qui a donné les réactions suivantes :
H IX. — De 9k<?,500, reçoit 15 ce, soit 1,6 et 0,0128 de mat. org. par kilog. L'animal est tout de suite très malade, vomissements sanglants. Mort le lendemain.
POISONS DES ACTINIES
H X. — 9 kilog., reçoit 11 cc.,soitl,2 et 0,0096 de mat. org, par kilog. Très malade, survit néanmoins le lendemain.
N VIII. — 10 kilog., reçoit 1,6 par kilog. et 0,0128 de mat. org. Assez malade, survit le lendemain et ne paraît même pas très malade. Mort néanmoins le surlendemain.
N IX. — De 12ke,500, reçoit 10 ce. de cette congestine, soit 0,0064 par kilog., à peine malade et survit.
Enfin nous avons cherché à nous débarrasser par dialyse d'une certaine proportion de matières minérales, mais en même temps nous avons augmenté la dilution au point de vue des matière organiques. La congestine a, dans ces conditions, constitue une solution renfermant seulement 0,5 p. 100 de matières organiques.
N X. — 10 kilog., reçoit 10 ce. de ce produit et présente des effets absolument nets : diarrhée, vomissements, affaissement général, quoique pas très prononcé, puis démangeaisons éclatantes, extrêmement violentes. Mort dans la nuit.
N XI. — 7 kilog., reçoit 7 ce, peu d'effets : un peu de somnolence et de stupeur. Une nouvelle injection de 7 ce. amène des vomissements. Mort dans la nuit.
N XII. — De 5 kilog., reçoit 10 ce. du même produit. Mêmes phénomène de diarrhée et d'abattement. Mort le lendemain.
N XIII. — 8k£,500, reçoit 10 ce. du même produit, mêmes phénomènes. Mort le lendemain.
La toxicité de la congestine a peut être résumée de la
façon suivante :
Série N.
Gr.
par kgr.
Gr.
par kgr.
Mort 6 heures.
Meurt.
6 heures.
Survit.
Meurt.
6 heures.
Survit.
Meurt.
6 heures.
A. PERRET
Nous voyons que la toxicité moyenne subit évidemment quelques variations, mais elle oscille entre 0,005 et 0,010 par kilogr.
e) Préparation et propriétés de la congestine p. — A côté de la congestine a formée par les fractions solubles dans l'alcool à 50 p. 100, se trouve la congestine (3 insoluble dans ces conditions, représentant une proportion beaucoup plus grande du produit initial. La préparation de la congestine (3 se fait méthodiquement de la façon suivante.
Les solutions lluorescentes provenant directement de la filtration des liquides fluorés de broyage des actinies sont précipitées une première fois par 4 fois leur volume d'alcool; on décante et on filtre ; on redissout dans une petite quantité d'eau et on précipite à nouveau par 4 volumes d'alcool.
Le produit séché est alors traité par l'alcool à 50 p. 100 qui dissout la congestine a, puis redissous dans l'eau et précipité par 5 vol. d'alcool. Ce précipité linal qui constitue la congestine fi est, lorsqu'on veut l'employer, redissous dans l'eau avec laquelle il forme une solution légèrement fluorescente. Dans les essais qui suivent, la solution est préparée en dissolvant 6sr,08 dans 250 ce. d'eau : elle renferme par centimètre cube 0^r,0132 de matières organiques et 0^r,0111 de fluorure de sodium.
Série O
OI. — Chienne de 5 kilog. reçoit 8 ce. 2 de ce produit : défécation immédiate, vomissements très intenses. L'animal d'abord triste devient de plus en plus malade. On injecte à nouveau H ce; l'animal meurt dans la nuit.
O IL — Chien mouton de 4 kilog., très jeune. Après injection de 12 ce. 8, ne présente pas d'effets notables, et reste très gai : il meurt 20 jours après l'injection.
O III. — Chien mâtin de 21 kilog., reçoit 69 ce. du même liquide, vomissements immédiats; l'animal paraît extrêmement triste et abattu. Quoique très malade, il se remet lentement les jours suivants.
H IV. — Petite chienne de 6ks,500 reçoit 12 ce. de la même solution de congestine (3, mais purifiée encore et débarrassée du fluorure de sodium
POISONS DES ACTINIES
par un peu d'azotate de chaux. Une première injection de 6 ce. 5 amène instantanément des vomissements répétés, des efforts violents de défécation, de la titubation et la supression des réflexes. Une nouvelle injection de 10 ce. n'amène pas de nouveaux accidents immédiats, mais l'animal meurt dans la nuit.
0 IV. — Chien mâtin de 13 kilog. après une première injection de 0CC,5 ne présente aucun effet, sinon un peu d'abrutissement.
Après des injections successives atteignant un total de 31 ce. soit 2,4 par kilog., il ne se produit rien en dehors de quelques vomissements et d'an peu d'abattement et de tristesse.
Mais le surlendemain il a perdu 600 grammes, sa température est 38°, 2, il est triste, marche difficilement; 24 heures après la marche est encore plus pénible, l'animal a de la diarrhée sanguinolente, la température est tombée à 32°, 8. Il meurt dans la nuit.
0 V. — Chien de lk&,800, après injection de 15 ce. les phénomènes observés sont : respiration difficile, défécation, vomissements fécaloïdes : il est encore un peu malade le lendemain mais se remet peu à peu.
H XXIII. — 14k£,500, après une injection de 1 ce, de criard, bruyant et agité qu'il était auparavant, devient taciturne et abattu; après une nouvelle injection de 3 ce. il se couche et paraît très malade : défécation, pas de vomissements; 48 heures après l'animal a perdu 2 kilog.
0 VI. — Chien mâtin de 10 kilog. après injection de 1 ce. est pris presque immédiatement de démangeaisons frénétiques et d'éternuements répétés.
Une nouvelle injection de 3 ce. amène un abattement profond : le chien se couche et paraît inaminé, puis quelques minutes après il se relève : alors vomissements, défécation et diarrhée; il semble aller un peu mieux, mais les démangeaisons reparaissent.
Si nous résumons cette première expérience, nous voyons que Ton a :
Série 0.
En centigr.
par kilo.
I 0,530 Mort en 6 heures.
II 0,420 — 20 jours.
III 0,400 Survit.
H IV 0,330 Mort.
IV 0,330 Mort en 3 jours.
V 0,260 Survit.