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Max Pvunge. Archiv fiir Gynœk., t. XXV. fasc. I

HYPERTHERMIE ET CHLORAL.

En 1882, JoLYET et Lagrolet\ recueillant les tracés graphiques des mouvements respiratoires et cardiaques chez des animaux échauffés progressivement et constamment jusqu'à ce que la mort survint, ont vu le cœur s'arrêter après la respiration; ils en conclurent que la mort n'est pas due à l'arrêt primitif du cœur, comme l'avaient pensé Cl. Bernard et Vallin.

En 1884, Ch. Richet' commençait la série de leçons qu'il a faites sur la chaleur animale, et dans lesquelles il a étudié l'état fébrile, l'hyperthermie proprement dite et le refroidissement; dans ses nombreuses recherches d'hyperthermie expérimentale, Ch. Richet a insisté principalement sur le rôle de la respiration chez les animaux surchauffés; il a décrit la polypnée thermique chez le chien, et montré qu'elle pouvait avoir une double origine : une simple excitation cutanée par les rayons caloriques sans élévation de la température propre de l'animal (polypnée réflexe) ; un échauffement des centres nerveux dû à l'exagération de la température intérieure (polypnée centrale) ; celle-ci apparaît vers 41°, 50. La polypnée est impérieuse, involontaire, fatale : indépendante de la fonction respiratoire proprement dite, qui sert aux échanges gazeux entre le sang et Fair extérieur, elle n'a d'autre but que d'entraîner la réfrigération par exhalation de vapeur d'eau; un excès d'acide carbonique dans le sang, loin de la favoriser, l'empêche ; elle est produite par le besoin non de respirer, mais de se refroidir, et, pour qu'elle soit complète, la pression à l'inspiration et à l'expiration doit être nulle. Cette action hypothermisante de la respiration est commandée parle bulbe rachidien qui devient ainsi le centre d'une fonction nouvelle, régularisation de la température par la respiration.

1. JoLYET et L.vGROLET, Gaz. hebcl . des se. méd. de Bordeaux, lb82, p. 130.

2. Ch. Richet. k Leçons sur la chaleur animale. » [Revue scient., 1884, 2'- s., pp. 141 et 298); 1883, l^c s., pp. 202, 424, 620; 2« s., p. 448; 1886, l^c s., pp. 10, 4i, 75; 2e s., 161 ; 1887, 2e s., pp. 333 et 53J). « Nouvelle fonction du bulbe rachidien. Régularisation de la température par la respiration. » Arch. de physiologie, 1888, pp. 192 211 et 292-311, et dans ce volume un des mémoires suivants.

RALLÏÈRE.

Ch. Richet^ a en outre appelé le premier l'attention sur les effets toxiques du chloral combiné à la chaleur et montré que des températures très élevées peuvent n'être pas mortelles, si, dès qu'elles sont atteintes, on laisse Fanimal se refroidir de lui-même ou si on le refroidit artificiellement.

BoNNAL^ a étudié les troubles physiologiques produits par j la chaleur sèche et humide ; comme ses expériences ont été faites exclusivement sur l'homme, nous en résumerons les conclusions, quelque contestables que certaines d'entre elles nous paraissent : i

1° La vie est possible dans un milieu dont la température est plus élevée que celle de l'homme; la tolérance est plus grande dans un milieu sec que dans un milieu humide ; j

2° Un séjour dans ces milieux à température supérieure à celle de l'homme, amène constamment une perte de poids; celle-ci est en rapport direct avec la température et la durée du séjour; elle est du reste récupérée après un intervalle de 24 heures;

3° Les troubles physiologiques, plus intenses dans un milieu saturé, sont en rapport avec la température et la durée du j séjour; ils apparaissent avant que l'hyperthermie soit établie, et commencent soit par la gêne de la respiration, soit par l'accélération du pouls ;

4° Le rôle de l'évaporation cutanée dans la résistance aux hautes températures paraît être à peu près nul (?) La mort est due à une lésion du système nerveux grand sympathique.

Il nous reste à parler d'un travail expérimental de Vincent ^ dans lequel l'auteur a mis en œuvre toutes les ressources actuelles d'investigation pour expliquerla mort dans l'hyperthermie ; il a discuté les opinions de ses prédécesseurs, répété leurs expériences, et il en a fait lui-même un assez grand nombre

1. Ch. Richét. Bull, de la Soc. de Uol., 9 août 1884, p. 348 ; 31 juillet 1886, p. 397.

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