R.=:GO
4,35. 42,25 R. = 164 (polypnée).
5,50 44 R. = 120. Arrêt du courant.
On voit que, malgré Télectrisation, le thermomètre n'est pas monté au delà de 44°, 15, et que l'animal ne s'échauffe plus; nous n'en voyons d'autre raison que la faiblesse et la fatigue musculaire du chien, qui sont très grandes ; les excitations électriques ne provoquent en effet que de rares contractions.
En même temps qu'on cesse l'électrisation, on défait la muselière et retire toute l'ouate ; quoique démuselé, l'animal garde la gueule fermée, et il est même difficile d'écarter ses mâchoires; la sensibilité est très diminuée : on peut pincer très fortement la queue de l'animal ou les pattes sans provoquer de réaction; le chatouillement de la surface interne de l'oreille est bien perçu ; le réflexe cornéen est intact.
heures. degrés.
La sensibilité a reparu, mais elle est encore émoussée ; l'animal, détaché, ne fait aucun mouvement et paraît exténué.
RALLIÈRE
Il est resté 85 minutes au-dessus de 43° avec maximum 44°, 13 et température moyenne de 43», 80.
La perte de poids est de 4o0 grammes. Ce chien est mort quelques heures après l'expérience, dans la nuit. L'autopsie, pratiquée le 19 avril, à 4 heures du soir, ressemble absolument à la précédente ; nous n'avons rien trouvé du côté du bulbe et des voies aériennes qui pût nous expliquer le retard dans l'apparition de la polypnée, son peu d'intensité et sa faible durée.
Expérience IIL — (31 mars 1888.) Chien adulte, de taille moyenne, pesant 9 kilogrammes.
Muselé, attaché et enveloppé d'ouate à 2 h. 55 ; maintenu 2 h. 45 audessus de 42*^, avec maximum 43^,15, et température moyenne de 42°,70; l'électrisation a été faite pendant 40 minutes; elle a été peu énergique, et, comme dans une expérience précédente, on l'a cessée et reprise, à divers intervalles et pour les mêmes raisons.
A 6 h. 15, l'animal ayant repris sa température normale est détaché; il peut marcher et ne fléchit pas sur ses membres; mais, à peine a-t-il fait quelques pas, qu'il s'arrête et s'appuie contre un pied de table; il reste là immobile, inerte, et ne se couche pas spontanément. Il ne veut ni manger ni boire.
Son poids a diminué de 600 grammes,
A 6 h. 25, il a un peu de diarrhée sans trace de sang.
1" avril. — Animal mort; rigidité cadavérique complète et générale; sous le cadavre on voit de la diarrhée sanguinolente.
Voici les résultats de l'autopsie :
Cœur. — Ventricule gauche très dur, contenant quelques caillots mous et très noirs ; ventricule droit et oreillettes flasques et remplis de sang épais et très noir.
Poumons. — Plèvre intacte; pas d'ecchymose sous-pleurale; poumons considérablement hyperhémiés, présentant aux bases une coloration noire due à une hémorrhagie interstitielle, qui occupe à droite la moitié du lobe inférieur; quelques noyaux semblables dans les autres parties du parenchyme .
Diaphragme parfaitement souple. || Foie et reins. — Congestionnés. .|l Rate. — De volume et d'apparence normaux. Intestins. — Renferment du mucus rosé en assez grande quantité. Cerveau. — Pie-mère finement injectée; rien d'appréciable à la coupe de la substance cérébrale et du bulbe.
HYPERTHERMIE ET CHLORAL.
Expérience IV. — (3 avril 1888.) Chien griffon, adulte, de petite taille, pesant 5 kilogrammes. T. = 39°, 25; R. = 12; P. = 84
A 4 h. 15, e'iectrisé; il se secoue violemment et défait sa muselière. On le laisse en cet état.
4 h. 30. . . . T. =42°; R. 60; pas de polypnée. On cesse l'électrisation et on emmaillote l'animal dans l'ouate.
heures. degrés.
La polypnée apparaît, mais elle est peu intense, intermittente et très irrégulière; le chien respire la gueule ouverte, sans tirer la langue; l'expiration est active et spasmodique.
heures. degrés.
Reprise du courant jusqu'à 5 h, 20.
heures. degrés.
Convulsions cloniques généralisées; on retire l'ouate.
5 h. 24. . . . T. =43°,10 Attaque tétaniforme et mort^
heures. degrés.
5,45 T. =43. Rigidité cadavérique.
L'autopsie a été faite à 5 h. 50, c'est-à-dire immédiatement; elle n'a rien révèle' de particulier. En voici les résultats :
Cœur. — Ventricule gauche, dur, contracté, vide; ventricule droit et oreillettes flasques et remplis de sang excessivement noir et épaissi.
1. Les cas de mort à 43° chez le chien sont exceptionnels, à moins que cette température ne soit maintenue pendant un certain temps; on verra d'ailleurs que les résultats de cette expérience ne sont pas en concordance avec les expériences suivantes.
376 RALLIÈRE
Poumons. — Plèvres vides; pas d'ecchymoses sous-pleurales; noyaux ' hémorrhagiques dans le tissa pulmonaire, très irrégulièrement répartis. Diaphragme normal, non rigide.
Foie, rate et reins. — Fortement congestionnés. Estomac. — Très dilaté.
Intestins. — Remplis de matières fécales dures ; muqueuse duodé-
nale hyperhémiée ; pas de trace d'iiémorrhagie .
Vessie. — Pleine d'un liquide clair et transparent. i Cerveau. — Sinus de la dure-mère gorgés de sang noir; vaisseaux de ■
la pie-mère plus apparents qu'à l'état normal; hémisphères céréhraux, !
cervelet, bulbe et protubérance sains, \
Expérience V. — (4 avril 1888.)
Chien adulte, de taille moyenne, pesant 12 k, oOO. Muselé et attaché à 3 h. 45; T.= 39^45; Resp. = 28.A 3 h. 50, électrisé ; à 4 h. 20, T, = 42; i R. = 180. On arrête le courant et on enveloppe l'animal dans l'ouate : la température est maintenue une heure au-dessus de 42° avec maximum 42°, 90 et température moyenne 42°, 40; à oh. 20, l'animal est détaché; il revient assez rapidement à sa température normale.
Le chien peut marcher sans difficulté; il a perdu 500 grammes de son poids primitif; il [mange avec appétit et boit avec empressement, puis il se couche.
5 avril. — Animal vivant, bien portant, mais très craintif; il n'a pas uriné ni déféqué depuis l'expérience.
T. = 39°,25; R. = 24; Poids = 1 2^i',o00. Aucun accident ultérieur.
Expérience Vr. — (5 avril ISSS.)
Chien griffon adulte, de forte taille, pesant 21'^*', 500. Muselé et attaché cà2 h. 10. T, = 39°,2; R. = 24. i
Emmailloté dans l'ouate et électrisé ; maintenu deux heures au-dessus i de 42° avec maximum de 43° et température moyenne de 42°, 50 ; perte | de poids = 1 200 grammes.
L'animal, aussitôt détaché, se met à courir et mange avec avidité.
6 avril. — Chien très bien portant. T. = 39°, 40; poids = 20 kilogrammes. Aucun phénomène morbide dans la suite; il a servi à d'autres expériences. i
HYPERTHERMIE ET CHLORAL.
Expérience VII'. — (17 avril 1888.)
Chien bouledogue adulte, de taille moyenne, pesant 6>^",o00; muselé et attaché à 2 h. 45. T. = 39°,45.
A 2 h. 50, enveloppé entièrement dans l'ouate, l'animal ne bouge ni ne se plaint, mais salive abondamment. On laisse monter la température à 42°, 50 et on la maintient entre 42° et 43° pendant deux heures. L'électricité n'a pas été employée, on s'est contenté d'enlever la muselière ou de la remettre selon qu'il fallait refroidir ou échauffer l'animaP.
A 6 heures le chien, revenu à sa température normale, est détaché; perte de poids = 250 grammes; elle représente exactement la quantité de salive sécrétée et de vapeur d'eau exhalée par les poumons, l'animal n'ayant ni uriné ni déféqué pendant l'expérience.
Le chien paraît assez fatigué et ne peut se servir du membre postérieur droit, qu'il évite d'appuyer sur le sol; il ne veut ni manger ni boire et se couche.
Survie sans aucun accident.
Expérience VIII'. — (18 mai 1888.)
Chien adulte, vigoureux, de taille moyenne, pesant 10 kilogrammes, attaché et muselé à 9 h. 50.
9 h. 53, enveloppé dans l'ouate et électrisé. 10 h. 15, T. = 42 h. 15. Arrêt du courant.
L'animal est maintenu trois heures consécutives (de 10 h. 15 à 1. h. 15), entre 42° et 42^^,60, avec température moyenne de 42°, 30.
heures.
1,15, on enlève l'ouate et la muselière. 1,20, T. = 41°,75.
L'animal détaché ne pèse plus que 9'''S500 ; il a donc perdu 500 grammes ; il marche sans grande difficulté ; son arrière-train est cependant affaibli; mais cet état n'est que passager. A 5 heures, le chien paraît bien portant, il mange avec son appétit ordinaire; T. = 38°,50.
12 mai. — Animal vivant; pas de diarrhée dans la nuit ; pas de sang dans les matières fécales. T. =39°. Survie définitive sans accident.
1. Un chien en hyperthermie, qui a 42° par exemple, et qui est muselé, ne peut faire que 150 à 180 inspirations en moyenne par minute; non muselé, il en ferait de 200 à 300 et se refroidirait par conséquent beaucoup plus vite; la muselière ralentit la polypnée, en augmentant la pression de l'air inspiré et expiré. Voy. Ch. Richet. Arch. de physiologie, 1888, p. 206.
KALLIÈRE.