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TOME I

RALLIÈRE

place ; il est en effet très affaibli, et, si on le met debout malgré lui, il n'y reste pas et se recouche aussitôt; les membres postérieurs offrent encore des secousses convulsives très nettes, mais moins accentuées qu'immédiatement après la sortie du bain; ils sont peu sensibles; l'animal est bien desséché; T. = 38''; poids =6 kil.; perte = 500 gr.; le même état a persisté toute la soirée; la température prise à diverses heures a toujours été de 38°.

i 3 mai. — 10 heures du matin; animal couché à la même place que la veille, présentant des attaques cloniques très fortes, généralisées, avec claquement des dents; les attaques durent à peu près une demi-minute, puis elles deviennent de plus en plus rares et plus faibles; à 11 heures, elles ont presque disparu et on ne voit plus que quelques secousses légères et isolées, se passant surtout dans les membres postérieurs; la sensibilité est abolie; seul le réflexe cornéen existe encore; la température de l'animal est de 27»; de 10 heures à 11 heures elle s'est maintenue à ce chiffre.

14 mai. — Animal mort; l'autopsie n'a pas été faite.

Expérience VI ^ Chien chloralisé et échauffé ensuite, meurt à 42°.

Expériences VII et VIII (communiquées par Ch. Righet; inédites).

Chien porté à 44°, 10 et n'étant resté au-dessus de 43° que 18 minutes, reçoit du chloral et succombe.

Un autre chien, porté à 42°,70, et chloralisé, meurt le lendemain; il est resté seulement 1 h. 15 au-dessus de 42°, sans dépasser 42°, 70.

Ces expériences montrent clairement, je crois, que le chloral, comme l'a indiqué M. Ch. Righet, devient très toxique quand il est associé à la chaleur; à 44°, il produit très rapidement la mort; à 43'', 50, il est encore mortel; cependant la survie est plus longue; à 43° la guérison est possible; mais on observe de la paralysie avec anesthésie complète des membres postérieurs pendant plusieurs jours; un chien maintenu 75 minutes au-dessus de 42° avec maximum 42°, 70, reçoit du chloral et meurt; ces diverses températures, 44°, 43°, oO, 42^ les deux premières n'ayant duré qu'un instant, deux minutes

1. Ch. Richet, Bull, de la Soc. de Mol. Séance du 9 août 1884, p. 550.

HYPERTHERMIE ET CHLORAL. 387

à peme, la dernière n'ayant pas été prolongée au delà de 75 minutes, ne sont certainement pas mortelles par ellesmêmes ; il suffit de se reporter à nos expériences précédentes pour s'en assurer. Chose curieuse, les animaux ainsi cliloralisés et échauffés semblent guérir et revenir à leur état normal; on pourrait, pendant un certain temps, les croire hors de danger quand, tout à coup, éclatent des convulsions épileptoïdes, d'abord fréquentes et violentes, qui vont ensuite en s'atténuant et qui se terminent par un accès tétanique et la mort immédiate; celle-ci arrive soit en hypothermie considérable (26°), soit à une température voisine de la normale (38°); elle peut se produire dans le coma, sans être annoncée et précédée par des phénomènes convulsifs^

Cette influence de Fhyperthermie sur l'action du chloral est des plus manifestes, et elle appelle l'attention sur un point particulier et assez important de pratique médicale; le chloral est, en effet, un médicament usuel et journellement prescrit; il est surtout indiqué dans les affections à forme convulsive ; or, dans ces maladies (tétanos, épilepsie, éclampsie...), la température du corps peut monter très rapidement à 40°-41°; si, à ce moment-là, on administre du chloral, selon toute probabilité on augmente le danger et on prépare une terminaison fatale; il est vraisemblable qu'à une température i de 39°, 5 qui dure depuis plusieurs heures, le chloral, chez l'homme, serait également toxique; les substances de la même série que le chloral (chloroforme, éther, alcool) doivent, vraisemblablement aussi, se comporter de la même j façon et devenir toxiques, quand la température de l'organisme s'élève ; c'est là peut-être la raison de la gravité du j coup de chaleur chez les alcooliques et les ivrognes.

I 1. L'injection sous-cutanée de chloroforme chez les cobayes et les lapins amène la mort dans des conditions à peu près semblables ; ces animaux vivent

I plusieurs jours après avoir reçu l'injection ; puis soudain surviennent des convulsions cloniques, et ils meurent. Yoy. : Cn. Bouchard, Bull, de l'Acad. de méd., 12 février 1884, 2^ série, t. XIII, p. 208. Voir iiussi Se mahie méd., 1884,

, nos 7 et 18, pp. 59 et 185.

RALLIÈRE

M. Ch. Richet^ a remarqué que, chez les poissons, la puissance des poisons augmentait avec la température ; des expériences récentes, faites par MM. Ch. Richet et P. Langlois, et auxquelles nous avons assisté, montrent nettement que d'autres substances agissent plus énergiquement chez le chien quand on l'échauffé qu'à la température normale; ces faits demandent d'autres recherches et doivent attn^er l'attention sur la posologie des médicaments aux diverses températures.

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