Cl. Bernard, Leçons sur les anesthésiques
2. Ch. Richet, Bull, de la Société de biologie, 17 novembre 1883,' p. 587.
incommodés, supporter des variations thermiques considérables, se prêtent bien à ce genre d'expériences.
Procédé d' expérimentation. — Dans nos expériences, deux .[conditions doivent être remplies : 1° porter les grenouilles à des températures diverses, ce que Ton fait rapidement en les plongeant dans l'eau préalablement chauffée ou refroidie; 2° leur faire absorber des doses toxiques déterminées, j Pour satisfaire à cette dernière condition, nous avons emji ployé deux procédés. Nous avons utilisé l'absorption cutanée ! en plongeant les grenouilles dans des solutions titrées et portées à diverses températures. Nous nous sommes servi en outre des injections sous-cutanées.
Chacun de ces procédés présente quelques inconvénients. L'absorption cutanée ne peut être la même à 30° ou à lO"". A mesure que la température s'élève, la circulation devient plus active, l'absorption doit être plus rapide. De plus, les volumes croissent comme les cubes, et les surfaces comme les carrés, de sorte qu'une grosse grenouille a, proportionnellement à son poids, une surface d'absorption moindre qu'une petite, et résistera plus longtemps dans une même solution toxique. C'est ce que nous a démontré l'expérience.
Dans l'injection sous-cutanée, les causes d'erreur sont beaucoup moindres. Comme l'a dit M. Ch. Richet\ elles tiennent en partie à la difficulté d'évaluer exactement le poids de l'animal.
Pour une grenouille de 20 grammes, on peut avoir des différences de 2 grammes suivant que le tube digestif est rempli ou non, suivant qu'elle est restée plus ou moins longtemps à l'air, exposée à l'évaporation. Cette différence peut faire varier la dose toxique rapportée à 1 kilog. de poids d'animal dans des proportions considérables.
Malgré ces causes d'erreur, impossibles à éviter, nous
1. Ch. Richet, <( Action physiol. des sels alcalins. » Archives de physiol., février 1886, p. 102.
SAINT-HILAIRE
croyons cependant avoir atteint une assez grande précision en employant les deux procédés et en faisant de nombreuses expériences qui se contrôlaient entre elles.
Les injections ont été faites tantôt dans les muscles de la cuisse, tantôt sous la peau du dos, à l'aide d'une petite seringue de Pravaz, et toujours, l'injection terminée, une petite pince était mise sur le trou de Taig-uille pour empêcher la sortie du liquide.
[Les doses sont toujours rapportées à 1 kilogramme d'animal.)