U,4DD
Expérience XXIII.
Expérience XXIV.
(Norm.)
Expérience XXV.
Polypnée
Hypopnée
AMUOT ET CH. RICHET
minutes augmenter ou ralentir cette excrétion : si elle est, par exemple, de 0,600 à l'état normal, nous pouvons, par l'hypopnée, en cinq minutes, l'abaisser à 0,100, et, en cinq minutes, par la polypnée, l'élever à 0,900; mais ces chiffres extrêmes ne durent pas longtemps. Bien vite l'excrétion, malgré nos efforts, revient au taux normal de 0,600 ou à peu près.
En effet, nous pouvons faire varier Yexcrétion (pendant quelques minutes au moins), mais nous ne pouvons pas modifier la production; car les altérations du rythme respiratoire ne peuvent modifier les combustions des cellules de l'organisme.
Même il se trouve que les altérations volontaires du rythme respiratoire ne peuvent modifier l'excrétion que pendant un temps très court, quelques minutes à peine. Au bout de vingt minutes, le taux normal est revenu, et même a été dépassé, par une sorte de compensation qui tend à rétabhr la balance.
Ce que nous disons de la production de CO^ s'applique également à l'absorption de 0\ On sait que, par une série de respirations répétées, on peut se mettre en état à'apnée, c'està-dire rester pendant quelque temps sans respirer. (En nous exerçant, nous avons pu arriver à une durée maximum d'apnée égale à 2"30%) Or, dans ce cas, la consommation d'oxygène n'a pas été modifiée : c'est seulement l'absorption par le
FiG. 95 bis. — Influence de la volonté sur la production de COî.
A jjauche, eu grammes, par kilogramme do poids vif et par heure, les quantités de Coproduites. Le trait pouctué indique le taux moyeu. Expérience portant sur trois personnes. On voit que, vingt minutes après l'iiypopnée voloniaire, le taux normal est revenu et mémo dépassé.
poumon qui a été arrêtée, le sang contenant des réserves d'oxygène suffisantes pour subvenir aux besoins de nos tissus pendant deux minutes.
Ainsi, — et c'est là une distinction que nous croyons importante — il faut séparer V excrétion de GO" et la 'production de GO^; V absorption de 0- et \di consommation de 0^ La consommation de 0^ et la production de GO' sont absolument soustraites à l'influence de la volonté, tandis que l'excrétion de GO^ et l'absorption de 0^ sont soumises à la volonté, mais seulement pendant un temps très court, le temps qu'il faut au sang pour se charger de GO^ ou se dépouiller d'oxygène.
G. Effets des injections rectales gazeuses d'acide carbonique. — Nous nous contenterons d'indiquer ces expériences, rapportées ailleurs avec plus de détails; mais il est bon de les mentionner, car elles fournissent assez bonne preuve a posteriori de l'exactitude de notre méthode analytique \
Un individu de 66 kil. excrétait avant le lavement gazeux 16 litres de GO^ par heure. Dans la demi-heure qui a suivi l'injection rectale de 3"\500, il a excrété, en plus que précé- ^lemment, 2^'',300.
S., produisant à l'état normal 12"\55 de G0% a reçu en lavement 2"\500 de GO". Il a rendu en une heure et quinze minutes 2^^,650 de GO^ de plus que précédemment.
Par conséquent, en faisant la moyenne de ces deux expériences, nous injectons dans le rectum 6 litres de GO', et nous retrouvons au bout d'une heure 4^'^950 de GO^ en plus.
1. M. Hanriot et Cii. Richet, Bulletin de la Soc. de bioL, 14 mai 1887, p. 307. Si nous avons tenté ces expériences, paraissant quelque peu bizarres, c'est parce que M. Bergeon a imaginé un traitement médical de la tuberculose par cette méthode, et qu'il est venu lui-même en faire l'application dans notre laboratoire chez deux de ses malades dont nous avons pu alors doser les combustions respiratoires.
M. HANRIOT ET CH. RICHET
Ce qu'il y a d'intéressant à noter, c'est : i° que la ventilation s'est accrue, ce qui semblerait faire croire à l'influence de CO' sur l'innervation respiratoire motrice, et 2° que les effets sont presque instantanés, ce qui prouve que le GO^ introduit dans le rectum passe rapidement dans le sang.
Influences individuelles. — Comparons les différences individuelles des combustions respiratoires chez les divers individus observés par nous.
Nous avons fait sur S. des expériences extrêmement nombreuses; mais, sur les autres individus, ces expériences sont peu fréquentes, souvent même uniques.
Pour S. (à l'état de digestion), les chiffres moyens sont :
lit.
Ventilation 9,37
CO 2 (en grammes) 0,569
Proportion de CO ^ en volume. . . 3,28 Quotient respiratoire 0,84
Nous avons pour d'autres personnes les chiffres suivants (par heure et par kilogramme) (voir le tableau p. 509).
Si nous prenons la moyenne de toutes ces expériences assez hétéroclites, nous retrouvons les mêmes chiffres à peu
près que pour S.
Soit :
lit.
Proportion de CO ^ 3,27
Si le poids de CO' est un peu plus faible que chez S., cela s'explique peut-être par le poids plus élevé des individus en expérience. On doit supposer, comme l'indiquent d'ailleurs les expériences des autres physiologistes, que, si le CO^ produit est de 0^''',560 pour les individus de 50 kilogrammes, il est de 0^'',480 pour les individus de 70 kilogrammes; mais nous nous
ÉCHANGES RESPIRATOIRES CHEZ L'HOMME. .iOO
î proposons de faire sur ce point spécial des recherches phis approfondies; car, évidemment, ce sont là des données assez insuffisantes.