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En étudiant les chiffres de ce tahleau, on voit la conclusion importante qui en résulte, c'est que la taille ne modifie plus, chez le chien chloralisé comme chez le chien normal, la production d'acide carbonique par kilogramme. Les gros chiens et les petits chiens produisent, les uns et les autres, à peu près autant. Le minimum de GO" s'observe chez un chien de et le maximum chez un chien de 7''°, 200.

Si, chez les chiens normaux, la production des échanges chimiques est proportionnelle à la taille, cela tient à ce que les chiens normaux luttent contre le refroidissement extérieur, et ils doivent lutter efficacement, sous peine de se refroidir et d'avoir une température au-dessous de la normale. Or, pour résister au froid, les petits chiens ont beaucoup plus à faire que les gros, ayant, par rapport à l'unité de poids, une surface bien plus considérable, autrement dit une cause de refroidissement plus active.

Aussi voyons-nous les petits chiens avoir une activité chimique deux et trois fois plus forte que les gros chiens, et cependant la température des uns et des autres est la même.

1. Ces chiffres diffèrent tant soit peu de ceux que j'ai donnés dans les Coj/iptes rendus de V Académie des sciences, t. CIX, p. 192, juillet 188'.); mais j'y ai ajouté des expériences nouvelles : j'en ai retranché une qui me paraissait insuffisante, et j'ai soumis tous mes chiffres à la même revision que plus haut.

Mais, quand l'animal est chloralisé, les conditions changent. Le système nerveux central est tellement affaibli qu'il ne peut plus lutter contre le froid extérieur. Il ne reste, en fait d'échanges chimiques, que ceux qui sont indispensables à la vie normale des tissus, et cette activité chimique devient proportionnelle non plus à la surface, mais au poids môme de l'animal, qui produit par kilogramme un minimum d'acide carbonique, à peu près 0^'',660 par kilogramme et par heure.

Un gros chien chloralisé ne diminue ses échanges que de 30 p. 100, tandis qu'un petit chien chloralisé diminue ses échanges de 70 p. 100.

Si ces faits sont exacts, il doit s'ensuivre ceci : c'est qu'en chloralisant par la même quantité de chloral un gros chien et un petit chien, le gros chien se refroidira beaucoup moins vite que le petit. Or, c'est ce qu'on observe, comme le prouvent les expériences suivantes :

A. Le i5 mai, on donne à un gros chien de 28 kilogrammes une dose de O^^^OO de chloial par kiL Au moment de l'injecLion, à 1 h. 40 m., sa température est de 38°, 7 ; à 4 h. 25 m., elle est de 37°, 35. A la môme heure, 1 h. 40 m., on a donné à un petit chien King-Charles de 5^^,400 la même dose proportionnelle de chloral. Sa température au moment de l'injection est de 39°, 10; à 2 h. 10 m., elle est de 37°, 30. Ainsi, en 17 minutes, la température du petit chien a baissé plus vite que la température du gros chien en 3 heures.

B. Le 5 mai, on donne à trois chiens la même dose proportionnelle de chloral, soit 0^=''", 500 par kilogramme. A 10 heures, au moment de l'injection péritonéale, la température du chien de 23 kilogrammes est de 38°, 5, celle du chien de 8&^9 est de 40°, celle du chien de 7 kilogrammes est de 39°, 75. A 1 h. 20 m., c'est-à-dire 3 heures après l'injection, les températures sont :

degrés.

Pour le chien de 23 kilogrammes. . . 34,80

Pour le chien de 8'^o,9 32,10

Pour le chien de 7 kilogrammes. . , 33,50

C. Le 4 mai, on donne à deux chiens la même dose proportionnelle de chloral. L'injection est faite à 2 h. 30 m.; la température du chien de

2o'^e,5 est de 39°, 2, celle du petit chien terrier de 6'^-,700 est de 39", et on a les températures suivantes :

Gros chien. Fetit chien, degrés. degrés.

6 h. 20 35, 6o 28, oO

Ces expériences prouvent nettement que la même quantité (proportionnelle) de chloral refroidit beaucoup plus vite un petit chien qu'un gros chien, parce qu'elle diminue bien davantage l'activité de ses combustions chimiques.

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Conclusions théoriques.

Comment la surface du corps peut-elle déterminer des échanges chimiques plus ou moins actifs? Telle est la première question qui s'est posée à nous, et nous l'avons résolue partiellement en prouvant que cette régulation est fonction du système nerveux. Quand l'activité du système nerveux est abolie par le chloral, alors il ne peut plus être question de régulation; les combustions devienaent proportionnelles à la masse du corps, non plus à la surface tégumentaire.

Mais il s'agit de savoir comment le système nerveux arrive à cette régulation.

Il ne peut d'abord être question des vaso-moteurs, puisque ici ce n'est pas la calorimétrie qui est en jeu (perte de chaleur); mais des échanges chimiques eux-mêmes (production de chaleur), cause immédiate de tous les phénomènes calorifiques de l'organisme.

Ces échanges chimiques plus actifs peuvent porter soit sur les muscles, soit sur les viscères, appareils glandulaires, etc.

CHARLES RIGHET.

Or les glandes de l'organisme, — surtout le foie qui en représente la portion principale, — quoique étant assurément soumises au système nerveux, ne suffiraient pas pour accroître la température d'un petit chien autant qu'il le faudrait pour compenser le refroidissement de la périphérie. Un chien de 3 kilogrammes, dont le foie pèse à peu près 200 grammes, produit, à l'état normal, à peu près 6 grammes de CO^, etquandilest chloralisé,iln'enproduit plus que par con-

séquent, les 200 grammes de foie pourraient, sous l'influence d'une stimulation nerveuse, produire 4^'", 2 d'acide carbonique, soit à peu près 20 grammes par kilogramme et par heure pour le tissu hépatique, ce qui est passablement absurde.

On ne voit donc guère, en dernière analyse, que le système musculaire, dont l'excitation par le système nerveux peut amener un excédent de combustions.

Que Ton compare, en effet, les gros et les petits chiens, on verra que les gros chiens sont lents, paresseux, se traînant à grand'peine, endormis dans leurs niches ou sur le seuil des portes; par exemple les terre-neuve et les chiens des Pyrénées. Dès le moindre effort musculaire, ils sont essoufflés, et on voit apparaître cette polypnée thermique, destinée au refroidissement, et sur laquelle j'ai assez insisté dans un autre mémoire^ pour n'avoir plus besoin d'y revenir.

Au contraire, les chiens de petite taillp sont toujours en mouvement, à l'exception peut-être de quelques vieux chiens à demi impotents et couverts d'une épaisse couche de graisse. Cette graisse les protège efficacement contre le froid, à peu près aussi bien que le tissu sous-cutané des phoques les défend contre le froid des mers polaires. Les gros chiens sont peu remuants, les petits chiens sont toujours en éveil.

Si ces petits chiens viennent à s'endormir et que la température extérieure ne soit pas très élevée, alors survient un autre phénomène musculaire qui compense le repos rauscu-

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