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LIV

La moyenne de ces trois expériences nous donne le chiffre

CALORIMÉÏRIE.

de 4''^,6'20, chiffre supérieur à celui que donnent des lapins du même poids à ces températures.

Je n'ai, d'ailleurs, pas d'autres expériences à donner sur ce point; car le fait est très simple et trop évident pour mériter une longue étude.

Si, au lieu de raser des lapins, on les enduit d'huile de lin ou de vernis, on observe aussi une déperdition calorique plus abondante, et, comme l'ont constaté divers auteurs, on les voit se refroidir assez vite pour que la mort soit vraisemblablement attribuable au froid V

L'expérience suivante en donnera un exemple : Un lapin, ayant une température de 39°, 6, est recouvert, à neuf heures, d'huile de lin. A deux heures, sa température est à36%8. Malgré cet abaissement notable, il donne alors 4570 calories. Le lendemain matin, sa température est de 22°, 8 ; il est mourant, et la rigidité cadavérique survient presque immédiatement.

Les lapins huilés perdent rapidement de leur poids. Ainsi, pour en citer un exemple tout à fait remarquable : un lapin huilé le 8 décembre et pesant 3''^,270 pesait le 9 décembre 2''^,640 ; ce qui fait une diminution de poids de 630 grammes, c'est-à-dire de 19 p. 100 en vingt-quatre heures. Malgré cela, la quantité de chaleur produite, ou perdue, a été considérable, soit (exp. LXXVI) de 5 560 calories, chiffre tout à fait anormal pour un lapin pesant plus de 3 kilogrammes. Dans une autre expérience, la perte en calories a été de 4 900 calories pour un lapin incomplètement enduit d'huile (exp. XGIV), et, dans une autre (exp. LXV), de 4 650 calories.

En effet, si l'on veut conserver des lapins couverts d'huile, il ne faut pas enduire tout le poil; car alors ils meurent rapidement. Quoique incomplètement enduits, ils perdent de leur

1. Voyez la bibliographie afifërente à cette question daas mon article peau, du Dictionnaire de médecine et de chirurgie prat., p. 369.

poids, OU du moins n'augmentent pas, comme l'indiquent les

chiffres suivants :

4 décnmbiv 2,820

13 janvier 2,830

18 mars ....... 2,810

Sur un autre jeune lapin, pesant, le 13 février, on fait incomplètement une imbrocation d'huile qu'on renouvelle le 23 février.

Le 14 mars, il pèse 1^^,910, tandis qu'un lapin de la même portée qui, le 13 février, pesait ^'^,455, pesait, le 14 mars.

Ici encore, nous trouvons une relation entre la production de chaleur et de poids. Les animaux qui perdent beaucoup de calorique, par suite d'une disposition quelconque de leur tégument, ne peuvent pas augmenter de poids. Ils consomment vraisemblablement plus d'aliments, plus d'oxygène, leur dénutrition est beaucoup plus active, alors que leur assimilation est inférieure à ce qu'elle est chez des animaux normaux.

J'ai étudié aussi l'influence des aspersions d'eau froide sur le tégument, et j'ai pu constater qu'un lapin mouillé et trempé dans l'eau froide, non seulement dégage plus de chaleur quand il est mouillé; mais encore, quand il a été séché, continue à en dégager des quantités plus considérables. Les choses se passent comme si, pour résister à la déperdition plus grande de calorique, son système nerveux avait ordonné une production plus grande de chaleur, production qui se prolonge au delà du temps que dure la déperdition exagérée de calorique*.

1. M. d'Arsonval a donné cette même expérience {Bull, de la Soc, de BioL^

CALORIMÉTRIE. 207

• Un lapin (exp. LXXXVII et LXXXVIII) ayant donné 3 690 calories a été mouillé, puis séché soigneusement ; puis sa calorimétrie a été déterminée, et elle a été alors de 4 390. Un autre lapin, mouillé, puis séché, a donné 4 480 calories (exp. LXYII).

J'ai aussi cherché à voir si un jeune lapin, successivement mouillé pendant plusieurs jours, présenterait une diminution de poids quelconque. Les efîets n'ont été appréciables qu'au début, alors qu'il était tout à fait jeune ; plus tard, il n'y a pas eu, sous l'influence de ces douches quotidiennes, d'effet appréciable sur sa nutrition. Yoici les poids observés sur ce lapin mouillé, comparés aux poids d'un lapin normal de la même portée :

Lapin mouillé. Lapin normal.

kilopT. kilogr.

13 février J,410 1,455

3 mars 1,935 2,025

On voit que ces bains répétés n'ont guère eu d'influence sur le poids de ce lapin que dans les premiers jours, lorsque l'animal était tout jeune, ou peut-être non habitué encore à ce régime. Dans des expériences ultérieures, je soumettais quotidiennement des lapins à des affusions d'eau froide. Deux lots de six lapins chacun ont en un mois augmenté de la même manière; un de ces lots servant de témoin, l'autre lot au contraire était chaque jour soumis à des affusions froides.

27 décembre 1884, p. 766), qu'il avait faite il y a longtemps, mais que j'ignorais, quand je l'ai indiquée, dans la séance du 13 décembre 1884. C'est une expérience importante, et qui mérite assurément d'être répétée.

208 CHARLES RIGHET.

Il était assez intéressant d'étudier Tinfluence de la couleur

du tégument. Voici quelques expériences à cet égard :

Lapin blanc : Poids, 2kg, 310. Lapin gris : Poids, 2kg, 310. Température

(Exp. CCCCXIX.) (Exp. CCCCXX.) extérieure.

calories. calories. degrés.

Soit, la chaleur fournie par le lapin blanc étant de 100, celle fournie par le lapin gris a été de 122.

Lapin blanc : Poids, 2kg, 290. Lapin noir : Poids, 2 kilog. Température

(Exp. CCCCXXL) (Exp. OGCCXXIL) extérieure.

calories. calories. degrés.

Soit, la chaleur fournie par le lapin blanc étant de 100, celle fournie par le lapin noir a été de 130.

Lapin blanc : Poids, 2kg, 150. Lapin gris : Poids, 2kg, 460. Température

(Exp. CCCCXXVIL) (Exp. CCCCXXVI.) extérieure.

calories. ca' cries. degrés.

Soit, la chaleur fournie par le lapin blanc é(ait de 100, celle fournie parle lapin gris a été de 116.

Lapin blanc : Poils, 2kg, 120. Lapin noir : Poids, 2kg, 300. Température

(Exp. CCCCXX VIII.) (Exp.CCCCXXIX.) extérieure.

calories. calories. degrés.

Soit, la chaleur fournie par le lapin blanc étant de 100, celle qu'a fournie le lapin noir a été de 116.

Lapin blanc : Poids, 2kg,-j00. Lapin noir : Poids, 2kg, 300. Température

(Exp. CCCCXL.) (Exp. CCCCXLI.) extérieure.

calories. calories. degrés.

Soit la chaleur fournie par le lapin blanc étant de 100, celle qu'a fournie le lapin noir a été de 109.

GALORIMÉTRIE. 209

Ainsi, dans ces cinq expériences, les lapins blancs ont notablement moins dégagé de chaleur que les lapins gris ou les lapins noirs. Cela, du reste, pouvait être prévu a priori; car les objets blancs rayonnent moins que les objets noirs.

On peut aussi remarquer que dans les pays froids le pelage des animaux est blanc, tandis qu'il est noir et coloré dans les pays chauds. Le soleil, qui tend à développer le pigment, tend en même temps à faciliter le rayonnement calorique.

Quelques expériences ont aussi été faites sur l'électrisalion.

J'ai montré, dans des recherches antérieures^, que les animaux électrisés, par exemple les chiens, augmentent énormément de température et qu'on pouvait, dans ces conditions, la porter à 42°, 43° et même 45°. M. Rosenthal^ a objecté à ces expériences qu'il ne s'agissait probablement pas uniquement d'un accroissement de chaleur, mais aussi d'une moindre déperdition, par suite d'un spasme des vaso-constricteurs. Cette hypothèse est bien peu vraisemblable; car les animaux électrisés ont une respiration extrêmement fréquente, une haleine brûlante et la peau très chaude : ce qui ne concorde guère avec un amoindrissement dans le rayonnement calorique. Néanmoins, il était indispensable de faire l'épreuve calorimétrique directe.

Voici le résultat de ces expériences :

Deux lapins normaux étaient placés simultanément chacun dans une des boules, et, comme ils étaient de poids égal et que la température extérieure était égale pour les dCîUx, les conditions sont absolument comparables. Si l'on suppose la chaleur dégagée par le lapin normal égale

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