partie antérieure du
cerveau.
Température.
heures, defrrés.
A 3 » 40,0 Opération, à 4,30 40,8 à 6 » 40,2
13 mai 1884 2,315
Il paraît, à ce moment, complètement remis de l'opération.
On voit que l'animal, tout à fait remis de la lésion du nerf sciatique, a rapidement augmenté de poids, puisque, du 24 avril
GALORIMÉTRIE. 233
au 12 mai, c'est-à-dire en 18 jours, il a augmenté de 555 grammes, tandis qu'après l'opération faite au cerveau il a diminué en 2 jours de 270 grammes et en 13 jours de 80 grammes.
Nous donnons encore le poids d'un autre lapin dont, à plusieurs reprises, le foie a été légèrement piqué.
Température.
kilo-.
degrés.
16 avril 1884. . .
Piqûre du foie.
Nouvelle piqûre.
39,9 avant la piqûre.
39,8 après la piqûre.
l'^'^ mai 1884. . .
Piqûre du foie. A 3 h".
1" juillet 1884 .
On voit, par
cette
expérience, que, si la piqûre du foie a
fait, pendant un temps très court, diminuer le poids, la lésion
n'a pas eu d'influence grave et prolongée et que le lapin s'est complètement rétabli.
Comme point de comparaison, je donnerai une nouvelle expérience, dans laquelle un lapin a été soumis à l'inanition.
2 mai 1884.
Poids, kilog.
Injection de 1 ce. de sang putréfié dans la cuisse.
Température.
degrés-
heures-
A partir du 12 mai, soumis à l'inanition.
13 mai 1884 1,875 39,3
On lui redonne à manger.
19 mai 1884 1,570 39,7
Je ne multiplierai pas les expériences analogues ; car elles ne feraient que confirmer ces faits : toute lésion traumatique diminue le poids de l'animal opéré, et cette diminution est quelquefois extrêmement rapide. Quand la lésion porte sur le système nerveux central, et en particulier sur le cerveau, la
GALORÏMÉTRIE.
diminution de poids est très intense, même quand l'animal peut se nourrir et quand il n'a aucune modification appréciable dans ses allures, aucun trouble moteur ou sensitif.
L'augmentation de température, l'excitabilité sensorielle, la diminution de poids sont trois phénomènes qui marchent de pair et qui se lient étroitement l'un à l'autre. L'excitation du cerveau amène une combustion plus active, une température plus élevée, et, partant, une dénutrition plus rapide.
Il serait, en clinique médicale, d'un grand intérêt de poursuivre cette influence de la fièvre sur le poids, et cependant peu de médecins ont entrepris cette étude. Il n'y a guère à cet égard que les excellentes leçons de Botkine^ et surtout un mémoire de Leyden\ D'après ce médecin distingué, la perte de poids, dans certaines fièvres, a pu atteindre par heure et par kilogramme 12 grammes environ, pendant la période aiguë de la fièvre. On ne comprendrait pas cette énorme perte de poids si l'on n'admettait une combustion exagérée des tissus, par conséquent, une production plus considérable de chaleur ^
1. Delà fièvre, traduction française, Paris, 1872, 1 vol, in-8*'.
2. « Untersuchungen uber das Fieber » [Deutsches Archiv fûrklinische Med., 1869, t. V, pp. 303 à 371).
3. On trouvera encore quelques indications sur la perte de poids par la fièvre dans la Thèse d'agrégation de M. Du Castel, 1878, page 122 ; dans la Thèse inaugurale de M. Sautarel, Paris, 1869. D'après Wachsmuth, cité par Hirtz, article FIÈVRE, page 723,1a perte de poids a été dans un cas de 16,2 p, 100 par kilogramme, en vingt-quatre heures. Je le répète, les indications des médecins, sur ce point, sont peu nombreuses. Le sujet a cependant une réelle importance.
Quoique mes expériences portent sur des lapins, cependant j'ai pu observer des phénomènes analogues chez les oiseaux. Ainsi un canard opéré le
16 juin 1885 de l'ablation superficielle du cerveau, avait 42», 1 à 3 h. 30 m., et son poids était de 1 650 grammes; à 5 h. 20 m. sa température était de 430,1 ; et le lendemain, vingt -quatre heures après l'opération (il n'avait pas mangé), sa température était de 430,5, et son poids de 1 375 grammes, soit
17 p. 100 de perte de poids en vingt-quatre heures, perte coïncidant avec une hyperthermie considérable.
236 CHARLES RIGHET.
D'ailleurs, les expériences qui vont suivre, et qui portent sur la calorimétrie après traumatisme cérébral, vont donner, outre la calorimétrie proprement dite, quelques cas typiques d'hyperthermie et de dénutrition consécutives au traumatisme encéphalique.
Je donnerai d'abord une sorte de statistique générale des premières expériences faites en novembre-décembre 1884.
Six expériences faites sur des lapins normaux m'ont donné une moyenne de 3 070 calories ; vingt expériences portant sur des lapins dont le cerveau avait été piqué ont donné une moyenne de 398o calories.
Dans des expériences faites avec un autre récepteur calorimétrique, j'ai trouvé comme moyenne de huit expériences sur des lapins normaux 3 070 calories, et, comme moyenne de neuf expériences faites sur des lapins piqués, une moyenne (Je 3 650 calories.
Par conséquent, dans ces deux séries on voit combien la piqûre du cerveau a augmenté la radiation calorique.
Appelons 100 la quantité de chaleur émise par un lapin normal, le minimum a été de 90 et le maximum de 113 dans ces premières expériences. Quant aux lapins piqués, la moyenne a été de 124 avec un maximum de 163.
Ainsi la piqûre du cerveau peut augmenter de plus de moitié la production de la chaleur normale, et l'augmentation de la radiation calorique coïncide avec l'augmentation de la température centrale.
De là on peut conclure rigoureusement ce fait important, c'est que le système nerveux, étant excité, provoque des combustions chimiques plus actives dans les tissus, et que la fièvre est due non à une déperdition moindre, mais à une production plus grande de chaleur, fait qu'on avait admis depuis
CALORIMÉÏRIE.
longtemps, mais sans pouvoir en donner la démonstration directe.
Jl est d'ailleurs utile d'entrer dans le détail des expériences, quelque complexes qu'elles soient : on pourra en tirer certaines déductions importantes. Nous présentons ces faits sous la forme d'un tableau (voir p. 240) qui permettra la comparaison^
Ces expériences, si imparfaites qu'elles soient, — et personne assurément n'en connaît mieux que moi les défectuosités, — indiquent cependant quelques faits caractéristiques que nous essaierons de dégager. Pour cela nous ne nous servirons pas de toutes les expériences (et j'ai donné dans le tableau précédent presque sans exceptions toutes celles que j'ai faites), mais seulement de celles qui ont un certain intérêt général par la netteté des déductions qu'elles entraînent.
Je signalerai d'abord, au point de vue de la chute du poids sous l'influence d'une lésion nerveuse centrale, les lapins M et 0. Le lapin M, en vingt-quatre beures, a perdu 460 grammes, soit un sixième de son poids. Nous avons vu plus haut qu'un lapin soumis à l'inanition a mis deux jours à perdre la même proportion de son poids.
Il en est de même du lapin 0, qui a présenté la température élevée de 41°, 7, et qui a perdu en trois jours un quart de son poids. Et cependant, le lapin soumis à l'inanition a subi en trois jours une moins grande diminution proportionnelle de poids.
Notons aussi, indépendamment des chiffres calorimétriques proprement dits, combien est nette l'augmentation de température après lésion du cerveau. Dans l'expérience W, à 3 heures, la température est à 39°, 7. Une heure après,
1. La lecture eu paraîtra difficile. Elle ne sera guère utile qu'aux physiologistes qui voudraient pénétrer plus avant dans l'étude de cette influence du système nerveux sur la nutrition. Par suite de nombreuses données qui devaient y être introduites, je n'ai pas pu le rendre plus clair.
sous rinfluence de la piqûre cérébrale, elle monte de plus de 2 degrés, à 41°, 8; et elle- reste ainsi, pendant près d'un mois, comme si la suractivité chimique des tissus s'était, par le fait du traumatisme, établie d'une manière définitive.
On peut dire que, toutes les fois qu'on fait un traumatisme superficiel au cerveau, il y a une hyperthermie consécutive.
L'expérience réussit plus ou moins bien, l'hyperthermie est tantôt rapide et durable, tantôt lente à venir et passagère, tantôt faible, tantôt forte; mais elle existe toujours quand la lésion n'atteint pas les corps opto-striés et quand elle ne provoque aucun trouble de la respiration ou de la circulation.
Le contraste est remarquable entre les lésions superficielles qui excitent et les lésions profondes qui détruisent. Les lésions superficielles excitent la production de chaleur et font monter la température à 42°, 2. Les lésions profondes, au contraire, diminuent la production de chaleur qni tombe à 37°, 36°, 35°, et moins encore (exp. H).
On peut faire l'expérience suivante, qui est en quelque sorte une expérience de cours. D'abord cautérisation superficielle, qui, en une heure, fait monter la température de 40° à 42°; puis cautérisation profonde, allant jusqu'aux corps optostriés, ce qui, en deux heures, abaissera la température à 36°. A cet égard, le fait suivant est caractéristique.
Un lapin (lapin Q), cautérisé superficiellement la veille, a 42°, 2, le lendemain à 3 heures; le même jour, un autre lapin (lapin R) est cautérisé profondément à 8 heures du matin, et, après une rapide période ascensionnelle, la température est descendue à 37", 1 à 3 heures.
Je le répète, c'est une expérience qui réussit toujours, et qu'on pourrait, avec avantage, présenter comme le meilleur exemple de l'influence du système nerveux sur les actions chimiques.
CALORIMÉTRIË. 230
Dès qu'on lèse ie cerveau, on change les fonctions chimiques de l'organisme, de sorte que tous mes lapins opérés présentent, tantôt en plus, tantôt en moins, une production différente de chaleur.
CALORTKS.
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