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CALORIMÉTRIE
254 CHARLES RIGHET.
Prenons l'exemple du lapin J; toujours sa production de chaleur est restée inférieure à celle des lapins normaux pris comme comparaison, soit égale à 100. Une heure ou. deux environ après chaque piqûre nouvelle, la chaleur
piqûre, immédiatement après, 81; 2 heures après, 94. 2« piqûre, immédiatement après, 70; 2 heures après, 52. 3'' piqûre, immédiatement après, 66; 2 heures après, 92. 4^ piqûre, 80.
S^' piqûre, immédiatement après, 72; 2 heures après, 75. ■ Et les jours suivants : 88, 90, 98, 83.
avait augmenté. Le lapin H peut mieux encore servir de type :
piqûre, une demi-heure après, 100; 2 heures et demie après, 112. 2« piqûre, une heure après, 108; 3 heures après, 130; le lendemain, 75 ; 2 jours après, 19.
Il m'a paru que, pendant la température extérieure très élevée, les effets d'une production de chaleur plus forte sont moins marqués que quand la température est basse. De sorte que l'expérience réussit d'autant mieux que la température extérieure est moins élevée. '
Toutes les fois que la température de l'animal dépasse 41°, sa production de chaleur est plus forte qu'à l'état normal. Ainsi la production de chaleur suit une voie pour ainsi dire parallèle à la température organique. Quand celle-ci est élevée, la production de chaleur est augmentée; quand elle est basse, la production de chaleur est diminuée. On ne peut donc pas attribuer à des effets vaso-moteurs l'abaissement ou Télévation de la température ; car, s'il en était ainsi, on devrait observer le contraire; c'est-à-dire, quand la température de \ l'animal dépasse 41°, le rayonnement serait diminué. Puisqu'on observe une augmentation dans le rayonnement, c'est qu'il y a non une rétention de chaleur, mais une production plus grande.
Ces faits peuvent évidemment être appliqués à la théorie
CALORIMÉTRIE
de la fièvre. De tout temps, on s'est demandé si Fhyperthermie de la fièvre était due à une rétention de chaleur ou à une production exagérée. Les expériences que j'ai données plus haut semblent prouver que, dans la fièvre tra,umatique nerveuse, c'est la production plus grande de chaleur qui détermine l'hyperthermie.
Bien d'autres expériences pourraient encore être faites au sujet des températures anormales, fébriles ou algides, sur les animaux. On arriverait à des résultats plus nets, je pense, que ceux indiqués plus haut. Mais j'ai voulu ici seulement faire connaître une méthode qui permet d'apprécier facilement et rapidement le rayonnement animal.
J'ai démontré, je pense, ce fait important en physiologie et en pathologie générale : que le système nerveux, indépendamment des effets vaso-moteurs, augmente ou diminue les combustions interstitielles. Son excitation les augmente; son affaiblissement les diminue ^
1. M. Senator, rendant compte de mes observations calorimétriques, m'a fait une critique que je ne comprends pas très bien. J'aurais, d'après lui, mesuré non la production de chaleur, mais la perte de chaleur. Certes; mais qu'importe, si la température de l'animal est stationnaire ou à peu près! Je suppose qu'on veuille connaître la quantité d'eau que reçoit un lac, et qu'on ne puisse apprécier que son débit ; si le niveau du lac reste le même — ce qui est le cas, puisque la température de l'animal ne varie que très peu — on pourra rigoureusement évaluer la quantité d'eau qui y afflue, en mesurant seulement la quantité d'eau qui en sort. C'est ce qui arrive quand, pour apprécier la production de chaleur, nous mesurons le dégagement de chaleur.
M. Ott avait en avril 1881 publié dans l'AmoHcan Journal of nervous diseuses le récit d'expériences analogues, mais non identiques, presque simultanément avec mes premiers travaux (voyez sa réclamation de priorité dans le Centralhlatt fur med. Wiss., octobre 1885, p, 755).
A la suite de ma publication, mon collègue et ami Fredericq a rapporté aussi quelques expériences intéressantes ; mais au fond ce n'est plus la même question, car il s'agit de traumatismes du mésocéphale et non de l'encéphale.
Par M. Charles Richet
Si l'on place sur une balance sensible un animal vivant, on voit qu'il perd constamment une certaine partie de son poids. Cette perle est très notable, et, si la balance est sensible, on peut l'apprécier même sur des animaux d'assez petite taille. J'ai pensé qu'on pouvait inscrire cette perte de poids, et j'ai obtenu ainsi quelques résultats que j'exposerai brièvement.
Détails techniques.
Je dirai d'abord quelques mots de la balance. C'est une balance enregistrante dont le principe est très simple*. Soit une balance pesant 10 kilogrammes, et dont le fléau porte un longstyle articulé. A l'extrémité de ce style, flexible et léger à la fois, se trouve une plume inscriptrice chargée d'encre. Le