‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 27 sur 68 · IX. — iMcHftlM 4e la vitesse 4ee flvMes à Ftelériew · texte numérisé non relu

IX. — iMcHftlM 4e la vitesse 4ee flvMes à Ftelériew

des eeMdiilts.

l'« méthode. — On force le liquide à traverser des espaces de capacités coii« nues : Volkmann, Ludwig ; compteurs à cylindres-; inscription des quantités de liquide qui ont traversé un tube.

2« méthode. — Compteur à hélice. — Procédé basé sur l'emploi du pendule hydrostatique; Vierordt. — Mesure de la vitesse du sang d'après la dévi»tion d'une tige flexible; Chauveau.

3« méthode^ basée sur l'emploi des tubes de Pitot. — Description de Tapparell. Courbes des vitesses du sang.

Vitesse d'écoulement des gaz; anapnographe, emploi des tubes de Pitot; vitesse du vent. — Réciproque des problèmes précédents : loch ; vitesse du mouvement d'un corps dans Tair.

Mouvement des liquides à tinléneur des conduits.

Déterminer la vitesse avec laquelle un liquide chemine à l'intérieur d'un conduit fermé est assurément un des problèmes les plus ardus que les hydrauliciens aient eu à résoudre; c'est aussi un de ceux dont la solution intéresse le plus les physiologistes.

Pendant longtemps il régna sur la mesure de cette vitesse des idées fort erronées. C'est ainsi que Haies qui, le premier, adapta un manomètre aux artères des animaux, crut pouvoir estimer la vitesse du sang à l'intérieur de ces vaisseaux, du moment qu'il connut la pression à laquelle ce liquide est soumis. La vitesse, croyait-il, ne dépendait que du diamètre de l'artère explorée et de la pression à laquelle le sang y est soumis. Cette formule, qui permet, en effet, de calculer la vitesse de l'écoulement qui se fera par un orifice percé en witwce parot, n'est point applicable à la détermination des vitesses d'écoulement dans les conduits. Il peut arriver que, dans un conduit très-large, le liquide soit soumis à une pression énorme et

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que pourtant ce liquide soit immobile ou doué d'une faible vitesse, parce que^^.dans le sens où le liquide tend àcoulerj il se trouve des passages étroits et résistants, situés parfois très-loin en aval du point que Ton observe.

La vitesse du liquide, dans un conduit long et accidenté, est presque impossible à calculer d'avance, à cause de la complexité des causes de résistance ; mais on peut la déterminer expérimentalement. Les méthodes employées à C9t effet peuvent se classer en trois genres principaux, suivant le principe sur lequel elles reposent.

- Dans le premier genre de mensuration^ on force le liquide à traverser des espaces fermés d'une capacité connue, et quand un ou plusieurs de ces espaces ont été traversés en un temps déterminé, on connaît la vitesse du courant.

Dans le second genre de mesure, on utilise la vitesse du liquide à produire certains effets mécaniques que Ton constate du dehors. Ainsi, on force le liquide à faire tourner une hélice, à dévier un pendule ou une aiguille qui plongent dans le courant.

Le troisième genre , de mesure consiste à remonter aux causes mêmes de la vitesse et â les mesurer pour en déduire la vitesse elle-même. C'est ainsi qu'en explorant la pression du liquide en deux, points d'un tube éloignés F un de l'autre, on peut déduire la vitesse d'après la différence des pressions observées,

. Nous examinerons successivement ces trois genres de mensurations, C'est à deux éminents physiologistes de l'Allemagne qu'il faut, je crois, faire remonter les premiers essais pour mesurer la vitesse d'un liquide en lui faisant traverser des espaces de capacités connues. Ces expériences avaient pour objet dé déterminer la vitesse du sang dans les artères des animaux.

Le procédé de Volkmann est bien connu : il consiste à placer sur le trcget d'une. artère un long tube en U rempli d'eau, A un moment donné, on force le sang artériel à traverser ce tube en poussant devant lui l'eau qui doit s'écouler par le bout inférieur^ du vaisseau . On mesure le temps que le sang met à s,e substituer à l'eau, ce dont on juge aisément, à travers les parois de verre, en voyant une colonne rouge che-

lui UARBV.

miner à rintérieur du tube transparent. Quand le tube de verre est rempli, comme on en connaît la, capacité et qu'oiï a mespré le temps employé à le remplir, on a tous les éléments nécessaires pour déterminer la vitesse du mouvement dont le sang a cheminé. Mais, pour être autorisé àadmeltre que la vitesse observée est bien la vitesse normale du sang dans les artères, il faudrait démontrer que l'inertie de la colonne d'eau contenue dans le tube en U n'apporte qu'une résistance négligeable au mouvement du sang qui la pousse; il faudrait prouver aussi quo l'eau -qui passe du tube dans les artères et dans les capillaires y rencontre la même résistance que le sang y eût éprouvée.

Tous ces doutes qui planent sur la valeur de l'expérience de Volkmann l'ont fait à peu prés abandonner des physiologistes ; cette méthode n'en reste pas moins un grand titre de gloire pour son auteur, car elle renferme un principe qui est susceptible d'applications très-précises.

Ludwig établit, sur le même principe, une méthode qui semble présenter une précision plus grande : elle consiste à faire passer le sang à travers des ampoules de verre de capacités connues. Voici en quelques mots comment se fait l'expérience. Deux ampoules semblables sont disposées l'une à côté de l'autre dans l'appareil de Ludwig ; l'une esf pleine d'huile et l'autre pleine de sang. Ces ampoules communiquent entre elles par un conduit situé à leur partie supérieure ; en bas, chacune d'elles est en communication avec l'un des bouts de l'artère explorée. Au début de l'expérience, l'ampoule pleine d'huile est en rapport avec le bout supérieur du vaisseau. Le sang arrive dans l'appa'reil, pousse l'huile de . la première ampoule dans la seconde qui, par son oritice inférieur, se vide, dans le bout inférieur de l'artère, du sang qu'elle contenait. Quand la substitution du sang à l'huile et de l'huile au sang est complète, l'appareil a été traversé par une quantité de sang égale à la contenance d'une des ampoules. Par un jeu de robinets, on change alors le sens- du mouvement du sang et on le fait arriver dans l'ampoule où l'huile vient de passer, de façon a

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tùlion est- encore une fois terminée complètement, bn constate qu'il a passé une quantité de sang égale à deux contenus d^àihpoule et on renverse de nouveau le courant pour passer à une autre expéritence, et ainsi de suite. Si Ton provoque ainsi une seriede passages alternatifs du sang à travers Tappareil, on peut aisément déduire, du nombre de ces passages, le volume absolu du sang qui à coulé dans l'artère en un temps donné. En outre , diaprés le nombre de mouvements alternatifs qui se sont produits en un même temps dans deux expériences différentes, on peut juger de la vitesse relative des deux couraiits sanguins mesures.

Dogiel a exécuté de nombreuses mesures de la vitesse du sang, dans' le laboratoire de Ludwig, au moyen de cet appareil. Pour simplifier Texpérience, et pour n*avoir pas à compter lé nombre de fois qu'il tournait le robinet qui sert à inverser le courant, Dogiel faisait écrire, sur un cylindre tournant, chacun de ces mouvements du robinet, et déduisait, de leur nombre, le volume absolu du sang qui avait traversé l'appareil, ou de leur fréquence relative, la vitesse du sang dans le vaisseau.

Cette méthode doit fournir des mesures bien plus exactes que celle de Volkraann, d'abord parce que c'est toujours du sang qui sort dé l'appareil pour pénétrer dans le bout inférieur du vaisseau (1), et que, par conséquent, ce sang doit circuler à travers lès capillaires avec les résistances normales, ce qui n'avait certainement pas lieu pour l'eau de l'appareil de Volkmann. En outre, la précision des mesures de Ludwig s*accroit en raison même du nombre des mensurations successives qui sont faites. L'inversion possible du sens du courant permet de répéter indéfiniment ces mesures du débit sanguin, et d'atténuer beaucoup l'erreur qui pourrait se glisser dans une mensuration isolée.

Restent deux objections à faire à l'instrument : c'est que le jeu du robinet produit, à certains intervalles, destemps d'arrêt dans le mouvement du liquide et que, sous cette influence, la vitesse jnovenne du courant doit diminuer. En outre.

.. .(l),L*huile,.pap sa légèreté spécifique, suriiage toujours au-dessus du sang et lie peut s'échapper par l'ouverture inférieure qui s'ouvre dans Tarière.

Tappareilde Ludwig ne peut donner que la mesuœ de la; moyenne vitesse du mouvement du sang ; or, un des points les plus intéressants peut-être de la drculatton artérielle, c'est la détermination des phases singulières de la vitesse du sang aux difTérents instants de chaque révolution du, cœur, ■ ^ ^' ' ' ' '

Dans ces dernières années, Tindustine a produit un compteur du liquide qui circule dans les conduits, basé sur un principe analogue. L'eau passe alternativement dans deux corps de pompe dont chacun est mis, tour à tour et d'une manière au-, tomatique, en rapport avec le bout supérieur puis avec le boutinférieur du tube dont on mesure le courant intérieur. Le nombre de ces coups de piston produits en un temps donné révèle la quantité de liquide qui a traversé le tube, puisque^ chaque coup de piston correspond au passage d'un volume connu de liquide. Si l'on appliquait, à la fréquence de ces coups de piston, les procédés d'inscription précédemment indiqués pour traduire en courbe la fréquence des actes successifs, on> aurait réalisé, sans doute, un des meilleurs appareils inscripteurs du mouvement des liquides dans les conduits, ,

Toutefois, un inconvénient existe dans l'emploi pratique de ces appareils : par cela seul que le jeu des pistons est autom^r Uque, c'est.à la vitesse du liquide qu'est emprunté le travail nécessaire au mouvement des pompes alternatives. Si réduite cpie soit la quantité de travail ainsi dépensée, elle n'en cons-^, titue pas moins une cause d'altération du phénomène qu'il s'agit dé mesurer. -,

■ La seconde manière de mesurer la vitesse du liquide est, avons-nous dit,d'employer ceKe vitesse à produire un travail que l'on mesure. Qu'une hélice plonge à l'intérieur du fluide en mouvement et que son axe engrène avec la série des mobiles d'un compteur, on lira, au bout d'un temps donné, le nombre.de tours de l'hélice, d'où se déduira, avec une certaine approximation, la vitesse du courant. Si, au lieu d'un compteur à cadrans, l'hélice actionnait un appareil inscripteur des actes discontinus, elle donnerait une courbe assez précise des phases de la vitesse du courant.

Ce procédé a été également employé à déterminer la vitesse des courants d'air dans les cheminées ; l'anémomètre rotatif

LA MÉTHOOK anftPHIQUB. ilfôi

et Ftobinson est' encore un mstrUmeat de même ordre» ^om. œi» appareils gagnent beaucoup a être rfendus' iriscriptétirSj-^caT : leurs indications ayant surtout une valeur relative, il y à tout) avantage à dégager ielairement, au moyeji d-une courbe, les^ phases variables du phéncHuène étudié, ,

Presque toujours l'inertie de rhélîce immergée fait qu'elle n'obéit pas très-fidèlement aux variations du courant qui rentraîne : elle résiste au début des accroissements de vitesse du tluide et elle ne subit pas dtistantanéinent les effets dû ralen-: tissement du courant. En conséquence, elle, atténue Tinten-, site des variations du mouvement, et tend à n'indiquer qu'une * valeur moyenne de la vitesse du liquide ; c'est le défaut commun à tous les appareils que nous avons passés en revue jusqu'ici- '

On en peut dire autant/d'un appareil imaginé par le phy-. siologiste allemand Vierordt pour mesurer, la vitesse du sang dans les artères. Cet instrument est basé sur l'emploi du pendule hydrodynamique dont la dçviation, sous l'influence d'un courant de liquide, croît, dans un rapport connu, avec la vitessede celui-ci. \J Hémoiacliomèire 4e Vierordt est trop conou pour • qu'il soit nécessaire de le décrire ici ; la modification par laquelle son inventeur l'a transformé en un appareil, inscrivant n'a pas enlevé les défauts de cet appareil qui sont encore les effets de l'inertie et l'obéissance très-impar-» faite du pendule aux variations du courant sanguin.

Dans le. même but que Vierordt, Ghauveau construisit un autre instrument qu'il nomma Hémadromographe et qui , mieux que tous les autres appareils, atteint le but que l'auteur s'était proposé, à savoir l'inscription des plus légères variations de la vitesse du sang. '

' tin tube que le courant sanguin traverse porte une fenêtre latérale fermée par une membrane de caoutchouc. Dans cette fenêtre est implantée une aiguille dont une extrémité plonge dans le courant, tandis que l'autre reste au dehors. La partie de l'aiguille qui est iminergée subit, de par le courant, des déviations plus- ou moins fortes et plus ou moins Rapides; celle qui est au dehors du tube exécute, et écrit sûr une surface animée de mouvement, des déviations pareilles, mais de sens inverse. L'emploi de l'appareil de Ghauveau} a

révélé des pg^lieularités fort intéressantes dé la vitesse dtt^ sa^gc Rrtéi^iel ; il su montré que chaque oîidée sanguine laiieée ^ dans lesrartèfes y produisait des saceadës multiples diâ)srle&*: quelles on. lit les effets de la systole ventrieulaire, ceux delar^ clôture de valvules sigmoïdes de l'aorte^ ceux enfin des os-v dilations longitudinales de la colonne sanguine à T intérieur des vaisseaux élastiques qui la contiennent.

: Il n'y à pas lieu de revenir siir les résultats que fournitl-appareil de Chauveau ; ils ont été publiés avec de . grands détails ^par cet éminent physiologiste et .par plusieurs de sesélevés,

^ Le troisième genre de mesure des vitesses d'un liquide est basé sur la détermination de la pression dans deux tubes de Pitot» J'ai longuement développé, dans le volume de Tannée dernière, le principe sur lequel est basée la construction de cet explorateur de la vitesse d'un courant de liquide ; j'ai insisté sur l'avantage qui résuite de l'étude comparée de la' vitiesse et de la pression du sang dans une artère, et crois avoir prouvé que, san§ cette double notion, on ne peut avoir Une idée exacte des conditions dans lesquelles se fait un courant de liquide dans un tube, et tout particulièrement des conditions dans lesquelles le sang circule dans les artères. Je renverrai donc à ces études (1) le lecteur qui désirerait dé plus amples détails, et citerai, en terminant, quelques applications du même appareil à des mesures analogues.

Certains physiologistes ont cherché, à obtenir le tracé de la respiration, non pas d'après les mouvements que le thorax exécute, ainsi qu'on en a vu des exemples au chapitre/ VI, mais d'après la vitesse avec laquelle l'air est inspiré et expiré tour à tour. Sous le nom d A napnographe, MM. Bergeon et Kastus ont présenté un instrument comparable à Thémo-^ l^chomètre de Vierordt et basé sur le même principe.

Une planchette rectangulaire verticale est suspendue, par son bord supérieur, à l'intérieur d'une caisse que traverse, ea

. (l) Pression et Vitesse du sang. Travaux du laboratoire, !'« année, p. 338*

sens divers^ Pair inspiré ou expiré.- Lés'inouvetnehts' de èeKe planchette se transmettent au dîehors -par lé prolongèiiiéilt- éë Taxe autour duquel elle oscille ; ces mouvements peuvent s'^ê-* cri re par les procédés ordinaires. Gr/- on peut is'as&urel* que la planchette de Tanapnographe n'obéit pas fidèlement àuîiî mouvements alternatifs de Tair respiré. D'autre part, je me suis convaincu de la fidélité parfaite avec laquelle s'écrivent les phases de la vitesse de l'air respiré, lorsqu'on place audevant de la bouche un appareil semblable à celui que j'ai proposé pour inscrire la vitesse du sang. Ainsi, bien que les mouvements respiratoires me paraissent susceptibles d'une étude plus précise par l'inscription des mouvements thoraciques que par celle du courant d'air lui-même, je pense que ce dernier mode d'inscription pourrait, en certains cas, avoir de l'intérêt.

Enfin, il faut considérer que les mouvements des fluides, par rapport aux- instruments qui plongent dans leur intérieur, produisent sur le manomètre différentiel précisément les mêmes effets que si le liquide était immobile, tandis que l'appareil, étant immergé, se transporterait avec pareille vitesse. Aussi ai-je essayé d'utiliser les inscripteurs de vitesse pour mesurer la translation d'un navire et pour construire un nouveau loch à indications continues.

La description de cet instrument a été donnée récemment (1); il s'agissait alors d'un loch à cadran dont l'aiguille marque sans cesse le degré de vitesse d'un navire. Il y aurait intérêt, sans doute, à faire de ce loch à indications continues un appareil inscripteur traçant, sur une bande sans fin, toutes les phases de la vitesse du navire.

La translation de tubes manométriques dans l'air îtnmobile fournit, d'une manière analogue, des^courbes de pression d'où peut se déduire la vitesse du mouvement de translation des appareils, lorsque, par des expériences préalables, on a mesuré la pression manométrique de i'air pour chaque vitesse de translation de ces mêmes instruments (2). Enfin, l'inscription

(1) Journal de physique, t. V, p. 184.

(2) Voir pour ces expériences, TravMUxda laboratoire, \^ année^ p. 215,

^e lë^ vHe^se du vpnt d'après les courbes manométriques qu'il 4pnpe est peut être la meilleure solution que puissent adoptei: Içs mptéorologistes ; en effet, nul autre appareil ne traduit ^'nw manière plu? rapide les variations capricieuses de^ piouvements de Tair,

LA MÉTHODE dltAPHIQUE. f^è

bifficalté de la mesuré dès volumes pai' les procédés géotnétt'iqaès* <^ Paci-' Uté de cette meàu^e paç les méthodes expérimentales dt dé|[)lacement. — Déplacement d'un volume- d'eau que l'on mesure; déplacement d'un volume de gaz qiii produit un changement de pression dans uii espace clos, de capacité connue. — Inscription du volume d eau déplacé^ appareils et expé*rtencès de Mosso. — Inscription des compressions que subit un certain volume de gaz; appareil de Buisson; expériences de François-Franck. — Comparaison des deux méthodes. — L'inscription des chàngéfnents dé volume conduit à collé des changements do poidà, de iempérature; etc.

Autant les procédés de la géométrie sont d*un emploi difficile pour mesurer le volume d'un solide de forme compliquée, autant leâ pt*océdés expérimentaux présentent de simplicité, de rapidité et de certitude. Plonger un corps dans Teàu et mesurer le volume du liquide déplacé, telle est rèssencô de cette méthode dont Tinvention appartient à Archimède. La physique modérrie s'est enrichie de procédés qui permettent de mesurer avec une assez grande rigueur le volume d'un corps qu'on ne peut pas plonger dans l'eau. Les procédés de Say et de Regnault ont t'endu de gi*ands services; ils sont basés sur le principe suivant:

Étant connue la capacité d'une enceinte pleine d'air, on fait varier cette capacité d'une quantité également connue et ort note l'élévation de pression qui s'ensuit.

On introduit alors le corps à mesurer dans la même erl^ ceinte et on en fait varier comme tout à l'heure la capacité. Il se produit, dans cette deuxième expérience, un changement dépression plus grand que dans la première, parce qu'oU a agi sur un volume d'air diminué de tout ce qui correspond au vô-^; lume du corps introduit dar s le réservoir. C'est de cette diffé^ rence de pression que se déduit le volume du Corps a inesurei*i

Ainsi, il y a deux moyens de connaître lé volume d*urt corps : c'eist de mesurer lé volume d'eau qu'il déplace ou lé

degré de compression qu'il produit dans un gaz au sein duquel il est introduit. Modifiés suivant les besoins particuliers, ces deux moyens se prêtent aux expériences les plus variées et se plient fort bien aux exigences de la méthode graphique ainsi qu'on va le voir.

1** Memu jMiTrcWvefjenkMili T-^Ge-ji-ôst pa* seuleraent le volume d'un corps, mais les changements de ce volume qu'on doit: mesurer; supposons, donc que le corps en question soit imriiergé dans un vaâe plein d'eau, on oi^anise le déversement de telle sorte que le liquide arrive, par un tube, au fond à'une éprquvette graduée/Dans ces conditions on voit; à ehàque 'instant, d'après l'élévation du niveau dans Téprouvelte, de combien le corps augmente en voluriie.; si au contraire le volume du corps immergé diminue, cela se traduit par un abaissement du niveau dans l'éprouvette dont le liquide est alors aspiré.

Or, on a déjà vu les moyens d'inscrire les changements du niveau d'un liquide dans un vase au moyen d'un flotteur qui, selpn qu'il s'élève ou s'abaisse, actioime, dans un sens ou dans l'autre, le style écrivant. Si les changements de volume sont faibles et déplacent peu de liquide, il est préférable de recourir à l'éprouvette flottante décrite précédemment. Les oscillations qu'elle exécute traduisent les changements de volumedu corps immergé.

C'est là le procédé dont Mosso s'est servi pour mesurer les variations que subit un organe sous l'influence des changements qui se produisent dans la circulation du sang à son intérieur. On a vu, dans le mémoire n° 4, quelle était la disposition employée par Mosso ; comment cet habile expérimentateur, a rendu sensibles et mesurables les moindres variations du cahbre des petits vaisseaux sous les influences vaso-motrices.

L'avantage de l'appareil de Mosso dans les évaluations physiologiques est qu'il fournit, du premier coup, la valeur absolue du changement* de volume qui s'est produit dans l'organe immergée. Les divisions de l'ordonnée dès courbes insr crites sont toujours proportionnelles â la quantité de liquide versé 4ans l'éprouvette. La, valeur de ces divisions peut être

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LA MÉTHODS GIIAPHIQUE. 191

déterminée, , une fois pour toutes, par une graduation de Fap-^

-parei}, . i

• 2** Mesure d'aprê$ lesahangemenla de pression. — SUr l'autre principe, celui qui mesure la forco élastique d'un gaz çotn-^ primé, est basée la construction d'un autre insccipteur phy-* siologique des changements de volume. Cet appareil eat décrit dans le mémoire n** 1 sous le nom d'appareil de Buisson : M, J^rançois-Franck a exposé, dans oe travail, la série de phases qu'a traversées cette méthode de mensuralioh des changements de volume des organes, depuis les rechercheade Piégu qui semble en être l'inventeur, jusqu'aux derniers perfectionnements qui consistent dans l'inscription des changements de volume au moyen du tambour à levier.

Des expériences de M. François-Franck, le lecteur a dû retirer cette conviction, que nulle méthode n'est* capable de traduire, avec une précision pareille, Ies;rapîdes changements qui peuvent survenir dans le volume d'un organe. L'appareil de Mosso trace, en quelque sorte, la courbe du volume moyen, sans pouvoir, à cause de son inertie, exprimer les variations incessantes qui se font autour de ce moyen volume. Tout en ayant plus de mobilité, ce qui lui permet d'exprimer les phases, parfois si rapides, du changement de volume d'un organe, le tambour à levier n'en est pas moins capable d'exprimer, par la hauteur des courbes qu'il trace,. la valeur absolue de ces changements. Il faut graduer expérimentalement l'échelle des courbes inscrites par l'appareil, ce qui se fait en introduisant dans le flacon où est contenu l'organe en expérience, des quantités d'eau connues et graduellement croissantes. On mesure alors quel changement survient dans la hauteur de la courbe tracée pour chaque introduction d'un, de deux, dç trois centimètres cubes de liquide et l'on construit ainsi une échelle qui exprime les valeurs réelles des variations de Torgaïie immergé. ' . '

La seule précaution à prendre, c'est de renouveler cette graduation à propos de chaque expérience, car la quantité dont le levier de l'instrument s'élève, pour chaque variation d'une unité de volume, dépend de la quantité d'air contenue dans l'appareil, et de la sensibilité de la membrane élastique

19fi

BAAIT*

du.tamboui' employé. Du reste, ces mesures des valeurs abso^ lues d'un changement de volume n'ont, en physiologie, qu'une utilité très-limitée ; on n'a presque jamais intérêt à les déterminer. Il me semble donc que l'appareil à levier inscripteur est préférable, dans tous les cas, pour les irecherches phy* siologiques.

Il n'en est pas de même pour les déterminations des phyi^iciens qui, presque toujours, ont besoin d'obtenir des valeurs numériques précises et se trouveront mieux alors de remploi de la première méthode.

Nous n'avons cité, dans ce chapitre, que les expériences qu'on peut faire en physiologie sur le volume des organes ; mais il est un grand nomdre de recherches que cette méthode d'inscription rapide rendra possible aux physiciens, aux chimistes, etc.

Considérons, par exemple, le cas de ces réactions chimiques ou la Combinaison de deux corps s'accompagne d'une augmentation de volume du produit, ou, au contraire, d'une Condensation. Ces actions, jusqu'ici, ne sont connues que dans leur résultat final : le volume du composé diffère de la somme des deux volumes qui sont entrés dans la combinaison. Or, dans ce conflit des atomes , n'y a-t-il pas des lois du mouvement aussi précises que celles de la chute du corps? Ces actions ne varient-elles pas dans des rapports définis, suivant la température, l'état électrique ou la pression ambiante? Il y a certainement là un champ aussi étendu qu'intéressant à explorer.

Enfin, dans Tinscription des changements de volume, nous avons le moyen indirect d'étudier avec précision et de représenter par' des courbes fidèles d'autres changements d'état non .moins intéressants, tels que les changements de poids, de , température , d'état électrique, de pression, les phénomènes d'osmose, etc. On verra plus loin de nombreuses applications de ces méthodes.

lA MKIHOUE GRAPHIQUE.

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