XVI. François-Franck. — Sur un manomètre a mercure
modifié 448 à 452
Travaux du Laboratoire de M. le Professeur MAR
Par le D^ FRANÇOIS-FRANCK.
INTRODUCTION
Avant d'aborder le sujet môme de ce travail, je rappellerai en quelques mots les opinions relatives à l'influence des variations de la circulation sur les changements de diamètre de la pupille.
Les mouvements de resserrement de la pupille sont en général considérés comme directement produits par rinlluence des filets du moteur oculaire commun sur le sphincter de riris : Herbert Mayo a démontré le fait dès 1823. Depuis cette époque l'action du moteur oculaire commun sur le sphincter irien a été admise comme classique, et tous les traités de pathologie rangent la dilatation pupillaire au nombre des symptômes de la paralysie de la 3* paire ; tout récemment M. Picard a apporté de nouvelles preuves en faveur de l'influence du nerf moteur. oculaire commun sur le resserrement de la pupille.
Il semble par conséquent démontré que le resserrement de l'iris est sous l'influence directe de nerfs moteurs, agissant sur' des éléments musculaires et en dehors de toute modification circulatoire.
LAB. MABBY. IV.
2 PBANÇOIS-PkANCK.
En est-il de même pour les mouvements de dilatation de la pupille? Jusqu'à la découverte de l'action du sympathique cervical sur les vaisseaux de la tête, on a admis sans hésitation que le resserrement de l'iris observé à la suite de la sec- ^- * ; tiôn^du sympathique au cou était dû à la suspension d'action
#l> l » •* '^ filets nerveux dilatateurs; on a attribué à l'action directe > de ces- mêmes filets nerveux sur les fibres musculaires ra-
diées de l'iris, la dilatation pupillaire produite par l'excitation du segjpent périphérique du cordon cervical. Mais depuis ^W4fiftflï® CLp Bernard a montré l'inlluence vaso-motrice du sym- -* -jMrttrîque, un certain nombre d'auteurs ont pensé que la dilatation pupillaire produite par l'excitation de ce nerf, résulte de la diminution du calibre des vaisseaux et de l'afflux moins abondant du sang dans l'iris ; ils ont admis aussi que le resserrement pupillaire observé à la suite de la section du sympathique est dû à la distension des vaisseaux iriens par Tafilux d'une plus grande quantité de sang.
L'indépendance des mouvements de la pupille par rapport aux variations du contenu sanguin de l'iris a été ainsi mise en doute dans la théorie vasculaire qu'on a voulu substituer à la théorie musculaire (1).
Telle est sommairement la question qui se pose aujourd'hui. Beaucoup d'auteurs ont soutenu Tune ou l'autre théorie ; on a apporté,en faveur de chacune,des arguments d'une valeur incontestable ; de telle sorte qu'il semble aujourd'hui impossible de ne pas admettre que l'iris présente en effet des mouvements de dilatation et de resserrement subordonnés aux variations de son contenu sanguin, de même qu'il est nécessaire de reconnaître qu'indépendamment de toute modification circulatoire, l'iris peut se dilater et se resserrer, sous l'influence de nerfs directement dilatateurs et directement constricteurs.
Tout en reconnaissant que Tiris, en sa qualité de membrane vasculaire, peut et doit subir des alternatives de turgescence et de déplétion se traduisant, en raison de sa disposition particulière, par des changements de diamètre de
(1) Voyez, pour l'exposé et la discussion des opinions sur la cause des mouvements de l'iris deux thèses importantes : celle de Chrétien {Agrégation 1876) et celle de Drouin {Doctorat, Paris, 1876).
EEGHBRCBKS SUE LES NERPS DILATATEURS DE LA PUPILLE. 3
rorifîce central, je me propose d'apporter dans ce travail quelques arguments nouveaux en faveur de Tindépendance relative des mouvements de l'iris par rapport aux variations de son contenu sanguin.
Cet exposé fera l'objet d'un premier chapitre qui servira, pour ainsi dire, d'introduction aux autres parties de ce mémoire. La démonstration préalable de l'indépendance des mouvements de l'iris, justifiera, en effet, les détails dans lesquels j'aurai à entrer ensuite sur le trajet des nerfs iridodilatateurs, et sur leur association avec d'autres nerfs dans les mêmes cordons, ainsi que sur leur mode d'action.