‹ Physiologie intellectuelleChapitre 284 sur 298 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

» 1er et dresser un ouvrage, sans en avoir bien cal- » culé auparavant tous les détails? »

» La tête d'une vieille voleuse, en détention pour la seconde fois , présenta à l'examen les organes du vol, de la théosophie et de la philogénésie , ce dernier très développé. Lorsqu'on lui demanda quel était le sujet de sa détention, elle dit qu'elle avait volé, mais que tous les jours elle se mettait à genoux pour remercier le Créateur de lui avoir fait la grâce d'entrer dans cette maison ; qu'en ceci on voyait clairement combien les voies de la Providence sont miraculeuses : car elle n'avait rien tant à cœur que ses enfants, qu'il lui avait été impossible d'élever convenablement; que depuis son emprisonnement ils étaient entrés à la maison des Orphelins, où ils recevraient une bonne éducation, ce qu'elle n'avait pas eu les moyens de leur donner.

» La légèreté se trouvait fréquemment réunie à l'organe du vol. Ce fut principalement le cas chez la femme Mùller, née Sulzberg, dont le crâne présentait aussi d'une manière très -marquée l'organe de l'ambition, qui, selon Gall, dégénère en vanité chez les individus dont les facultés sont bornées. Elle ne voulut point convenir, sur les questions qu'on lui fit, qu'elle aimât à se parer, pensant que cela ne convenait pas à sa position actuelle; mais sa compagne attesta hautement qu'elle avait beaucoup de vanité, et qu'elle n'était occupée que de ses ajustements.

» Chez le prisonnier Albert, l'organe de la hau-

teur, source de l'orgueil, se trouva réuni à celui du vol : « N'est-ce pas, lui dit Gall , tu veux toujours » être le premier et te distinguer, comme -tu faisais » déjà lorsque tu n'étais encore qu'un petit garçon ! » Je suis sûr qu'alors tu te mettais à la tête de tous » les jeux ! » Albert en convint, et, ce qu'il y a de vrai , c'est qu'il se dislingue encore par l'empire qu'il affecte sur les autres prisonniers et par son insubordination , au point qu'étant militaire il ne pouvait être contenu par des châtiments sévères, et qu'aujourd'hui encore il n'évite ordinairement une punition que pour tomber dans une autre.

» Ici, comme à Berlin, Gall distinguait au premier coup d'œil les prisonniers qui n'étaient pas voleurs. On lui présenta entre autres Régine Dœring , infanticide, enfermée pour le reste de ses jours. Cette femme, différente des autres infanticides, ne témoigne aucun repentir de son crime, sur lequel elle paraît être sans remords ; aussi entra-t-elle dans la chambre d'un air tranquille et serein. Gall appela aussitôt l'attention du docteur Spurzheim sur cette personne, en lui demandant si elle n'avait pas exactement la même forme de tête et la même disposition au meurtre que sa jardinière de Vienne, la brave Mariandel, dont le plaisir était de tuer les animaux, et dont le crâne lui sert aujourd'hui de modèle dans ses leçons pour l'organe du meurtre. Ce dernier organe se trouve également très- fortement exprimé chez Régine Dœring , et la partie postérieure de la tête où se prononce ordinairement celui de la phi-

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