SUCCESSION DES MOUVEMENTS DU COEUR
Manuel opératoire.
On fait sur le cheval une petite incision verticale, au niveau du cœur de l'animal, à une distance d'environ un travers de doigt derrière le bord de Tomoplate. On fait pénétrer cette incision assez profondément pour qu'elle divise le muscle intercostal externe; puis, en introduisant le doigt dans la plaie, on dédouble les deux muscles intercostaux de manière à former une cavité de 3 ou 4 centimètres de profondeur occupant le quatrième espace intercostal, cavité dans laquelle on enfonce l'ampoule tntliale (1). L'ampoule ainsi appliquée se trouve en face du ventricule, et reçoit de lui une pression, de dedans en dehors, à chacune des pulsations cardiaques. Cette ampoule est encore soumise à d'autres causes de compression» suivant que le cœur augmente plus ou moins de volume pendant qu'il se remplit.
Lorsque l'expérience est ainsi instituée, que la sonde ardiaque droite est introduite dans le cœur, et que Tampoule qui recevra le choc est placée dans le quatrième espace intercostal, les trois leviers sont animés de mouvements différents, car chacun d'eux reçoit son impulsion d'une source particulière.
Le levier lo (fig. 5) communique par le tube lo avec l'ampoule 0 de la sonde cardiaque. 11 écrira donc les mouvements de Voreillellc droite.
(4) C est là le temps le plus difficile de rcxpciicncc ; c'est le seul qui soit assez douloureux pour que l'animal s'agilc. Un dangor qui est à redouter, c'est l'ouverture de la cavité thoracique; aussi, en général, est-ce par cette incision qu'il faut commencer roxpcricncei car, dès qu'on a réussi à introduire l'ampoule intercostale, tout )o reste ne présente plus de difticulléâ sérieuses.
66 PHTSIOLOGIB.
Le levier Iv , mis en rapport par le tube tv avec l'ampoule V, exprimera les mouvements du ventricule droit.
Le levier /c, recevant son mouvement par le tube te de l'ampoule c, donnera le tracé du choc du cœur (1).
Supposons Texpérience instituée comme il a été dit. Quand les trois leviers sont en mouvement et que leurs plumes ont été chargées d'encre, on fait partir le déclanchôment du mouvement d'horlogerie H, et le papier se meut d'une manière uniforme. On obtient alors le tracé cardiographique dont nous donnerons l'analyse dans le chapitre suivant.
(4) Chacun des tubes qui se rendent dans Tappareil AS est muni d'un robinet. Lorsqu'on veut faire cesser les mouvements d'un dos leviers, no ferme le robinet correspondant. Si Ton ne fait exécuter au robinet qu'un quart de tour, on obtient une communication de rinlérienr des tubes avec l'air extérieur. On peut ainsi, suivant le besoin, évacuer le trop-plein des tubes, ou permettre la rentrée do l'air extérieur, s'ils sont le siège d*une raréfaction excessive. Cette disposition est indispensable pour exécuter certaines expériences dont il sera question ultérieurement.